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Parc marin. La récolte d’algues inquiète

Dernière mise à jour le jeudi 11 avril 2013

Article paru
sur le site "Le Télégramme" - 11 Avril 2013
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ans un courrier en date du 8 février, Raymond Mellaza, maire de Lanildut, et Didier Le Gac, maire de Lampaul-Plouarzel, ont interpellé Pierre Maille, président du parc marin d’Iroise, sur la question de la récolte de l’algue hyperboréa. « Maires de communes littorales dont les développements respectifs ont toujours été étroitement liés à l’exploitation de la ressource maritime, quelle que soit sa forme ? poissons, crustacés, goémons, sable, etc. ? nous souhaitons aujourd’hui attirer votre attention sur les conséquences prévisibles d’une récolte trop importante de l’algue "laminaria hyperborea" », disent les deux élus.

Expérimentée depuis 15 ans

« Nous craignons, en effet, que cette pêche ne vienne mettre à mal l’équilibre déjà fragile des différents usages de la mer d’Iroise. Ainsi, contactés récemment par les agents du parc marin, dans le cadre d’une démarche de concertation que nous saluons par ailleurs, nous avons appris que la récolte allait considérablement augmenter dans les mois à venir (elle devrait passer de 10.000 à 30.000 tonnes, NDLR). « La récolte, qui se fait à l’aide d’un peigne tracté sur le fond, est toujours autorisée, à ce jour, à un seul stade expérimental, et normalement soumise à dérogation. Tant que l’impact de cette expérimentation n’aura pas été évalué, nous nous étonnons que les tonnages annuels de cette récolte puissent être augmentés de la sorte. Nous craignons que cette méthode du peigne cause des dommages irréversibles. « Nous pensons que ce dossier doit être emblématique de la démarche de concertation qui anime votre conseil de gestion où tous les usagers de la mer d’Iroise sont représentés. Des propositions pourraient être formulées à l’attention des professionnels de cette pêche : respect des périodes de reproduction, identification des bateaux dans les zones, et secteurs autorisés, débarquement surveillé, sanctuarisation de plusieurs secteurs... ».

Inquiets pour l’emploi

La récolte de l’algue hyperboréa est, en effet, effectuée au coeur de l’aire marine protégée. « Nous ne sommes pas contre la récolte de cette algue, poursuit Jean-François Rocher, maire de Molène, car les goémoniers doivent travailler. Mais nous nous inquiétons : dans 20 ans, les pêcheurs vont nous dire qu’il n’y a plus rien à pêcher. Il ne faut pas concentrer la récolte de cette algue uniquement sur la côte nord. La méthode du peigne norvégien n’est pas adaptée à nos fonds marins. Le croc retourne des blocs de plusieurs tonnes. Il n’y a plus d’habitat pour la faune. C’est une expérimentation qui dure, avec des engins plus gros qu’initialement. Les goémoniers ont amélioré le matériel mais il faut une autre méthode de récolte ».

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