14 mai : Mission terminée pour le satellite européen Envisat14 mai : Ostréiculture : l’heure de la relève en Basse-Normandie14 mai : Pêche à pied. Enquête en Baie de Morlaix14 mai : Paimpol. Enquête sur l’exploitation du sable coquillier de la Horaine14 mai : Pêche. L’étau se resserre sur SOS petite Mer de Gâvres19 avril : Le Parc national des Calanques voit officiellement le jour19 avril : L’épave de La Lune « révélée » par l’Ifremer19 avril : A la découverte du "continent de plastique"19 avril : Eolien offshore. La production électrique démarrera en 2018 en Baie de Saint-Brieuc19 avril : La Thalassa vendue à un ferrailleur du Havre19 avril : Jean-Louis Etienne prépare sa prochaine expédition19 avril : Pollution. Cap sur le « continent plastique »19 avril : Ostréiculture : pour apprécier l’huître à sa juste valeur19 avril : Ostréiculture : la génétique pour sortir de la crise19 avril : Des tonnes de boues rejetées au large de Deauville19 avril : Les eaux de la Méditerranée sont globalement de bonne qualité !18 avril : Titanic : "Vingt-cinq ans après, j’en ai encore le frisson"18 avril : La promesse de l’algue18 avril : Arcachon : les huîtres et coquillages interdits de consommation18 avril : Les fonds marins à nodules seraient très sensibles à une exploitation minière18 avril : Bassin d’Arcachon : les huîtres, les moules et les palourdes interdites à la vente18 avril : Le juste prix de l’huître18 avril : Les forages pétroliers en Méditerranée coulés ?17 avril : Ephémère alerte au tsunami dans l’océan Indien après un très fort séisme17 avril : Sécurité sanitaire : l’Anses et l’InVS signent un accord cadre de coopération17 avril : Changement climatique : Le Titanic rencontrerait-il davantage d’icebergs aujourd’hui ?11 avril : Station biologique de Roscoff. L’Europe cofinance Marinexus11 avril : Tara Oceans : « Nous avons maintenant un trésor dans les bras »11 avril : Fukushima : les rejets en mer dilués par les courants11 avril : Le Sea Orbiter, c’est pour bientôt11 avril : Quatre années de surmortalité11 avril : Cent ans après le naufrage, le Titanic fascine encore11 avril : EDF et Alstom vont régner sur l’éolien offshore en France, GDF Suez recalé11 avril : Brest se revendique capitale européenne de la biodiversité11 avril : Brest. Océanopolis : plongée au coeur des abysses11 avril : Des parcs à prix d’or11 avril : Océanopolis ou la porte des abysses11 avril : Le "Titanic" attend son nouveau capitaine11 avril : Arcachon : les huîtres non consommables11 avril : A Brest, Océanopolis ouvre les portes des abysses11 avril : Grande marée. Combien de pêcheurs à pied ?11 avril : Premier comptage des pêcheurs à pied sur le littoral de la Manche11 avril : L’Ifremer semble décidé à mettre plus de moyens11 avril : Le merlu de ligne local a besoin de se démarquer11 avril : Décision "imminente" sur l’appel d’offre des éoliennes en mer11 avril : En Corse, les oursins sont menacés10 avril : Tara Océans : un succès qui pose questions10 avril : Grand nettoyage de printemps dans la rade de Toulon cette semaine10 avril : Algues vertes. La Bretagne soigne son image10 avril : Stéphane Latxague : « Nous pouvons tous agir ! »10 avril : Dans le Golfe du Mexique, les dauphins et les coraux font toujours les frais de la marée noire de 20104 avril : Milliardaires : le sous-marin, dernier joujou à la mode4 avril : Eric Karsenti : « Il faut faire attention à la mer »4 avril : Mer du Nord : comment colmater la fuite ?4 avril : L’eau de Méditerranée s’améliore avec le temps4 avril : Les pêcheurs européens unis contre la politique « du zéro rejet »4 avril : Tara. Des planctons aux pontons4 avril : Tara. Le regard des scientifiques sur l’aventure4 avril : Grenelle de la mer. Les élus bretons désignés4 avril : Le Canada empêchera le bateau fantôme de s’échouer sur ses côtes4 avril : Le robinet d’eau froide de l’Antarctique serait fermé !4 avril : Un navire de l’Ifremer part surveiller la Méditerranée4 avril : Le Grenelle de la mer en vitesse de croisière4 avril : Baie de paimpol. La pêche à la coquille Saint-Jacques s’arrête un mois plus tôt3 avril : James Cameron atteint le fond de la fosse des Mariannes3 avril : Campagne BIONOD : les champs de nodules à l’étude dans le Pacifique nord-est
Accueil du site > Actualités de la mer > Un naissain famélique

