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Stéphane Latxague : « Nous pouvons tous agir ! »

Dernière mise à jour le mardi 10 avril 2012

Article paru sur le site "Voiles News" - Mardi 03 Avril 2012
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Stéphane Latxague : « Nous pouvons tous agir ! »

par Olivier Bourbon

Gigantesque opération de nettoyage du littoral, les Initiatives Océanes se sont tenues le week-end du 24 mars dans plus de 30 pays. Dans le viseur, cette année, les déchets plastiques. Interview de Stéphane Latxague, directeur de la Surfrider Foundation Europe, organisatrice de l’événement.

206 kg de déchets plastiques déversés chaque seconde dans les mers du globe, une moyenne de 46 000 morceaux de plastique par 2,5 km² d’océan sur une profondeur d’environ 30 mètres... Ces quelques chiffres fournis par le Programme des Nations Unies pour l’Environnement (PNUE) font froid dans le dos. D’autant qu’il y en a d’autres, tout aussi éloquents.

C’est pourquoi la Surfrider Foundation Europe a choisi de placer la 17e édition des Initiatives Océanes – la plus importante mobilisation éco citoyenne européenne – sous le signe de la lutte contre l’invasion du plastique. Pour combattre ce fléau et réfléchir aux enjeux qui en découlent, des dizaines de milliers de bénévoles se sont ainsi mobilisés le temps d’un week-end pour nettoyer plages, lacs, rivières et fonds marins. Interview de Stéphane Latxague, le directeur de la fondation.

voilesetvoiliers.com : Quel bilan tirez-vous de l’édition 2012 des Initiatives Océanes ?

Stéphane Latxague : Il faut savoir que les Initiatives Océanes se déroulent toute l’année, avec un pic le premier week-end de printemps. Au 27 mars, on recensait 925 opérations de nettoyage dans 31 pays. C’est bien plus que l’année dernière à la même date. Nous n’avons pas encore de données précises quant au nombre de personnes mobilisées et au volume de déchets ramassés. Mais l’événement prend de l’ampleur année après année. Ce succès est à la fois gratifiant, car il signifie que davantage de gens s’impliquent, et inquiétant car cela démontre que la problématique des déchets aquatiques n’est pas résolue, loin s’en faut.

v&v.com : Cette campagne va plus loin que les opérations de nettoyage. Il s’agit aussi de démontrer l’importance de la préservation des océans…

S.L. : C’est même principalement une opération de sensibilisation… Car on ne va pas résoudre le problème des macro-déchets en un week-end de nettoyages ! Les Initiatives Océanes permettent d’aborder cette question primordiale, qui est malheureusement oubliée dans l’actualité.

v&v.com : Pourquoi avoir mis l’accent sur la lutte contre les déchets plastiques cette année ?

S.L. : Le plastique est l’ennemi n°1 : il représente plus de 80% de ce que nous retrouvons lors des nettoyages. Il ne se désagrège pas et reste donc durablement dans la nature. Mais nous pouvons tous agir dans notre vie quotidienne pour minimiser cette pollution. C’est dans cette optique que nous avons placé les Initiatives Océanes sous l’égide de notre programme "Rise Above Plastics" (« Réduisons notre empreinte plastique », ndr), une opération Surfrider internationale qui vise à inciter les citoyens à se débarrasser des plastiques à usage unique. Certes, il est impossible d’éliminer entièrement cette matière dans notre vie, mais nous devons essayer de réduire son "empreinte plastique", à travers des choix simples.

v&v.com : Lesquels ?

S.L. : Nous avons listé quelques recommandations pour utiliser moins de plastique. (Voir encadré « 10 façons de réduire votre empreinte plastique », ci-contre). Car le meilleur déchet, c’est celui qu’on ne produit pas. Avec un minimum d’organisation, on peut faire une grosse différence : en utilisant des contenants réutilisables, en refusant les sacs en plastique, en recyclant, etc.

v&v.com : Trouvez-vous que les mentalités ont changé à ce niveau ?

S.L. : Oui, les mentalités évoluent. Globalement, nous sommes davantage sensibilisés aux préoccupations environnementales. Mais la population mondiale s’accroit, donc il faut produire plus, y compris dans des pays qui ont encore du mal à réduire la production de déchets par habitants. C’est un gros problème. Dans ce contexte, les pays occidentaux doivent montrer l’exemple avant de donner des leçons.

v&v.com : Les marins, amateurs ou professionnels, sont-ils particulièrement impliqués dans les actions de Surfrider ?

