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Sable coquillier. Les Sénans défendent leur patrimoine

Dernière mise à jour le vendredi 11 avril 2014

Article paru
sur le site "Le télégramme" - 10 avril 2014
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Vent de fronde dans le Cap Sizun. L’enquête publique sur l’extraction du sable coquillier, à Kafarnao, au large de Sein, par les Sabliers de l’Odet doit s’achever le 18 avril. Deux réunions publiques ont mobilisé les opposants : Sénans, pêcheurs, écologistes.

Après une première phase d’exploitation entre 1987 et 2008 (180.000 m³ extraits), les Sabliers de l’Odet ont lancé une nouvelle procédure pour continuer à exploiter le sable coquillier de Kafarnao. Ce « sable » est composé de plus de 80 % de débris grossiers de coquillages (différent du maërl qui est à base d’algue marine). Il intéresse un producteur de compléments alimentaires à base de calcaire pour les poules pondeuses (durcissement des coquilles d’oeufs).

Tout comme à Lannion (22), où le Peuple des dunes, se mobilise contre un projet identique, les Capistes défendent leur patrimoine naturel.

65.000 m³ par an

La réglementation a changé et surtout l’exploitation du maërl des Glénan est interdite depuis 2011. Une nouvelle demande d’exploitation de Kafarnao a donc été déposée par les Sabliers de l’Odet. La concession a été accordée à l’entreprise en mai 2011, pour 10 ans, à raison de 65.000 m³ d’extraction maximale par an. L’autorisation d’exploiter a été conditionnée à la production d’une étude d’impact approfondie qui fait donc actuellement l’objet d’une enquête publique.

Les Sénans sont très remontés contre l’exploitation de cette dune sous-marine (24 m de haut sur 500 m de long) qu’ils considèrent comme un rempart pour leur île grignotée par la mer. Malgré les déclarations rassurantes du bureau spécialisé qui a réalisé l’étude d’impact (aucun risque supplémentaire pour l’île), ils refusent ce projet comme ils avaient dénoncé la première période d’exploitation. Les pêcheurs ont, eux, fait part de leur inquiétude pour une zone de nourricerie de poissons. Les écologistes dénoncent la logique de l’exploitation d’un site sensible pour un usage contestable (alimentation des poules). Le préfet de région, au titre de l’Autorité environnementale, a recommandé au porteur de projet de compléter l’étude d’impact « par une analyse affinée des services écologiques rendus par le site et par la levée de toute ambiguïté sur le caractère notable des impacts, afin que les atteintes aux enjeux majeurs relatifs à la biodiversité remarquable, soient en premier lieu évitées ».

La société se défend en précisant que seuls 4 à 5 % du stock de sable seront extraits.

En zone protégée

Les opposants comptent sur un avis défavorable du conseil de gestion du Parc marin d’Iroise, le site étant dans son périmètre.
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