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Tara. Des planctons aux pontons

Dernière mise à jour le mercredi 4 avril 2012

Article paru sur le site "Le Télégramme" - Dimanche 1er Avril 2012
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Tara. Des planctons aux pontons

Deux ans et demi après son départ pour toutes les mers du monde, la goélette Tara a repris, hier, ses attaches à Lorient après 30.000 prélèvements de planctons. Une mission scientifique inédite et primordiale.

Comme un symbole, le navire s’est amarré, sous les acclamations, à quelques mètres de la Thalassa, navire océanographique d’Ifremer désarmé en 1996 et qui, transformé en musée, permettait jusqu’à l’an passé de mieux comprendre la biologie des espèces marines. Tara, ancien bateau de l’explorateur Jean-Louis Étienne, va plus loin en tentant de comprendre l’impact du réchauffement climatique sur les écosystèmes. Nul besoin d’expliquer à quel point l’émotion était palpable, hier, entre ceux qui se sont succédé à bord de la goélette durant 938jours d’une expédition jusqu’alors jamais réalisée : la première étude intégrée de l’écosystème planctonique planétaire.

115.000km

250 personnes mobilisées, 32pays visités, 115.000km parcourus à travers l’océan Indien, la Méditerranée, l’Antarctique, le Pacifique et l’Atlantique, une cinquantaine d’escales... N’en jetez plus. Ça tombe bien, ils ont tout gardé. Quoi ? 30.000 échantillons de planctons. Des éprouvettes qui ont transité par Francfort à - 80º, avant d’être réparties dans de nombreux laboratoires européens. Les analyser prendra du temps. « Dans les deux ou trois prochaines années, nous aurons les premiers résultats afin de savoir comment le plancton va évoluer dans le temps avec le changement climatique, estime Romain Troublé, directeur des opérations. Ce que l’on peut déjà dire, c’est que l’on n’y connaît pas grand-chose. 90% de ce qui a été trouvé n’a jamais été étudié ».

Kadhafi sur Tara

Le responsable évoque aussi un bilan humain très fort. « En Libye, Kadhafi est venu sur le bateau. Il s’est rendu compte que dans le monde, d’autres gens faisaient de la science. Ça reste marqué dans la tête, ça. Il y a eu des rencontres incroyables. Cette expédition, on va en parler pendant cent ans ». Éric Karsenti, directeur scientifique et, surtout, spécialiste de biologie cellulaire au laboratoire européen de génie moléculaire d’Heidelberg (Allemagne), reconnaît qu’il s’y connaissait peu en plancton. « Je suis passé de la cellule à la planète et aux organismes qui régulent notre climat ! Nous voici aujourd’hui avec une masse d’informations considérables sur ce qui est à la base de la chaîne alimentaire et fournit la moitié de ce que l’on respire. Sans les planctons, nous n’existerions pas et la planète ne serait pas bleue. La population n’en a pas conscience. C’est pour cela qu’il faut éduquer le public et les politiques, expliquer pourquoi il faut changer le comportement de notre industrie pétrolière ou nucléaire ».

Sur Seine à la rentrée

La mission a eu les honneurs du secrétaire général de l’ONU, Ban Ki-Moon, monté à bord à New York. « C’est grâce à ça que nous irons à Rio en juin, au prochain sommet de la Terre, assure Étienne Bourgois, directeur de Tara Expéditions et fils de la mécène Agnès B.Nous avons pu lui expliquer les enjeux et les fragilités des océans ». Et le responsable de rappeler toute la complexité d’un tel projet. « Dans certains pays, comme l’Inde ou en Arctique avec les Russes, nous n’avons pas eu d’autorisation de prélèvement. Nous devrions pouvoir aller partout ». Prochaine étape : juin2013, avec un tour complet de l’océan Arctique afin d’y parachever l’étude des écosystèmes planctoniques. Avant cela, la goélette va rejoindre Paris, de septembre à janvier2013, sous l’écrin du pontAlexandre III.

Yves Madec



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