Dernière mise à jour le mardi 18 mars 2008
Ouest-France du 18 mars 2008
200 personnes mobilisées
Les rives du Pays de Retz, entre Corsept et Paimboeuf, la zone de Mindin à Saint-Brévin, l’avant-port de Saint-Nazaire : voici les principales zones concernées par la pollution en Loire. 100 tonnes de fuel se sont répandues dimanche soir, lors d’un chargement de pétrolier à la raffinerie de Donges.
Le nettoyage du littoral a commencé hier avec l’ouverture de plusieurs chantiers de dépollution. Des moyens plus lourds sont déployés aujourd’hui, avec près de 200 personnes mobilisées. L’objectif est d’enlever le maximum de produits polluants, notamment dans les sitescomme les enrochements, afin que ces produits ne soient pas repris par les courants ou les maréeset présentent le risque de nouvelles souillures sur d’autres zones du littoral.
Des barrages flottants seront par ailleurs installés dans la journée devant la prise d’eau de la centrale de Cordemais et en protection de plusieurs étiers. Celui du Pouliguen sera ainsi entièrement barré afin de protéger les marais salants. La mise en place se fera dans l’après-midi. Le baliseur Charles Babin va également poser 200 mètres de barrages flottants à l’entrée de la Percée du Carnet pour protéger cette zone humide sensible. Un troisième étier de la Loire, côté nord, sera également protégé dans la journée.
La marée a fait son oeuvre. Paimboeuf, à un kilomètre à peine sur la rive opposée à la raffinerie, en est devenu l’épicentre. Revoilà les vagues visqueuses dans le port et les hommes en combinaison lançant le nettoyage. Le ministre de l’Écologie, Jean-Louis Borloo, sur place hier, a qualifié de « grave » la pollution dans une zone Natura 2000 « fragile et importante ». Mais « ce n’est pas une grosse marée noire », assure-t-il. : Franck Dubray
Dimanche, une canalisation de la raffinerie Total a laissé échapper 450 tonnes de fioul dans la Loire, à Donges. Les conséquences sont déjà bien réelles et les questions affluent.
« J’ai bien senti l’odeur de mazout inhabituelle, dimanche soir. C’est une catastrophe. » Cette habitante de Paimboeuf (Loire-Atlantique), comme beaucoup d’autres, est venue sur le port constater l’étendue des dégâts. La commune située juste en face de la raffinerie de Donges est devenue l’épicentre de la pollution et, du même coup, d’une grande agitation, hier. À l’heure du souvenir de l’Amoco Cadiz voici tout juste trente ans, revoilà les vagues visqueuses et les hommes en combinaison lançant le nettoyage.
Cette fois, pas de tempête, pas de pétrolier poubelle, mais une canalisation défectueuse. Tout a commencé en matinée ou dans l’après-midi de dimanche, lorsque le pétrolier Ocean Quest chargeait son fioul de propulsion. Apponté à son terminal, à cinq kilomètres de la raffinerie, « il était alimenté par une ligne aérienne qui a fui et a dispersé du produit le long de la Loire : 400 m3 d’un fuel assez souple. Nous avons disposé des barrages mais, avec la nuit, il n’était plus possible d’intervenir », explique le directeur de la raffinerie, Jérôme Dupont.
Le ministre de l’Écologie à Paimboeuf
La marée a fait son oeuvre et, hier matin, la rive sud de la Loire était souillée sur plus de vingt kilomètres en amont de Paimboeuf et jusqu’à Saint-Brévin. Les nappes sont remontées jusqu’à Cordemais mais sont aussi descendues vers l’océan Atlantique et ont atteint quelques plages de Saint-Nazaire. Le banc de Bilho, réserve ornithologique, est durement touché. Pilotées par la préfecture, des reconnaissances visuelles, terrestres et fluviales ont été effectuées.
Du coup, sur un sujet aussi sensible, l’État a mis en place son dispositif d’urgence et de communication. Une centaine de gendarmes et une cinquantaine de pompiers ont convergé vers la zone sinistrée. Jean-Louis Borloo, ministre de l’Écologie, du Développement et de l’Aménagement durables a tenu à faire un déplacement express et à s’entretenir avec les maires et députés du secteur touché. Pas de doute dans son esprit, « Total est entièrement responsable ». Il regrette, prudemment, « la réaction apparemment un peu lente » de la société. « Ils n’ont pas apprécié l’ampleur de la fuite », estime le ministre.
« On en tirera des leçons »
Évitant tout piège sur la gravité de la pollution, Jean-Louis Borloo a prôné la préservation de « cet estuaire fragile, indispensable et magnifique ». Tant qu’à faire, il effleure le projet controversé de l’extension des infrastructures portuaires à Donges-Est. « On en tirera des leçons y compris sur les activités portuaires éventuelles. »
En attendant de poursuivre ce débat, il faudra régler deux questions essentielles. Pourquoi n’avait-t-on pas repéré l’usure d’une canalisation utilisée chaque semaine pour le ravitaillement, d’autant qu’elle borde le fleuve ? Comment faire pour récupérer le fioul sans porter atteinte au milieu si fragile ?
