Dernière mise à jour le mercredi 23 avril 2008
Une fuite accidentelle de produit de traitement du bois dans une entreprise de matériaux de Lannilis a provoqué, hier matin, une pollution dans la rivière de l’Aber-Benoît, une zone ostréicole réputée.
Il était 9 h 30 quand un membre du personnel de l’entreprise Tanguy a constaté que la porte d’une cuve contenant du Tanalith E 3.499 s’était ouverte et que son contenu s’était déversé dans la canalisation des eaux de pluie. La quantité de ce produit utilisé pour la préservation du bois contre la pourriture et les dégâts causés par les insectes, a été estimée à 12.000 litres. Ce produit est comparable au sulfate de cuivre utilisé pour protéger les récoltes alimentaires. Bien qu’il se dilue facilement, le Tanalith est considéré comme nocif et dangereux pour l’environnement.
Des poissons morts
La rivière Le Diouric, située à proximité de l’entreprise, a alors pris une couleur bleue qui a attiré l’attention de promeneurs à 12 h 30, au lieu-dit Milin al Len, en bas de la maison de retraite. Ce sont eux qui ont alerté les autorités. La communauté de brigades de Plabennec-Lannilis, les pompiers de Lannilis, aidés par la cellule chimique de Brest, la Drire et la préfecture se sont organisés pour estimer le degré de pollution et les mesures à prendre.
Dès l’alerte donnée au sein de l’usine, le directeur technique Roger Loaëc et son équipe avaient démarré une procédure d’arrêt de l’écoulement et pris les dispositions pour limiter les conséquences. La rivière, longue de 5 km, se déverse dans l’Aber-Benoit, et des alevins et poissons morts ont été repérés par les gendarmes et les pompiers lors de leurs investigations. Des prélèvements ont été effectués et envoyés au Cedre, à Brest. « Nous allons faire venir demain matin (NDLR : aujourd’hui) un véhicule spécialisé pour le pompage », expliquait sur place Roger Loaëc. Parallèlement, les services techniques de la commune vont tenter d’isoler une partie de la pollution.
Pêche interdite
Des arrêtés municipaux ont été pris à Lannilis et Tréglonou, les deux communes riveraines, pour interdire la pêche. Il est bien entendu déconseillé de récolter du cresson dans la rivière et les contacts avec l’eau sont à exclure, même si la préfecture du Finistère n’a pris, pour le moment, aucun arrêté en ce sens. Trois entreprises ostréicoles se situent en aval de la rivière polluée. Les trois ostréiculteurs concernés ont annoncé que leur intervention se limitait, pour le moment, à « un principe de précaution », mais qu’ils entendaient « rester vigilants ».
Alain Coquil et Daniel Dagorn