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Tara-Océans réussi sa traversée à haut risque de la banquise

Dernière mise à jour le jeudi 5 septembre 2013

Article paru
sur le site "Global local" - Août 2013
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La goélette océanographique est partie le 19 mai de Lorient pour réaliser en sept mois un tour complet de l’océan glacial arctique.

PASSAGE RÉUSSI. Après 72 heures de navigation à hauts risques dans le détroit Vilkitski, à l’extrémité septentrionale de la Sibérie Orientale, qui commande le fameux passage du Nord-Est entre Atlantique et Pacifique en Arctique, la goélette océanographique française Tara a triomphé de la banquise en débâcle.

Tara, ce deux mâts de 36 mètres à la coque d’aluminium, est le premier voilier cette année à franchir ce goulet d’étranglement au large du cap Tchéliouskine, encore envahi en partie par les glaces à la fin du mois d’août, et ce sans l’aide d’un brise-glace russe qui a joué les Arlésiennes depuis une semaine.

"Nous attendions depuis une semaine, bloqués à l’entrée du détroit, avec des cartes satellitaires de glace aussi contradictoires les unes que les autres, a raconté à l’AFP par téléphone le capitaine de Tara, Loïc Valette. Dimanche, la débâcle a semblé s’accentuer. J’ai donné l’ordre de mise en route."

La goélette océanographique, partie le 19 mai de Lorient pour la mission Tara Océans Polar circle, veut réaliser en sept mois un tour complet de l’océan glacial arctique par les passages du Nord-Est (Russie) et Nord-Ouest (Canada) afin d’étudier les écosystèmes planctoniques dans les plus hautes latitudes.
Naviguer au milieu d’un champ de mines glacées

Les sept marins et sept scientifiques à bord rongeaient leur frein depuis la mi-août, bloqués en eau libre devant le détroit toujours bloqué par la glace. Au fil des jours, la mission même prenait de la gîte.

CIRCUMNAVIGATION. "Le temps qui nous est imparti pour cette circumnavigation est compté avant la reformation de la banquise d’hiver à l’automne, au moment de franchir le passage du Nord-Ouest, dans les confins du Grand Nord canadien", a souligné de son côté Romain Troublé, le directeur de Tara Expéditions.

De fait, c’est dans un champ de mines glacées que Tara a engagé son étrave dimanche, et Loïc Valette, jeune capitaine au long cours, vient de vivre l’une des plus exaltantes navigations de sa carrière. "Nous étions seuls avec la nature. Comme au temps de la marine en bois. Nous ne pouvions compter que sur nos propres forces et notre faculté d’analyse de visu de l’état de la mer et de la glace", a expliqué le marin à l’AFP.
La corne de brume pour saluer le passage du cap Tchéliouskine

"Pendant 72 heures, nous nous sommes relayés sans relâche, a précisé Loïc Valette. Un homme dans la timonerie, un autre à la proue auscultant l’état de la mer et indiquant les passages entre les plaques dérivantes et les icebergs, un troisième dans le nid de pie en haut des mâts de 27 m.

Dans le jour permanent et diaphane de l’été boréal, on a vu tous les types de glace en Arctique et slalomé entre des plaques aussi lourdes que le bateau, des growlers (énormes glaçons voguant de plusieurs tonnes, ndlr), et des résidus agglomérés qui venaient heurter avec force la coque de Tara."

À 6 ou 7 noeuds (12 km/h), la goélette dont les flancs résonnent encore des impacts sur sa coque a passé le fameux cap Tchéliouskine à l’aube mardi 27 août, dans un brouillard épais laissant à peine deviner le dessin de sa côte. Tout l’équipage fut alors réveillé par la puissante corne de brume, activée pour saluer la performance.

PLANCTON. Tara vogue maintenant en eau libre vers sa prochaine escale russe, Pevek, avant le détroit de Bering, puis l’Alaska. Et les scientifiques du bord ont repris leurs instruments d’échantillonnage du plancton.

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