Un naissain famélique

Dernière mise à jour le mardi 21 février 2012

Article paru sur le site "Sud-Ouest" - Lundi 20 Février 2012
Visualiser l’article original



Un naissain famélique

sabelle Auby et Danièle Maurer, chercheuses à Ifremer, ne comprennent pas pourquoi les huîtres du bassin d’Arcachon pondent aussi peu depuis maintenant quelques années.

Ces parcs sont tristes à mourir : les tuiles sont vides, ou presque. Depuis quatre ans, le bassin d’Arcachon n’est plus la plus grande nurserie d’Europe. Alors que plusieurs milliers de petites huîtres se collent sur les collecteurs lors d’une année médiane, les ostréiculteurs n’en trouvent que quelques dizaines en 2011.

Que se passe-t-il ? C’est la question à laquelle les chercheurs de la station d’Ifremer (Institut français de recherche pour l’exploitation de la mer) d’Arcachon qui surveillent le captage dans le Bassin tentent actuellement de répondre.


Une lettre au Pdg

À la demande d’Olivier Laban, président des ostréiculteurs du Bassin, Michel Sammarcelli, président du Syndicat intercommunal du bassin d’Arcachon (Siba) a envoyé un courrier à Jean-Yves Perrot, le Pdg d’Ifremer pour l’interpeller sur les moyens à mettre en œuvre au sein de la station Ifremer d’Arcachon pour diagnostiquer les huîtres du Bassin : « Or, si on ne peut que saluer le travail de cette équipe, force est de constater qu’elle ne possède pas les moyens humains ni techniques susceptibles de répondre à cette préoccupation. Les communes sont prêtes à participer au financement des investigations complémentaires, mais c’est le savoir-faire de vos équipes qui est plébiscité à nouveau. En conséquence, je vous demanderais de bien vouloir nous faire savoir de quelle manière votre établissement pourrait s’investir dans cet énigmatique dossier, au-delà duquel la pérennité d’activités économiques ancestrales et des services connexes semble compromise. »


1 Le modèle des années 1999-2003

Les deux chercheuses arcachonnaises Isabelle Auby et Danièle Maurer ont publié en 2004 une « étude de la reproduction de l’huître creuse dans le bassin d’Arcachon » sur les années 1999 à 2003 (1). En effet, on ne trouvait en 1998 que 46 naissains par tuile.

Elles ont dégagé de cette étude un modèle pour appréhender le captage sur le Bassin. Il combine l’intensité des pontes et la survie des larves avec la température de l’eau. Peu de pontes et maigre survie donnent un petit captage. Peu de pontes et excellente survie donnent un captage moyen. Grosse ponte et bonne survie donnent un captage excellent, etc.

C’est à travers le prisme de ce modèle qu’elles ont travaillé sur plusieurs pistes : température, salinité, maladies, stock de géniteurs et leur localisation, contaminant perturbant la ponte ou la survie, nourriture disponible.

2 L’importance de la température

Tandis que la salinité n’a aucun impact, la température de l’eau joue un rôle primordial dans la survie des larves pondues. « Plus l’eau est chaude et meilleure est la survie. » Parce que les larves sont dans des conditions optimales pour se développer. Elles grandissent plus vite et se fixent plus rapidement sur les collecteurs (en moins de 15 jours si la température est haute), ce qui limite la dispersion vers l’océan. Enfin, elles sont moins attaquées par les prédateurs.

