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Surmortalité des huîtres - la recherche dégage des pistes

Dernière mise à jour le jeudi 26 janvier 2012

Article paru sur le site "Ministère de l’Agriculture" - Mardi 24 Janvier 2012
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Surmortalité des huîtres - la recherche dégage des pistes

Depuis 2008, les ostréiculteurs font face à des surmortalités de naissains d’huîtres. Les causes de ce phénomène et les réponses à y apporter ont fait l’objet d’une journée d’information et d’échanges organisée par l’IFREMER et le MAAPRAT, à Paris, le 18 janvier 2011.

Au terme de la réunion, Philippe Mauguin, Directeur des pêches maritimes et de l’aquaculture, fait le point sur la question.


Repères

Où et quand les huîtres meurent-elles ?

Faisant face à des mortalités en période estivale depuis 20 ans, les producteurs d’huîtres creuses, Crassostrea gigas, la plus répandue en France et dans le Monde, sont confrontés depuis 2008 à une amplification massive du phénomène. « 70 à 80 % des animaux de moins d’un an, sont morts chaque année depuis 2008, rappelle Tristan Renault, responsable du Laboratoire de Génétique et Pathologie (Ifremer La Tremblade) dans le dernier numéro des Nouvelles de l’Ifremer (décembre 2011). Les huîtres adultes apparaissent épargnées ainsi que les autres coquillages. Le phénomène concerne tous les bassins ostréicoles français. On a même ensuite observé des mortalités en Irlande, dans les Îles anglo-Normandes puis au Royaume-Uni, et plus récemment, en Nouvelle Zélande (2010) et en Australie (2011) ».

Quelles sont les causes de cette surmortalité ?

La recherche d’agents infectieux a permis de montrer la présence d’un virus appartenant à la grande famille des herpès virus (OsHV1 μvar) qui s’est rapidement répandu à l’ensemble des bassins de production français ainsi que des bactéries du genre Vibrio. « Si la composante infectieuse est évidente, les effets de l’association virus/bactérie sont encore en questionnement » explique Tristan Renault.

L’environnement (température, oxygénation, salinité) joue un rôle prépondérant : une augmentation rapide de la température de l’eau au printemps (le seuil de 16°C est avancé) a été clairement identifiée comme un facteur de risque majeur. Par ailleurs l’impact de l’environnement sur les coquillages reste également à approfondir.

Quelles solutions peuvent être apportées ?

Le travail de l’Ifremer, de l’État et des professionnels porte à la fois sur la prévention, toutefois limitée en milieu ouvert, sur l’impact des pratiques culturales et surtout sur la sélection génétique. Des expérimentations menées par l’Ifremer ont ainsi pu montrer qu’une famille issue du programme MOREST et soumise à des pressions de sélection depuis 2008 présente des résultats de survie très encourageants sur l’ensemble du littoral. Des tests montrent une mortalité moyenne pour cette famille sélectionnée de seulement 18%, contre 86% pour les familles témoins non résistantes.

Dans le prolongement de ces résultats, des « plans de sauvegarde » ont été mis en place en 2010 et 2011 en utilisant les familles issues du programme MOREST. L’objectif est de fournir aux ostréiculteurs des naissains présentant une meilleure chance de survie. Une convention annuelle a ainsi été signée entre des écloseries, l’interprofession, l’Ifremer et le MAAPRAT. Cela se traduit sur une disponibilité sur le littoral à l’été 2012, explique Philippe Mauguin qui sans attendre des résultats aussi bons qu’en milieu confiné, espère une baisse significative de la surmortalité. En 2012, le plan sera reconduit exclusivement avec l’utilisation de la famille présentant le meilleur taux de survie en condition expérimentale.

Enfin, un programme de sélection génétique va être mis en œuvre dans les prochains jours. Porté par l’interprofession, il regroupe l’Ifremer, le SYSAAF et les centres techniques et fera l’objet d’un financement conjoint par les 6 Conseils régionaux concernés par l’ostréiculture, l’Etat et le Fonds européen pour la pêche. En complément des programmes de sélection mis en œuvre par les sélectionneurs privés, ce programme vise à permettre la sélection de souches résistantes dans l’objectif de maintenir un approvisionnement par la voie du captage naturel.

Plus d’informations sur le site de l’Ifremer : [téléchargez le dernier numéro des Nouvelles de l’Ifremer->http://wwz.ifremer.fr/institut/Les-ressources-documentaires/Medias/Les-Nouvelles-de-l-Ifremer.



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