S.L. : Oui, clairement ! A l’instar des surfeurs, les amateurs de voile sont des témoins privilégiés de la dégradation de l’état des océans. Leur prise de conscience a été précoce et ils s’engagent naturellement à nos côtés. Je tiens d’ailleurs à saluer les navigateurs de renom qui ont toujours été parmi les sportifs les plus impliqués. Ils ne sont pas seulement préoccupés par les performances et le financement de leurs bateaux. Lors des Initiatives Océanes 2012, nous avons par exemple mené un projet-pilote en Bretagne avec Sam Davies ou Nicolas Lunven. Leur soutien est important, car la course au large fait rêver les gamins et constitue donc un levier extraordinaire pour faire passer des messages.

v&v.com : Les Inititatives Océanes visent aussi à faire du lobbying auprès des pouvoirs publics…

S.L. : Exactement, d’où l’importance d’une forte mobilisation. Toute l’année, la cellule lobby de Surfrider travaille auprès de l’Union européenne pour faire évoluer les différentes directives relatives aux macro-déchets. Le problème, c’est que ces déchets ne sont pas vraiment reconnus somme une pollution, mais comme une nuisance visuelle. On est en train faire évoluer cette vision des choses. La défense de l’environnement marin est un travail de longue haleine, mais nous obtenons des résultats, à force de patience. Depuis juillet dernier, par exemple, une recommandation interdit le rejet de tous types de déchets par-dessus bord, excepté les carcasses d’animaux. Surfrider mène aussi des actions locales : des antennes ont notamment obtenu que les sacs plastiques soient bannis de certaines régions.

v&v.com : Les élections présidentielles approchent en France. En profitez-vous pour interpeller les candidats ?

S.L. : Du fait du contexte, la question environnementale est mise de côté dans la campagne. A travers notre adhésion à France Nature Environnement (FNE), nous avons toutefois remis une proposition générale de protection de l’environnement à chacun des candidats. La question des déchets y est traitée, mais c’est plutôt la protection de nos côtes des dérives de la bétonisation qui est mise en avant. Pour être honnête, nos actions de lobbying s’effectuent principalement au niveau européen car c’est là que sont votées la plupart des directives ayant trait à l’environnement marin.

v&v.com : En plus des opérations de nettoyage, quelles sont les autres actions concrètes menées par votre association ?

S.L. : Nous avons cinq grandes thématiques : la qualité de l’eau, la lutte contre les déchets aquatiques, le transport maritime – nous sommes l’une des organisations qui se porte systématiquement partie civile lorsqu’un bateau effectue un dégazage –, l’artificialisation du littoral et enfin la protection des vagues et la valeur de la nature. Ce dernier aspect est spécifique à Surfrider. Il arrive très régulièrement que des vagues de surf ou de windsurf soient menacées par des projets de construction ou des pollutions récurrentes. Pour les sauvegarder, mais aussi démontrer leur valeur sociale et environnementale, nous essayons de les faire classer comme patrimoine immatériel auprès de l’UNESCO… Encore un travail au long cours.

v&v.com : Comment un lecteur de voilesetvoiliers.com peut-il s’impliquer dans l’asso ?

S.L. : Pour les particuliers, il y a deux manières de s’engager : créer ou intégrer une antenne locale bénévole et organiser des nettoyages de plage via les Initiatives Océanes. Il est aussi possible de faire un don, déductible des impôts. En parallèle, nous travaillons en collaboration avec des réseaux sportifs, comme les clubs de voile auxquels nous fournissons des outils pour sensibiliser le public et améliorer la situation environnementale localement. L’asso a un modèle de travail très participatif. Elle regroupe aujourd’hui une cinquantaine d’antennes en Europe, dont la moitié en France. Elles sont gérées par 1 700 adhérents et peuvent compter sur le soutien de 60 000 bénévoles qui organisent ou participent ponctuellement à nos projets. Je crois à la nécessité de chaque citoyen de s’engager. Nous pouvons tous agir pour préserver le littoral !

v&v.com : Etes-vous optimiste quant à la préservation du littoral ?

S.L. : Je ne peux pas dire que je sois optimiste, car il est déjà trop tard pour beaucoup de choses et on ne retrouvera plus jamais la même qualité d’eau qu’il y a 50 ans. La prise de conscience a véritablement commencé, mais il faut qu’elle s’accélère… Nous sommes condamnés à limiter les dégâts et il s’agit désormais de préserver l’essentiel.

v&v.com : D’autant que s’occuper de l’environnement, c’est aussi s’occuper de l’homme…

S.L. : Oui ! C’est d’ailleurs une spécificité de Surfrider que de ne pas travailler directement sur la biodiversité, mais plutôt sur la relation entre l’être humain et l’océan. Notre boulot est que ces deux univers arrivent à cohabiter en profitant l’un de l’autre… Du moins sans se détruire l’un l’autre !


> 10 façons de réduire votre empreinte plastique
(d’après la campagne « Rise Above Plastics »)
1. Arrêtez d’utiliser des bouteilles d’eau à usage unique en plastique.
2. Autant que possible, achetez de la nourriture en vrac.
3. Passez au numérique !
4. Arrêtez d’utiliser des sacs d’épicerie en plastique.
5. Dites "NON" aux portions individuelles pré-emballées.
6. Adoptez les contenants réutilisables, c’est top !
7. Achetez une tasse de voyage réutilisable.
8. Cherchez toujours les emballages alternatifs.
9. Achetez et vendez d’occasion.
10. Recyclez !


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