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« Tara », l’exploratrice, en escale sur la Garonne

Dernière mise à jour le vendredi 5 avril 2013

Article paru
sur le site "SudOuest" - 03 Avril 2013
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Elle est arrivée discrètement. « Tara », avec sa coque claire en aluminium et ses deux mâts de 27 mètres, est passée lundi sous le pont Jacques-Chaban-Delmas dans le sillage du paquebot « Astor ». Elle avait attendu un peu dans l’estuaire pour profiter du levage du pont. Depuis, le navire scientifique, propriété d’Agnès B., est amarré au ponton Richelieu. Les écoliers bordelais, cette semaine, et le grand public, samedi et dimanche (1), pourront le visiter.

Les 400 mètres carrés de voiles sont repliés, mais un vent d’ouest frais balaye le pont, long de 36 mètres. Il en faut plus pour décourager les cinq membres d’équipage, habitués à des situations plus glaciales. En témoigne la photo polaire de « Tara », recouverte de givre, qui est encadrée dans le carré, non loin d’une carte de l’Arctique.

La beauté du plancton

La goélette « Tara » fait escale à Bordeaux entre deux missions scientifiques. Elle est rentrée il y a un an à Lorient, son port d’attache, après plus d’une année à observer le plancton, les bactéries, les algues et les micro-organismes dans les mers du globe et à chercher à comprendre leur interaction avec le milieu marin. « Une expédition de 507 jours et 34 pays », résume Romain Troublé, secrétaire général de Tara expéditions.

À son bord, se trouvaient sept scientifiques. Leur rôle : effectuer des prélèvements, commencer à les étudier grâce aux équipements embarqués (microscopes, matériel informatique, cytomètre, spectromètre optique…), les photographier, les stocker pour les analyser ensuite dans des laboratoires.

Emmanuel Reynaud est le coordinateur scientifique et le spécialiste de l’imagerie.

Son travail relève autant de la science que de l’art, par la diversité, la forme, les couleurs des micro-organismes marins. Leur fragilité aussi. Romain Troublé et Emmanuel Reynaud en ont parlé hier à Alain Juppé, venu à bord du « Tara » avec Stephan Delaux et Anne Walrick, adjoints au tourisme et au développement durable.

En attendant l’Arctique

« Avec l’acidification des océans, est-ce que les organismes marins pourront continuer à générer leur calcaire ? » s’est interrogé Romain Troublé. La volonté humaine d’exploiter des matières premières au fond des océans aura-t-elle des conséquences sur la flore et la faune ? Pour répondre à ces questions, « Tara » doit poursuivre ses missions scientifiques. En mai, quand le passage par le nord-est sera libéré, le bateau fera le tour de l’Arctique. Un périple de 10 000 kilomètres.

À l’opposé de la coque métallique, l’intérieur de la goélette vit dans la douceur et les boiseries. Outre les équipements de navigation et le matériel scientifique, « Tara » possède de quoi assurer quatre mois d’autonomie à ses 14 marins et chercheurs : installation de dessalinisation de l’eau, congélateurs, mais aussi livres, DVD et jeux pour les loisirs.

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