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Recherche. De l’édulcorant en mer

Dernière mise à jour le vendredi 12 juillet 2019

Article paru sur le site "Le Télégramme :"
- 00 Juin 2019
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Des compagnies de ferries en Europe, dont la Brittany Ferries, accueillent sur leurs bateaux des « boîtes » d’analyse de l’eau de mer en continu. C’est l’un des outils développés par le projet européen Jerico pour surveiller les eaux côtières. Ifremer à Plouzané accueillait ce jeudi la réunion finale de Jerico Next.

« Les ferries boxes nous ont permis de découvrir qu’il y avait dans l’eau de mer du sucralose, un édulcorant », précise Luca Nizzetto, de l’Institut norvégien pour la recherche sur l’eau (Niva). Cet édulcorant vient de la consommation humaine, de boissons allégées en sucre par exemple. Excrété dans l’urine, le sucralose arrive en mer après le traitement des eaux usées.

Des pesticides au pays de l’ours polaire

« Cet édulcorant n’est pas métabolisé, alors les poissons ne le retiennent pas non plus. C’est un marqueur de l’activité humaine. On ne pense pas que c’est dangereux parce que les humains en consomment beaucoup sans être malades ». Mais les scientifiques ont trouvé aussi des produits plus inquiétants comme des herbicides, des pesticides, dans l’archipel du Svalbard au nord de la Norvège, bien loin des régions agricoles, et aussi des médicaments comme les antibiotiques pour traiter les infections urinaires. Des données qui rappellent les observations sur le gadolinium, produit de contraste de l’IRM, retrouvé dans les coquilles Saint-Jacques, dont nous parlions dans notre édition du 11 juin dernier.
La ferry box de la taille d’une armoire est installée à l’intérieur du navire et capte une partie de l’eau de mer pompée pour refroidir le moteur.

Pérenniser la recherche

« Pour surveiller les microalgues, et particulièrement celles qui sont toxiques pour l’homme ou les ressources marines, de nouveaux outils ont aussi été installés sur des bouées d’observation ou des navires de recherche. Ces outils sont plus ou moins bien acceptés selon les pays, et leur maintenance coûte cher. C’est bien d’avoir des projets qui durent quatre ans, mais l’important est d’avoir des infrastructures de recherche stables et durables », souligne Felipe Artigas, enseignant chercheur CNRS à l’université du littoral de la Côte d’Opale qui travaille sur les capteurs automatisés pour l’étude des microalgues. L’enjeu est en effet de pérenniser cette communauté de recherche créée en 2011 lors du premier volet de Jerico, renforcée en 2015 par Jerico Next (*) et d’harmoniser les pratiques des laboratoires européens pour pouvoir comparer leurs résultats.

L’invasive crépidule à Brest
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