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Un nouvel écolabel français pour une pêche durable

Dernière mise à jour le mardi 21 février 2012

Article paru sur le site "Bioaddict" - Mercredi 15 Février 2012
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Un nouvel écolabel français pour une pêche durable

Un nouvel écolabel attribué aux entreprises de pêche, de commercialisation, de transformation et de distribution de la filière des produits issus de la pêche devrait bientôt voir le jour, d’après un décret paru le 28 janvier dernier. Qu’est ce que cela va changer pour le consommateur, et les océans ?

Le public est de plus en plus sensible et attentif aux problèmes de surpêche. Depuis le guide précurseur de la FAO qui dictait dès 1995 un " code de conduite pour une pêche responsable ", scientifiques et ONG n’ont eu de cesse de mettre en garde les consommateurs contre l’épuisement des ressources halieutiques. En 2006, Greenpeace publiait son célèbre guide " Et ta mer, t’y penses " , puis en 2010, "Mr. Goodfish " lancé par le Réseau Océan Mondial, conseillait le consommateur sur son site Internet en fournissant une liste des poissons à éviter et de ceux à privilégier, en fonction de la saison.

Une labellisation qui concerne chaque étape de production

Le label bio ne pouvant s’appliquer dans le cas de l’élevage des poissons (en raison de la difficulté de maîtriser les seuils de pollution de l’eau), de nombreux écolabels ont vu le jour, qu’il s’agisse de Naturland, Friend of the Sea, MSC, Fair fish, Dolfin Safe, Ecofish ou encore FishWise. Bien qu’il ait aussi été critiqué, le label qui respecte l’ensemble des préconisations de la FAO est le MSC (Marine Stewardship Council), déjà évoqué dans de précédents articles. Mais un nouvel écolabel français va peut-être voir le jour et voler la vedette au "célèbre" MSC.

En effet, un décret peu médiatisé paru le 28 janvier au Journal Officiel, confirme la création d’un nouvel écolabel, prévu dans la loi Grenelle 2. Ce décret fixe surtout les modalités d’élaboration, de révision et d’homologation du référentiel de ce futur écolabel, a précisé le ministère de l’Agriculture. D’après lui, la certification des produits au niveau de l’unité de production garantira " le respect des critères de la pêche durable relatifs à la préservation de la ressource et de l’écosystème marins, aux conditions de travail et de vie à bord des marins, à la traçabilité et à la qualité des produits ". La certification des produits au niveau de la chaîne de commercialisation garantira " la traçabilité des produits certifiés et la qualité des produits vivants, frais, réfrigérés jusqu’à leur vente au consommateur final. " Le consommateur pourra consulter le référentiel et le plan contrôle du label sur le site d’AgriMer."

Qu’est ce qui va changer  ?

Tant que le décret n’est pas appliqué, difficile à dire. Ce qui est certain, c’est que les pêcheurs et les grandes marques de poisson n’ont pas attendu ce décret pour agir en faveur d’une pêche responsable. Le Comité National des Pêches Maritimes et des Elevages Marins CNPMEM, qui réunit les professionnels du secteur, a lui-même définit quatre niveaux de pêcherie : la pêche illégale/non déclarée/non réglementée (IUU), la pêche légale, la pêche responsable et la pêche écolabellisée. Selon le Comité " les pêcheries doivent diriger leurs efforts de manière à progresser vers le haut, sachant que toutes ne pourront pas prétendre à un écolabel (il faut notamment prendre en compte la situation du stock, qui subit de fortes influences des facteurs environnementaux) ". Une charte a d’ailleurs été signée en 2008 entre le CNPMEM et d’autres grands acteurs de la filière de la pêche française pour encourager l’écolabellisation de dix pêcheries françaises.

Du côté des entreprises, plusieurs enseignes proposent des produits issus de filières durables, avec leurs propres armements, filières et logos. Des entreprises de transformation comme Findus utilisent ainsi des produits écolabellisés ou issus de pêche responsable au travers de la gamme " Findus s’engage : Respect des ressources marines ".

Réforme de la PCP : une solution plus durable

Mais ces efforts restent insuffisants aux yeux des organisations de défense de l’environnement, qui estiment que l’action prioritaire réside dans une réforme de la Politique Commune de Pêche, taxée d’inefficacité. Une réforme qui permettrait de repenser les quotas de prises et la politique de subventions aux pêcheurs, ou encore, d’interdire des pratiques de pêche destructrices comme les filets dérivants ou le chalutage de fond. Pour Isabelle Philippe, porte-parole de Greenpeace sur les questions de pêche durable, "Un nouveau label peut ajouter à la confusion du consommateur, d’autant que nous ne tombons pas forcément d’accord sur la définition de ce qu’est une "pêcherie durable". (...) La réforme de la PCP est une démarche qui semble aujourd’hui prioritaire pour mettre fin au gaspillage des ressources marines et favoriser les pêcheries artisanales".

Une réforme d’autant plus pressante que la consommation de poisson dans le monde ne cesse d’augmenter. De plus, les décideurs politiques européens ne peuvent ignorer le gain financier que représenterait le renouvellement des stocks de poisson. C’est en effet ce qu’a cherché à démontrer un groupe d’économistes de la News Economics Foundation (NEF) : ils ont calculé que la restauration de 43 des 150 stocks européens de poissons pourrait rapporter 1,8 milliard d’euros supplémentaires chaque année et créer quelque 83 000 emplois au sein de l’Union Européenne (UE). D’où l’intitulé de l’étude, " Jobs Lost at Sea ", que l’on pourrait traduire de la façon suivante : " Des emplois jetés à la mer "... La préservation des écosystèmes marins, c’est aussi ça l’économie verte !

Olivia Montero



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