Dernière mise à jour le vendredi 12 septembre 2008
La ressource de bar diminue-t-elle ? Quel est l’impact de la pêche côtière de loisir ? Au nom du comité local des pêches, Jean-Jacques Tanguy nous livre son point de vue.
Jean-Jacques Tanguy, président du comité local des pêches du Nord-Finistère, réagit à la série d’articles publiés cet été autour de la pêche au bar pratiquée par les amateurs du bord de mer. L’un des pratiquants interviewé imputait la diminution de la ressource et, surtout, de la taille des prises à la pêche professionnelle au large et le long de la côte.
« Pas de problème de ressource »
Le président du comité local rapporte que « les informations scientifiques récentes - de plus en plus fournies - nous disent que la ressource en bar (le stock) est en bonne santé ». Les chercheurs estiment néanmoins que le réchauffement climatique pourrait induire une migration vers le nord (îles Britanniques, mer du Nord) de ce poisson qui n’aime pas les eaux chaudes.
« Limiter les prises chez les amateurs »
Sur le terrain, les professionnels côtiers du Finistère constatent, comme les amateurs, une diminution de la taille des prises. « Selon les estimations en cours, l’effort de pêche développé en France (10.000 tonnes) est le fait, pour moitié, de la pêche de loisir », argumente Jean-Jacques Tanguy. Il rappelle que « la pêche professionnelle se concentre surtout au large (4.000 tonnes) alors que les pêcheurs de loisir interviennent exclusivement sur la bande côtière (5.000 tonnes), en entrant en compétition importante avec les ligneurs côtiers (1.000 tonnes) » (données Ifremer). Du coup, le président des pêcheurs professionnels inverse le rapport en estimant que l’effort de pêche global côtier est peut-être trop important. « Ces chiffres méritent que l’on réfléchisse à la situation pour une pérennité de la ressource ». Il continue : « Il appartient donc aux associations de pêcheurs de loisir de travailler dans cet esprit, en permettant une limitation des prélèvements (poisson relâché, limitation des prises par sortie) ».
« Raisonnable d’inciter à la pêche de loisir ? »
Les pêcheurs professionnels enfoncent le clou en écrivant qu’« ils ont montré le chemin, depuis de nombreuses années, en limitant les apports des chalutiers pélagiques par semaine et en mettant en place un repos biologique hivernal pour les ligneurs palangriers ». « En dehors des clichés, est-il raisonnable d’inciter à la pêche de loisir au bar ? », se demande le représentant des pêcheurs. « On peut penser que la tendance répond à un besoin sociétal. Il est donc impératif, pour la ressource et pour ceux qui en vivent (y compris les fournisseurs de matériels), que cette pêche soit durable. Il est impératif et urgent de stabiliser les apports et, donc, d’encadrer aussi la pêche de loisir ».
Point de vue recueilli par Stéphane Jézéquel