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Pêche électrique : « La Commission européenne a menti », dénonce Yannick Jadot

Dernière mise à jour le jeudi 18 janvier 2018

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- 00 Janvier 2018
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Yannick Jadot se félicite du vote du Parlement européen qui vise à interdire la pêche électrique. L’eurodéputé écologiste pointe néanmoins la « faillite de la commission européenne » qu’il accuse « d’être tomée du côté obscur des lobbies ». Les eurodéputés vont maintenant devoir trouver un accord sur le texte de loi définitif avec le Conseil européen, sous l’égide de la Commission.

402 voix pour, 232 contre et 40 abstentions. Les eurodéputés ont voté, aujourd’hui, en faveur de l’interdiction de la pêche électrique. Interdite depuis 1998 dans l’Union européenne, la pêche électrique avait été autorisée, à titre expérimental en 2007. 5 % des chalutiers à perche d’un pays pouvaient ainsi être équipés. En novembre dernier, la Commission s’était prononcé en faveur de l’élargissement de la technique, alors même que les Pays-Bas, plus gros pays pourvoyeur de chalutiers à perche, dépassaient déjà largement le quota avec 28 % de sa flotte équipée.

Entretien avec Yannick Jadot, eurodéputé Europe Écologie Les Verts.

On vous imagine satisfait de cette décision ?

Je suis très heureux de ce vote parce que ce n’était pas gagné. Le sujet n’existait pas, ou très peu, au niveau européen. Il a fallu la mobilisation des associations, des pêcheurs, des scientifiques, de la grande distribution, des chefs cuisiniers, et des parlementaires européens.

L’ampleur du vote en faveur de l’interdiction est même supérieure aux attentes ?

On a fonctionné dans le flou au début. Beaucoup de parlementaires ne connaissaient pas le sujet. Il a fallu expliquer comment les 5 % scientifiques n’avaient rien de scientifique, comment ils étaient déjà passés à 28 % pour la pêche néerlandaise, comment il n’y avait même aucun protocole de recherche, comment cela dévastait les fonds marins, comment les pêcheurs artisans étaient directement affectés...

Que va-t-il se passer maintenant ?

Il va falloir négocier avec le Conseil européen, qui était plutôt sur le statu quo. La France, très passive dans le débat public sur ce dossier, va devoir monter au créneau au sein du Conseil. La commission européenne, en faveur de la pêche électrique, va être obligée de revoir son jugement.

Vous avez justement vivement chargé la Commission lundi…

Elle nous a menti. Menti sur le fondement scientifique de la pêche électrique. Elle a failli sur le contrôle des dérogations, à la fois sur leur caractère scientifique et sur leur nombre. La commission qui s’était embourbée dans le dossier va devoir faire volte-face pour qu’elle soit elle-même en cohérence avec la politique commune des pêches.

Comment expliquer que la flotte néerlandaise compte plus de 5 fois la limite autorisée par pays de chalutiers à perche électrique ?

C’est la faillite d’un système : la commission a commencé à se prendre les pieds dans le tapis en accordant ces dérogations et en faisant croire que ses conseillers scientifiques validaient cette démarche. Ce qui n’a jamais été le cas. Le vrai objectif était de sauver la pêche néerlandaise de chalutage à perche, pas la recherche scientifique.

Le Parlement, le Conseil et la Commission doivent maintenant se mettre d’accord...

C’est un processus qui peut être long, sur la pêche en eau profonde, cela avait pris trois ans. Là, au regard de l’urgence, il faudrait que se soit bouclé dans les six mois qui viennent.

L’interdiction votée par le parlement n’est pas contraignante ?

Pour l’instant, il n’y a pas de décision européenne. Pour les pêcheurs, il n’y a rien de concret.

En attendant, rien n’empêche la flotte néerlandaise, déjà au-dessus des quotas, de continuer à utiliser de l’électricité…

Pendant la période des discussions, on va demander des comptes à la Commission européenne. Sur la décision de dérogation pour autoriser les bateaux électriques, comme sur le suivi des dérogations, la commission doit s’expliquer, ce qu’elle n’a toujours pas fait. Il faut immédiatement qu’on puisse faire sauter toutes les autorisations accordées de manière laxiste. La première étape, dans les plus brefs délais est de ramener la proportion de dérogation à 5 %, avant d’obtenir la fin de toutes les dérogations, et donc l’interdiction de la pêche électrique sous six mois.

…/...
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