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Pêche. « Éviter l’effondrement des cours »

Dernière mise à jour le jeudi 2 janvier 2014

Article paru
sur le site "Le Télégramme" - 31 Décembre 2013
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C’en est terminé du mécanisme de soutien au marché de la pêche par l’Europe. Pour compenser la fin des prix de retrait, Pêcheurs de Bretagne (*) a mis au point un nouveau dispositif. Le point avec Jacques Pichon, directeur de Pêcheurs de Bretagne.

Quel était le dispositif en vigueur jusqu’à présent ?
Depuis les années 70, il y avait un régime de fixation des prix d’intervention, en dessous desquels certaines espèces pêchées ne pouvaient être vendues. Dans ce cas, les organisations de producteurs les retiraient du marché, et les destinaient à des marchés non alimentaires. En contrepartie, elles recevaient une aide financière de l’Europe. C’était une dérogation aux règles de la concurrence car cela permettait aux producteurs de créer une entente.Ce régime de prix de retrait communautaire n’était pas fixé pour toutes les espèces, mais ça permettait d’appliquer le même dispositif sur d’autres espèces même si les organisations de producteurs ne recevaient pas d’aide en contrepartie. C’était un filet de sécurité contre l’effondrement des prix.

Qu’est-ce qui change le 1er janvier 2014 ?
Ce principe des prix de retrait n’apparaît plus dans l’Organisation commune des marchés (OCM, l’un des trois piliers de la nouvelle Politique commune de la pêche, NDLR). Cela prive les organisations de producteurs de soutien financier mais surtout, cela fait tomber la dérogation à la concurrence. Désormais, un pêcheur peut vendre sa production à n’importe quel prix. Les organisations de producteurs n’ont plus à les imposer.

Comment va intervenir Pêcheurs de Bretagne (*) ?
Nous avons réfléchi au moyen de continuer à assurer ce service aux pêcheurs : au lieu d’imposer des prix, nous allons acheter les espèces directement sous criée. Il n’y aura aucune obligation pour les pêcheurs.Notre intérêt, c’est que le marché fonctionne bien. Ce que nous voulons éviter, c’est la concurrence avec le mareyage traditionnel ; ce serait totalement contre-productif. Nous n’allons donc pas nous mettre sur les mêmes marchés.Nous allons continuer à chercher des débouchés non alimentaires, caritatifs (comme les Paniers de la mer par exemple, NDLR). Nous allons aussi commencer à explorer de nouveaux marchés, comme le grand export par exemple ; cela nous coûtera un peu d’argent au début, mais à terme cela pourra être investi par les mareyeurs traditionnels.

Quelles sont les conséquences financières pour Pêcheurs de Bretagne ?
Dans notre périmètre, notre niveau d’intervention s’élevait à 300.000 €-500.000 € par an, couvert entre un tiers et deux tiers par l’Europe. Notre organisation de producteurs a des réserves. De plus, l’OCM nous octroie des moyens dans d’autres domaines.

Quelles sont les principales espèces concernées ?
Les prix de retrait étaient fixés à l’année. Nous avons décidé de faire évoluer nos prix d’achat en cours d’année, en fonction des marchés. L’idée n’est pas de soutenir une espèce donnée 365 jours par an, mais d’éviter l’effondrement des cours à un moment donné. Il s’agit avant tout d’apporter une certaine stabilité et sécurité aux pêcheurs.Nous savons déjà que des espèces comme la cardine et le merlu vont connaître des difficultés. Parce que les marchés européens destinataires, comme l’Espagne et l’Italie, connaissent des difficultés économiques et parce que, pour le merlu en tout cas, les quotas de pêche ont été augmentés pour 2014.

Tout le monde sera prêt le 1er janvier ?
Certaines organisations professionnelles ont pris du retard. Nous, nous travaillons dessus depuis un an. Notre mandat, c’était de trouver un moyen qui soit conforme à la règle, et un service équivalent à ce qu’on faisait auparavant. Nous avons mené les discussions avec les administrations, les producteurs et les acheteurs, tout le monde est au courant.Aucune entente n’est possible entre organisation de producteurs. Nous allons donc découvrir au fur et à mesure les dispositifs mis en place par les autres organisations. L’attitude de l’une ou l’autre pourra modifier la nôtre...


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