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Retour sur la station de comptage du barrage de Decize, en place depuis mai 2009

Dernière mise à jour le vendredi 19 avril 2013

Article paru
sur le site "LeJDC" - Avril 2013
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C’est un véritable bunker, avec une porte de sas étanche, en cas de crue. Comme dans les films. Une chaîne aux maillons démesurés, tenue par un cadenas gros comme le poing, en assure la fermeture. Le seul qui en a la clé, c’est Timothé Parouty, chargé d’étude à l’association Logrami (Loire Grands Migrateurs).

Après avoir franchi l’assourdissant pont, depuis la rive de Saint-Léger-des-Vignes, il dévale le dédale d’escaliers. Se dirige vers la passe à poissons. Puis ouvre l’endroit secret. L’une des deux seules stations de comptage, que le plus long fleuve de France possède. L’autre se situant à Roanne. Et comme toute niche protégée qui se respecte, une caméra est là. Sauf que…
Un historique
des passages effectué

L’’il affiné, elle ne guette pas les va-et-vient des hommes. Mais plutôt ceux des poissons migrateurs. Aloses, anguilles, saumons, ou lamproies marines. Et ce, 24h\24, 7j\7, depuis mai 2009. « C’est devenu un outil indispensable », affirme Timothé. « Car ça nous permet de faire un suivi biologique de grande ampleur. Nous pouvons correctement évaluer les populations des différents migrateurs, avec ce suivi en continu. Avant 2009, la caméra ne fonctionnait que pendant trois mois de l’année. Cela dit, c’était à la bonne saison. »
Aujourd’hui, Logrami est capable d’effectuer un historique des passages, et d’avoir un recul suffisant pour analyser le retour aux sources des populations. À titre d’exemple, 11.990 aloses se sont fait « flasher » en 2007, et en trois mois. Elles n’étaient que 6 en 2012. À l’inverse, aucun saumon n’est passé par la station de comptage decizoise en 2009. L’an dernier, 25 sont remontés.
Travail d’analyse

« Une preuve que nous sommes sur la voie du succès concernant ces reproducteurs », sourit le chargé de mission. « Et l’on croit que l’alose s’est éteinte. Mais ce nombre de passages n’est pas exhaustif. Car cette espèce a pu trouver une zone de reproduction en aval qui lui correspond. De toute façon, la baisse est un phénomène national. »

Le travail ne s’arrête donc pas au comptage. « Nous cherchons à affiner les résultats, en faisant un suivi de la reproduction et une étude des zones de fraie », avance Timothé Parouty. « Mais il y a beaucoup de paramètres que nous ne maîtrisons pas, pour comprendre certains déclins. Ce qu’il se passe en mer, la pêche, la pollution, les barrages à franchir… Le saumon ne revient que cinq ans plus tard sur son lieu de naissance. Certains se perdent et finissent dans l’Aroux ou l’Allier. » Données recueillies et analysées, c’est souvent le Ministère de l’écologie ou les fédérations de pêche qui s’en servent, pour mener à bien des actions.

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