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Toujours inquiétant sauf pour le hareng

Dernière mise à jour le mardi 21 février 2012

Article paru sur le site "La semaine dans le Boulonnais" - Mercredi 15 Février 2012
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Toujours inquiétant sauf pour le hareng

A peine rentré de sa campagne de prélèvements aux fins de mieux cerner l’état des stocks de poisson en Manche-Mer du Nord, le navire la Thalassa de l’Ifremer a communiqué ses premiers résultats préliminaires.

Amarré au bassin Loubet depuis quelques heures, l’imposant et majestueux navire scientifique de l’Ifremer, la Thalassa, a tenu - comme il le fait ces dernières années - à communiquer ses premiers résultats, fruit d’un mois de prélèvements en différents points de la Manche orientale - Mer du Nord.

Parti de Brest le 13 janvier, la Thalassa est peu à peu remontée vers le Nord, a franchi le détroit du Pas-de-Calais pour terminer sa campagne au large de l’Ecosse et de l’Allemagne. Comme lui, six autres navires scientifiques de tous les "Etats" concernés (France, Angleterre, Ecosse, Pays-Bas, Norvège, Suède, Allemagne) ont effectué les mêmes opérations, dans le cadre du programme IBTS, coordonné par le Conseil International pour l’Exploration de la Mer (CIEM), groupe d’experts scientifiques qui rend des avis sur les principales espèces de poissons commercialisées, et dont s’inspire la Commission européenne de Bruxelles pour présenter ses TACs et quotas.

Les premiers résultats, (avec toute la prudence scientifique qui s’impose), semblent confirmer certaines tendances affichées ces dernières années sur l’état de la ressource. « Depuis deux ans, nous constatons de bons recrutements pour le hareng et le sprat. C’est visiblement encore le cas pour cette campagne, en particulier pour le sprat », commente Yves Vérin, responsable du laboratoire ressources halieutiques de Boulogne. Qui ajoute : « Pour les autres espèces (ndlr : notamment le cabillaud, le merlan et l’églefin), nous sommes toujours sur la corde raide. »

Un intrus... qui a disparu

L’année dernière, à l’occasion des résultats de cette même campagne, les scientifiques révélaient qu’un organisme gélatineux (de son nom latin Mnemiopsis Leidyi) en provenance du golfe du Mexique avait fait son apparition en Mer du Nord, et qu’il « avait potentiellement un impact sur le zooplancton, ainsi que les oeufs et larves de poisson. » Un impact négatif, évidemment. Déjà observé en mer Noire, il pourrait être responsable de la raréfaction de l’anchois dans cette partie des eaux de la planète.

Il serait apparu dans nos mers via le ballastage des navires de commerce qui sillonnent les océans du globe.

La présence de cet organisme était alors jugée très importante en Mer du Nord, de la Belgique jusqu’au Danemark. « Notre littoral est encore peu impacté mais il pourrait l’être, nous confiait alors Elvire Antajan, chercheur au laboratoire Environnement ressources. Pour l’heure, nous n’enregistrons que quelques individus sur Gravelines-Dunkerque. Mais à quelques kilomètres de là, le port de Zeebrugge est lui littéralement infesté. C’est inquiétant, car c’est une zone frayère très connue. » Ifremer a donc mis sur pied une étude (largement financée par la Région) pour appréhender le phénomène.

Parallèlement à la mission classique de la Thalassa, le navire de l’Ifremer a donc embarqué des spécialistes pour mieux cibler cette intrusion. « Bizarrement, aucune trace de cet organisme n’a été observé lors de la campagne de la Thalassa », ont indiqué les scientifiques. Une bonne nouvelle, finalement, qui doit encore être confirmée. L’hiver très doux (avant la récente vague de froid qui frappe l’Europe), pourrait être une des explications. « L’an dernier, on trouvait cet organisme gélatineux dans des eaux à 2-3 degrés, contre 7 cette année. Nous observons en revanche d’autres organismes du même type en relative abondance, de type méduse. »

Stéphane DANGER

« Hormis pour le hareng et le sprat, nous sommes toujours sur la corde raide »,
Yves Vérin, scientifique



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