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Pêche en Bretagne. Un lent déclin

Dernière mise à jour le mercredi 5 février 2014

Article paru
sur le site "Le Télégramme" - 04 Février 2014
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Le 4 février 1994, les rues de Rennes étaient envahies par des centaines de marins-pêcheurs frappés par la crise. Une colère restée vaine, car la crise a perduré. Vingt ans plus tard, la flottille a ainsi perdu un tiers de ses effectifs, et les apports ont chuté de 16 %.

La pêche bretonne, qui reste un des fleurons de l’économie régionale (1), a sérieusement pris du plomb dans l’aile, en vingt ans. Au 1er janvier 2012, il ne restait plus que 1.356 navires, armés par 5.210 marins-pêcheurs. Contre 1.999 bateaux en 1994, sur lesquels embarquaient 6.421 hommes d’équipage.

Cette régression est intervenue juste après une période (1983-1994) de réduction vertigineuse du nombre de kilowatts (2). En onze ans, le nombre d’unités avait été réduit de 45 %. La principale saignée ayant été initiée dans le cadre du plan Mellick, du nom du ministre de la Mer qui, à la demande de l’UE, avait conduit ces nombreuses sorties de flotte.

Depuis, l’augmentation du carburant, conjuguée à une baisse de la ressource sur certaines espèces, n’a cessé de fragiliser l’équilibre des armements. Autre problème, et non des moindres, la flottille, dans son ensemble, a vieilli. Cette absence de renouvellement des navires explique, en partie, le manque d’intérêt et d’attractivité des jeunes pour le métier. Résultat : entre 1994 et 2013, les tonnages des ventes sous criée ont fondu comme neige au soleil. Passant de 124.000 tonnes à 98.254. En valeur, en revanche, on note une progression de 1 %. Pour la Cour des Comptes, qui s’est penchée sur la question, ce chiffre ne traduit pas la réalité. L’inflation, sur la même période, s’élevant à 36 %.

Le sud plus touché que le nord

La crise, qui perdure, a surtout affecté les ports du Sud-Bretagne. Et particulièrement les armements industriels et hauturiers qui exploitaient des bateaux de 25 à 38 m. Les criées de Lorient (56) et Concarneau (29) ont ainsi vu leurs tonnages chuter de, respectivement, 50 et 70 %, et de 13 et 60 % leur chiffre d’affaires. Pour Concarneau, qui a longtemps occupé la troisième marche du podium des ports français, aucune embellie en vue : la criée a continué à dévisser l’an dernier (- 5,38 % en valeur et - 7,67 % en tonnage), et cette tendance devrait perdurer.

Des outils « surdimensionnés »

Même constat, à quelques kilomètres de là, sur les quais de Loctudy (29). Là, au milieu des années 1990, l’activité était très soutenue : plus de 11.000 tonnes trouvaient acquéreur, chaque année, sous criée. En 2011, seules 3.195 tonnes y ont été vendues. La flotte hauturière, qui comprenait 40 unités, ne compte plus que cinq bateaux ! L’an dernier, la Cour des Comptes faisait le constat que l’outil portuaire était devenu « surdimensionné ».

Sur la côte nord, la situation est loin d’être aussi dramatique. Depuis quelques années, et malgré quelques baisses ponctuelles, les ports d’Erquy (22), Saint-Quay-Portrieux (22) et Roscoff (29), affichent une insolente santé.

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