La chute brutale de la température en juillet 2011 a ainsi décimé les larves du Bassin. « La survie des larves est primordiale pour avoir un captage au moins correct, insiste Danièle Maurer. Or, la météo est plus instable qu’avant. Et c’est un facteur qu’on ne maîtrise pas. »

D’accord, mais alors pourquoi cette survie a-t-elle été bien meilleure à Marennes-Oléron où les conditions climatiques ont pourtant été les mêmes ? « L’inertie thermique y est plus forte qu’à Arcachon. Les volumes d’eau ne sont pas les mêmes. La chute de la température se répercute donc plus brutalement à Arcachon qu’à Marennes-Oléron. » Il faut des températures d’eau chaudes en été pour que les larves survivent. Surtout au moment où les larves sont de moins en moins nombreuses…

3 Y a-t-il assez de géniteurs ?

Les huîtres pondent moins. Leur effort de reproduction est plus faible qu’avant alors même que les huîtres du Bassin étaient celles qui, naguère, pondaient le plus.

Reste à savoir pourquoi. Y a-t-il assez de géniteurs dans le Bassin ? L’abandon de l’ostréiculture dans les hauts du Bassin pose-t-elle problème ? Le stock d’huîtres a-t-il diminué ? Globalement, le stock n’a pas trop bougé. On trouve dans le Bassin un peu plus de 65 000 tonnes d’huîtres sauvages et 16 600 tonnes d’huîtres d’élevage. Mais les sauvages pondent moins que les huîtres d’élevage et 30 % des huîtres d’élevage sont ici des triploïdes (c’est-à-dire stériles). À cela s’ajoutent les mortalités massives (jusqu’à 70 % d’une génération chaque année) des huîtres juvéniles dues à un herpès virus. « Ce qui est sûr, c’est que le stock d’huîtres d’élevage reproductrices a baissé. On peut donc s’interroger. »

Au printemps 2010, 150 tonnes d’huîtres mères bretonnes ont été plongées dans le Bassin afin d’enrayer la baisse du naissain. La conséquence n’a pas été significative.

4 Ont-elles assez de nourriture ?

Les deux chercheuses se sont intéressées à la nourriture disponible dans le Bassin. Plus les huîtres ont à manger, plus elles se développent et plus elles pondent, logique, non ? Certes. « Sauf que depuis quelques années, constate Isabelle Auby, qu’il y ait beaucoup ou peu de nourriture, la quantité de larves est faible. » En 2007, la nourriture du Bassin était pauvre, en 2011, elle était importante et le résultat est le même : de faibles pontes.

La qualité de cette nourriture est-elle en cause ? « Nous en discutons, avoue Danièle Maurer. Nous n’avons pas de réponse claire. C’est une hypothèse et il faut être prudent. » Isabelle Auby objecte en effet que le suivi du phytoplancton démontre que les mêmes espèces qu’avant circulent dans le Bassin. Mais les huîtres semblent néanmoins moins matures qu’avant.

5 L’intensité des pontes en cause

Les huîtres d’Arcachon pondent moins et plus tard. « Et on ne sait pourquoi, avoue Danièle Maurer. Avant, nous observions des pontes massives début juillet. Et maintenant, ces pontes ont lieu fin juillet. C’est un phénomène nouveau. » Pire, souvent, elles pondent partiellement. « En effet, les pontes ne sont pas complètes. Les huîtres ne lâchent pas tout alors qu’avant elles se vidaient complètement. Pourquoi ? On ne sait pas. »

Autre élément avancé par les deux chercheuses sur les éventuels problèmes de fécondité, l’importance du synchronisme des pontes démontré par Ismaël Bernard dans sa thèse publiée en 2011 : plus les huîtres pondent en même temps, plus le nombre initial de larves est élevé et plus le captage qui en résulte sera important.

Les chercheuses se posent des questions et n’arrivent pour le moment pas à y répondre : « L’exploitation des données provenant d’autres sites de captage (Marennes-Oléron, Baie de Bourgneuf, Rade de Brest), dans le cadre du programme national Velyger permettra, dans les prochaines années, de mieux répondre. »

En tout cas, leur modèle, dont nous parlons plus haut, permet d’insister sur un point : puisque les pontes sont peu importantes, le volume du captage des naissains se joue par conséquent quasi uniquement sur la survie des larves, d’où l’extrême importance d’une météo favorable sitôt après les pontes.

(1) Les rapports sont disponibles sur le site archimer.ifremer.fr



Suivre la vie du site RSS 2.0 | Contacts | Qui suis-je ? | Remerciements | Plan du site | SPIP