Les hommes chargés du nettoyage espéraient, hier, agir vite sur ce produit volatile « qui risque de se décoller des roches à la faveur des grandes marées. Il faudra notamment le pêcher en mer. » Tout sera donc une question de moyens. Total a mobilisé un organisme spécialisé et un navire de la Marine nationale, l’Argonaute, est attendu aujourd’hui au large de Saint-Nazaire.
La préfecture a demandé aux communes touchées par la pollution « d’empêcher l’accès du public aux zones touchées afin d’éviter toutes manipulations et tout ramassage ».
Frédéric SALLE.
et Éric MARTIN.
Le Télégramme du 18 mars 2008
11h43. La dépollution s’intensifie en mer et sur terre dans l’estuaire de la Loire
Près de 200 personnes ainsi que trois navires étaient mobilisés ce matin pour dépolluer l’estuaire de la Loire où une centaine de tonnes de fioul s’est échappée de la raffinerie Total dimanche soir, a-t-on appris auprès de la préfecture de Loire-Atlantique.
Quelque dix tonnes de déchets souillés ont été ramassés par une soixantaine de membres de la sécurité civile et une vingtaine de pompiers hier à Paimboeuf, sur la rive sud, qui fait face à la raffinerie. Le chantier doit se poursuivre aujourd’hui, renforcé par des effectifs mobilisés par Total.
A Donges, sur le site où la raffinerie a réussi à contenir environ 300 tonnes de fioul qui ne se sont pas dispersées dans l’estuaire, les équipes de dépollution ont ramassé hier quelque 50 tonnes de déchets solides et 100 tonnes de déchets liquides, a-t-on précisé de même source.
Ce matin, des irisations ont été constatées dans l’embouchure de la Loire, entre Saint-Brévin et Saint-Nazaire, et "des pollutions importantes" ont été constatées dans l’avant-port de Saint-Nazaire, selon la préfecture.
Trois navires de la Marine nationale, le navire de dépollution Argonaute ainsi que deux chalutiers remorquant un filet antipollution, guidés par un hélicoptère de la sécurité civile, étaient sur place aujourd’hui.
De nombreux barrages flottants vont être installés dans la journée afin de protéger les accès aux zones humides sensibles de l’estuaire ainsi que la prise d’eau de la centrale électrique de Cordemais, a précisé la préfecture. Total, qui a reconnu la responsabilité de la pollution dont l’origine est une fuite lors d’une opération de chargement de fioul lourd dans les soutes d’un navire, a présenté ses excuses aux communes touchées et s’est engagé à payer l’intégralité des dépenses.
Le Télégramme du 18 mars 2008
Pollution. 400 tonnes de fioul lourd dans la Loire
L’estuaire de la Loire doit faire face, depuis hier, à une pollution au fioul lourd provoquée par une fuite accidentelle survenue lors du chargement d’un pétrolier devant la raffinerie Total de Donges.
Dimanche, en fin de journée, lors du chargement de la soute d’un navire, l’Ocean Quest, à la raffinerie Total de Donges (44), 400 tonnes de fioul lourd se sont échappées. Une fuite dans un tuyau alimentant les soutes du navire serait à l’origine de cet accident. 300 tonnes se sont répandues sur les berges de la Loire et 100 tonnes dans le fleuve ligérien.
« Très toxique »
Des barrages flottants et des moyens de pompage ont été mis en œuvre. Hier matin, des observations ont permis d’établir l’existence d’irisations et de boulettes dans l’estuaire de la Loire. Une équipe du Centre de documentation de recherche et d’expérimentation sur les pollutions accidentelles des eaux (Cedre), basé à Brest, est arrivée sur place, hier matin, pour apporter à Total des conseils en matière de traitement des produits et de dépollution. Ce produit, « un fioul lourd très toxique, doit être manipulé avec les plus grandes précautions », précise la préfecture de la Loire-Atlantique.
Déplacement de Jean-Louis Borloo
Le ministre de l’Écologie, Jean-Louis Borloo, est venu, hier après-midi, à Paimboeuf, une des communes, avec celle de Corsept, les plus touchées par cette pollution. Elles se situent en face de la raffinerie Total, de l’autre côté de l’estuaire. Le ministre a réuni les élus locaux, les responsables des administrations... pour leur indiquer les moyens mis en place pour lutter contre cette pollution. Une vingtaine de pompiers, des employés communaux et du conseil général de la Loire-Atlantique, ont commencé, hier, le nettoyage des berges. Soixante-deux hommes de la sécurité civile de Nogent-Le-Rotrou, soit deux sections, devaient arriver, hier en fin de journée, pour mettre en place les chantiers de dépollution. Le navire de dépollution de la Marine nationale, l’Argonaute, devrait arriver ce matin. En coordination avec un hélicoptère, ce navire va faire la chasse aux boulettes et autres traces de fioul dans l’estuaire et en mer, si besoin est.
Michel Faucompré