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Tara. L’expédition fait route sur Lorient

Dernière mise à jour le lundi 19 mars 2012

Article paru sur le site "Le Télégramme" - Lundi 19 Mars 2012
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Tara. L’expédition fait route sur Lorient

Tara rentre à la maison...à Lorient ! Samedi 31 mars, c’est la fin de deux ans et demi d’expédition scientifique sur les eaux du globe. Retour sur une aventure au long court avec Romain Troublé, directeur général de l’expédition.

> Le site officiel de l’expédition
> 2009-2012 : la boite à souvenirs...

Quel est l’état d’esprit au sein de l’équipe de Tara Expédition, une semaine avant le retour au port d’attache ?
Romain Troublé, secrétaire de l’expédition Tara Océans : Au bout de deux ans et demi, l’énergie est toujours là ; l’enjeu est tellement fort. Tout au long de ces deux ans, toutes les personnes qui se sont succédé à bord ont eu le sentiment de contribuer à quelque chose de nouveau qui peut apporter beaucoup à l’humanité. On est en train de réussir un tour de force.

Était-ce une expédition plus compliquée que les précédentes ?
On a visité 40 pays. Ce n’était pas simple. Chaque pays a sa culture, son approche différente, de la mer, de la science. On pensait que la science était universelle. Rien que pour avoir les autorisations dans chaque pays, pour faire des prélèvements, puis ensuite, pour expédier les échantillons prélevés, il fallait s’y prendre neuf mois à l’avance. Et on avait le papier la veille de notre arrivée ! Certains pays ont refusé, comme l’Inde, Oman ou l’Équateur, en mettant en avant leur souveraineté. D’autres pays n’ont pas répondu. Cela a apporté une lourdeur à l’aventure scientifique et logistique.

Vous parlez de plus de 27.000 échantillons prélevés pendant toute la durée de l’expédition. Quel a été le travail à bord ?
En deux ans et demi, 70 membres d’équipage, 126 scientifiques de 35 nationalités ont partagé la vie à bord. On a fait travailler ensemble une douzaine de spécialités scientifiques autour de l’écosystème : des experts en génomie, imagerie quantitative, biologie, biogéochimie, biogéographie, océanographie, biophysique, génétique, ou bio-informatique... Cela ne s’était jamais fait. Leur but était de comprendre l’écosystème marin, le système planctonique. De mesurer l’impact sur l’écosystème, des changements climatiques sur le plancton, et ensuite la chaîne alimentaire qui en découle. 27.000 échantillons ont été prélevés à trois profondeurs différentes : en surface, entre 140 et 200m et entre 500 et 2.000 mètres. Avec, pour chaque échantillon, tous les paramètres, en salinité, température, concentration en azote, en oxygène, turbidité....

Là encore, une logistique lourde ?

Tara est un laboratoire flottant. Tous les deux mois, il fallait remplir le bateau de tubes à essai, de réactifs, de disques durs... Tout le matériel nécessaire au fonctionnement d’un laboratoire. Les équipes repartaient avec 2.000 échantillons pour rejoindre les laboratoires concernés. Certains échantillons devaient être à - 180ºC, certains à - 20º, d’autres à+4º. Il fallait des autorisations de sortie du territoire pour tous les échantillons.

Avez-vous déjà des résultats sur l’analyse de ces échantillonnages ?
Il faudra une dizaine d’années pour dépouiller toutes les données. Le gros du travail sera fait en trois ou quatre ans. Mais on a déjà appris que 90% des micro-organismes observés n’étaient pas connus. On a pris conscience de notre ignorance. On ne sait pas comment vit le plancton. Ça veut dire qu’on ne sait pas ce qu’il y a dans l’eau, comment ça fonctionne. C’est un champ d’exploration incroyable.

Vous souvenez-vous de moments particulièrement difficiles ?
(ndlr. Sans une hésitation) Fukushima ! Ça nous a fait revoir complètement le programme de l’expédition. On était au Chili le 11mars 2011 quand le tremblement de terre a eu lieu. L’étape suivante était au japon. C’est arrivé au moment où on devait faire les autorisations. Il y avait une telle incertitude. On n’a pas voulu prendre le risque d’y aller. On a dû changer le parcours de l’expédition, qui, du coup, a été raccourcie. On a abandonné l’Asie du Sud-Est. On a remonté le pacifique Nord, passé le canal de Panama pour rejoindre l’Atlantique. On a tout changé et cela a demandé beaucoup d’efforts.

Tout au long de cette navigation autour du monde, y a-t-il eu de grosses surprises, ou de vraies découvertes ?
Le choc, cela a été de découvrir une concentration de plastiques dans la péninsule antarctique, loin de toute présence humaine. Il y en a autant qu’ailleurs. Le plus décourageant, c’est qu’on n’y peut rien. On ne peut que constater et déplorer.

Le blues du retour ?
Non, on est content de rentrer. Et puis l’aventure continue. C’est la fin de cette phase de collecte et le début de la seconde phase en laboratoire, tout aussi excitante. Et puis on se projette déjà dans le futur. On va participer au sommet de Rio, du 13 au 22juin 2012. On va proposer un agenda de rencontres, de débats, d’expositions de films et d’activités éducatives. Le but étant d’informer et de mobiliser le grand public sur les questions liées à l’océan.

Quel est le programme du bateau après son retour ?
Il va d’abord y avoir la fête à Lorient le 31. Le bateau va ensuite rester à Lorient quelque temps, pour des actions avec les scolaires. Mi-avril, il sera mis au sec, sur l’aire de réparation navale. Cet été, on sera à Brest pour les fêtes de Tonnerre de Brest, puis à l’automne, on remontera la Seine, jusqu’à Paris. En 2013, nous prévoyons de retourner en Arctique et mettre à profit notre expérience sur la collecte des échantillons. Ensuite, on pense repartir sur une expédition autour des massifs coraliens. Mais il faut trouver des fonds et à l’heure actuelle, ça n’est pas simple. Il faut beaucoup d’opiniâtreté.



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