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Quimper Parc marin. Un label pêche en fin d’année

Dernière mise à jour le mardi 24 juin 2014

Article paru
sur le site "Le Télegramme" - 21 Juin 2014
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C’est parti de l’initiative d’une entreprise de location de jet-ski, qui voulait faire des randonnées encadrées dans l’archipel. Ça a ému les 49 membres du conseil de gestion. L’équipe technique du Parc a alors amené des éléments objectifs, notamment sur le son particulier des hydrojets dans l’eau et la nature plus aléatoire de leurs déplacements. Pour la faune, le bruit et la variabilité des mouvements est plus dérangeant. C’est quelque chose qui a été vérifié ailleurs. Le scooter des mers est en général banni des grandes zones d’enjeux de biodiversité, à Mayotte ou en Guadeloupe notamment.

>Cette interdiction pourrait-elle être étendue à d’autres zones du Parc ?

Pour l’instant, il n’y a pas de pression autour de la pratique du jet-ski. Ça dépend des espaces. La démarche du parc n’est pas d’interdire des activités dans tous les secteurs, mais à Molène, il fallait être plus attentif.

> Reste que cette prise de position vous a rapproché des populations côtières, quand on se souvient de la défiance qui régnait lors de la création du Parc….

Oui, effectivement, parce qu’il y avait beaucoup de peurs, de fantasmes autour de réglementations drastiques à venir. Depuis six ans, on se rend compte que la pêche plaisance est toujours autorisée et ce sont les acteurs locaux qui construisent la gestion de leur espace en fonction de leur sensibilité et de la vision qu’ils ont de leur territoire. Et là, ils trouvent les équipes du parc, techniquement, pour les aider et leur donner un avis scientifique sur lequel s’appuyer. Pour le jet-ski, nous avons aidé à la prise de décision et le préfet a signé l’arrêté.

> Il y a d’autres exemples ?

Sur la pêche des ormeaux, nous avons mis en place des mesures de police en 2011. C’était à la demande des maires de Sein et Molène notamment. On se rend compte que les contrôles, la réglementation, ce sont les acteurs qui les demandent. Ils se disent que " l’outil Parc " peut les aider à gérer.

> L’un de vos avis, qui concerne l’exploitation du banc de sable coquillier de Kafarnao, au large de Sein, est particulièrement attendu…

Il manque encore celui d’Ifremer et du commissaire-enquêteur, qui doit le rendre dans les jours qui viennent. Pierre Maille, président du Parc marin, souhaite que le conseil de gestion se prononce lorsqu’il aura tous les éléments en sa possession. Il pourrait réunir le conseil début septembre et rendre un avis définitif. Mais l’équipe technique a déjà rendu un avis interne (plutôt réservé selon nos informations, Ndlr). Le maire de Sein, l’association des îles du Ponant, les pêcheurs professionnels ont, c’est vrai, exprimé leurs réserves devant le conseil de gestion.

> Des gouttelettes de mercure qui se déversent dans les étages, le feu d’Ar Men éteint depuis trois semaines, des infiltrations… Les phares, indissociables de l’image du Parc semblent se délabrer…

L’entretien technique des phares n’est pas une mission du Parc. En revanche, l’une d’elles est de les valoriser. C’est une approche culturelle pour laquelle nous travaillons étroitement avec Phares et balises. Outre le projet de Centre national des phares, qui démarrera probablement à la fin de l’année, nous avons par exemple mené, en juin 2013, une mission d’expertise, afin d’examiner, avec un regard de protecteur du patrimoine, l’état du phare de Kéréon. Les planchers étaient plutôt en bon état. L’intérieur n’appelait pas une situation d’alarme. L’entretien est fait régulièrement, même s’il est clair qu’il est plus difficile à réaliser que du temps des gardiens. Mais l’image du phare abandonné est en partie fausse.

> Nombre de vos expertises restent méconnues. Ne le regrettez-vous pas ?

Nous sommes un espace d’expérimentation. Ce n’est pas forcément vu en effet. Prenez le ramassage d’algues vertes en mer, en baie de Douarnenez, pour éviter qu’elles s’échouent. Il est mené chaque été depuis quatre ans et notre technique semble efficace. Nous avons innové. Nous avons lancé le label bio sur les algues, qui permet de valoriser une production locale pour l’alimentaire et les cométiques. C’est une forme de soutien à l’économie. Il y a aussi un label sur les ormeaux, le semis de coquilles Saint-Jacques en baie de Douarnenez, la défense du cantonnement de langoustes rouges de la chaussée de Sein… Ce sont des actions innovantes, qui valorisent un patrimoine halieutique unique. Elles permettront aux pêcheurs d’avoir plus de revenus. Ce sont des actions pour le futur.

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