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Séisme et tsunami. Six chercheurs brestois en Italie

Dernière mise à jour le samedi 5 octobre 2013

Article paru
sur le site "Le Télégramme" - 04 octobre 2013
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À quand les prochains séisme et tsunami majeurs en Méditerranée ? Pour en savoir plus, une équipe de six chercheurs brestois (IUEM, Ifremer, Shom) ont embarqué, mardi, pour le sud de l’Italie.

Ils s’apprêtent à réaliser une campagne d’observation sous-marine de 23 jours à bord d’un navire d’Ifremer, le Suroît. Objectif : en savoir davantage sur les failles majeures créées par le chevauchement des plaques européenne et africaine dans l’est de la Sicile.

Le dernier séisme majeur en 1908

Et ce n’est pas un hasard s’ils ont choisi de concentrer leurs efforts dans ce secteur maritime. « Il s’agit de la zone européenne la plus touchée par les séismes et les tsunamis associés, et assurément la plus meurtrière depuis les cinq derniers siècles, puisqu’on évalue à 200.000 le nombre de victimes dans cette région de l’Italie », résume Marc-André Gutsher, géologue marin à l’Institut universitaire européen de la mer (IUEM). Le dernier séisme de grande ampleur (autour de 7,5 sur l’échelle de Richter) date du 10 décembre 1908. Il a frappé la région de Messine et aurait fait autour de 72.000 morts. « Nous sommes dans un secteur à déplacement lent des plaques, sans grand bruit et sans activité clairement visible ». On parle volontiers de zone traître et mal connue, d’un endroit qui peut à tout moment déclencher un séisme majeur mais sans doute pas au-dessus de 7,5 d’après la taille des failles connues. D’ailleurs, les chercheurs ne sont pas complètement d’accord sur celles qui présentent le plus de risques. « Nous allons nous efforcer de travailler au-dessus des plus grosses failles, autour de celles qui à notre avis pourraient déclencher les prochains cataclysmes ».

Cartographier et carotter

À l’aide de sondeurs multifaisceaux, l’équipe internationale composée d’une dizaine de Français va étudier précisément la couche superficielle des sédiments. Puis, à travers de puissantes ondes acoustiques, ils tenteront de mieux représenter la première couche de sédiments. Une opération de carottage essayera de remonter encore dans le temps en tentant d’affiner la périodicité de ces séismes majeurs, au-delà des traces écrites laissées par l’homme. L’idée d’un grand séisme tous les siècles fait trembler des Italiens, épargnés depuis 1908. Le sujet est vital pour les villes côtières du sud de l’Italie comme celles de Malte et de la côte occidentale de la Grèce. « Si on imagine un séisme d’une puissance maximum de 7,5, la vague du tsunami pourrait atteindre entre 3 et 5 mètres, à l’image du terrible cataclysme de Catane (60.000 morts en 1693), dont l’origine reste encore à éclaircir ».

Un peu moins risqué sur la Côte d’Azur

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