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Qualité des eaux en Loire-Bretagne : des efforts s’imposent

Dernière mise à jour le mercredi 9 octobre 2013

Article paru
sur le site "Actu-environnement" - 04 octobre 2013
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Pas d’amélioration significative : c’est le constat concernant l’état des eaux en Loire-Bretagne du comité de bassin. Cette évaluation, présentée le 3 octobre, s’est penchée sur les cours d’eau, les plans d’eau, les eaux littorales et souterraines. Elle montre ainsi que la proportion de masses d’eau en bon état (environ 30% de l’ensemble des masses d’eau) reste constante depuis plusieurs années. 654 cours d’eau n’auraient pas encore atteint leur objectif 2015 (soit 35% des cours d’eau du bassin). Les deux principaux responsables de dégradation de l’état écologique des cours d’eau sont l’eutrophisation et les altérations morphologiques.

Cette approche n’est toutefois pas complètement représentative de l’ensemble du bassin. L’analyse ne prend en effet en compte que les masses d’eau qui présentent des résultats avec un niveau de confiance moyen à élevé (soit 62% d’entre elles).

De nouveaux secteurs touchés par la pollution aux nitrates

Les secteurs préservés se situent en amont du bassin et dans la moitié ouest de la Bretagne. La région médiane du bassin, comportant une densité importante de population mais également une agriculture ainsi qu’une irrigation importante, est nettement dégradée. Elle souffre d’une faiblesse d’étiages naturels. "La situation est critique pour Loire-aval et côtiers vendéens", reconnaît le rapport.

Si des tendances à l’amélioration sont à noter pour le phosphore, cet élément demeure l’un des plus pénalisants vis-à-vis du bon état écologique. Concernant le nitrate, la dégradation semblerait s’accentuer sur les grandes plaines sédimentaires et s’amorcer sur des secteurs de reliefs jusque-là préservés.

Le principal facteur déclassant est l’eutrophisation

Pour l’état écologique des plans d’eau, ceux en bon ou très bon état ne dépassent pas 26%. 30% des plans d’eau sont toujours en état moins que bon (état 2011) et doivent atteindre le bon état ou le bon potentiel d’ici 2015, 30% sont en état moyen, et 44% sont en état médiocre ou mauvais.

"Il faut souligner que la variabilité interannuelle est assez élevée et que le réseau commencera à fournir une évaluation plus stable lorsque chaque plan d’eau aura été suivi au moins 2 voir 3 fois et/ou que des éléments de diagnostic complémentaire auront pu être développés", modère le rapport.

Le principal facteur déclassant est l’eutrophisation due aux excès de nutriments, en particulier de phosphore. "Des mesures curatives du type bassins de décantation en amont des plans d’eau sont souvent peu efficaces compte tenu des remaniements et des flux transportés lors des crues, détaille le rapport, elles peuvent néanmoins être envisagées dans certains cas très particuliers et à la condition que le curage et l’épandage correspondant soient parfaitement étudiés et autorisés".

Ce diagnostic de l’état écologique serait à compléter par un examen des perturbations engendrées par les cyanobactéries, sur les usages (eau potable et baignade), selon le rapport.

68% des eaux côtières en bon état

Les estuaires sont majoritairement (56,6%) en bon état écologique. Ceux qui n’atteignent pas le "bon état écologique" sont déclassés par les ulves (marées vertes) ou les poissons.

Concernant les eaux côtières, elles semblent majoritairement en bon état (68%). L’embouchure de la Vilaine s’avère toutefois dégradée par le phytoplancton et la baie du Mont Saint-Michel par les invertébrés benthiques.

Des évaluations non validées pour l’état chimique

L’analyse a également porté sur le bon état chimique des masses d’eaux. 41 substances ont ainsi été prises en compte. Toutefois au vue des difficultés techniques rencontrées, les évaluations n’ont pas été validées pour les eaux continentales. Seules les eaux marines, qui ont fait l’objet de mesures des teneurs dans la chair des crustacés, ont pu être approuvées.

Autre limite : "l’évaluation de l’état prend en compte les pesticides de façon partielle, estime le rapport, pour les eaux souterraines, les pesticides sont bien pris en compte et [ sont un facteur] déclassant pour 33% des masses d’eau. En revanche, pour les eaux de surface, la prise en compte des pesticides dans l’état écologique et chimique ne porte actuellement que sur 18 molécules, et ce au travers de seuils qui ne les rendent que rarement déclassantes, ces seuils étant supérieurs aux normes applicables pour l’eau potable".

En gardant à l’esprit cette mise en garde, les premiers résultats montrent que pour les 80% des cours d’eau suivis, 22% seraient en mauvais état chimique. Concernant les plans d’eau, 3% des masses d’eau sont en mauvais état chimique. "Des teneurs de plomb ont également été relevées pour certains plans d’eau de Bretagne mais en absence de valeur de référence du fond géochimique en plomb dissous et bio accumulable, il n’est pas encore possible de statuer sur l’état de ces masse d’eau", souligne le rapport. En revanche, toutes les masses d’eau côtières et plus des trois quarts des masses d’eau de transition apparaissent en bon état chimique.

Nitrates et pesticides affectent les eaux souterraines

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