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Quatre années de surmortalité

Dernière mise à jour le mercredi 11 avril 2012

Article paru sur le site "Sud-Ouest" - Mardi 10 Avril 2012
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Quatre années de surmortalité

Depuis 2008, l’Observatoire du littoral charentais pointe la surmortalité des huîtres sur ses parcs. Jamais inférieures à 71 %.

Hasard malheureux : en 2010, puis en 2011, l’annonce des premières surmortalités d’huîtres juvéniles parcourait les allées du Salon ostréicole de La Tremblade, alors que le discours inaugural n’avait pas encore atteint sa conclusion. Ce télescopage eut des effets calamiteux pour les affaires que comptaient réaliser les fabricants de matériels conchylicoles. Le producteur n’est jamais prompt à bourse délier quand la récolte s’annonce mauvaise… Conséquence : le salon est avancé d’un mois, pour cette 40e édition, à une période où, en théorie, la température de l’eau n’a pas encore atteint les 16 degrés à partir desquels le fléau s’abat sur les parcs et le naissain capté l’été précédent (1).

Au Centre régional d’expérimentation et d’application aquacole (Creaa) du Château-d’Oléron, le suivi du phénomène est scientifique. Au printemps 2008, lors de l’apparition du problème, aussitôt les premiers pourcentages inquiétants de surmortalité avaient-ils été rapportés dans des établissements de l’île de Ré et de Marsilly, que le centre était en mesure de les comparer. Il disposait, à travers son Observatoire du littoral charentais, d’un instrument d’analyse des phases de croissance et de mortalité des mollusques mis en place quatorze ans avant. Un outil à nul autre pareil. Sur ces quatorze parcs, les techniciens biologistes élèvent des huîtres dans le respect des pratiques professionnelles, de la phase de captage à celle d’un coquillage de taille marchande ; ils testent jusqu’aux techniques les plus modernes, comme l’élevage sur filières en eau profonde.

La mortalité depuis 2008

Dix sites de référence, du nord au sud des zones de production charentaises, pour fournir trois bulletins d’information saisonniers et un bilan annuel. Moins décriés que leurs collègues de l’Ifremer (Institut français de recherche pour l’exploitation de la mer) - parce qu’usant de techniques d’analyses certainement plus évidentes et parlantes pour le conchyliculteur - ces biologistes ont calculé que la mortalité moyenne des huîtres d’un an, depuis 2008, était de 79 % en Charente-Maritime, sur le naissain naturel. Tous types d’huîtres confondus, donc lots tests de triploïdes inclus, la surmortalité relevée sur les terrains de l’Observatoire fut de 71 % en 2008, de 87 % en 2009, de 75 % en 2010 et de 74 % l’année dernière.

« Ce que l’on observe aussi, indiquent de conserve Dominique Mille et Anne-Lise Bouquet, deux de ces biologistes, c’est un retour à de faibles mortalités sur les lots de 2 et 3 ans : 7 % en 2011, chiffre que l’on n’avait pas connu depuis dix ans. »

Outre le relevé des pourcentages de mortalité, il appartient aussi au centre d’expérimenter les techniques susceptibles d’améliorer la production. « Des tests montrent par exemple que, dans certaines conditions, on peut avoir des différences significatives de mortalité entre des parcs très hauts et d’autres très bas. Mais l’écart n’est jamais supérieur à 10 %. Certes, le producteur limite la mortalité en élevant plus haut, mais il va réduire son rendement. »

Les filières, une solution ?

Au gré de leurs travaux, ces chercheurs ont pu démontrer, aussi, que des huîtres immergées à une profondeur de 26 mètres, si elles ne subissent pas de mortalité, ont une croissance nulle. » De même qu’ils ont pu établir que laisser une huître dans le milieu confiné du marais était un moyen de limiter l’impact du problème, mais qu’elle n’y échappait plus dès qu’elle était remise sur un parc.

Les filières en eau profonde, une solution ? « En tant qu’outil de prégrossissement des huîtres, elles sont un moyen qui permet au producteur de retomber sur ses pieds : parce que la croissance des huîtres qui survivent est très bonne. Quand, sur un parc, il faut dix-huit mois pour faire une huître de 15 grammes, sur une filière, deux mois au printemps suffisent. »

(1) Le Creaa confirme les résultats de l’Ifremer : c’est à partir de ces 16 degrés que l’agent infectieux herpès virus se développe de façon exponentielle.



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