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Un tour de l’Arctique à la voile et pour la science

Dernière mise à jour le vendredi 18 octobre 2013

Article paru
sur le site "Figaro Nautisme" - 01 octobre 2013
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Mardi 15 octobre 2013 à 11h57

Mots clés : Tara , expédition , arctique , Eric Karsenti , Romain Troublé , glaces , Canada , Sibérie , passage Bellot
Par Figaro Nautisme

La boucle est bouclée. L’équipage de la goélette scientifique Tara vient de clore avec succès cinq mois d’épopée scientifique dans le grand nord.

Tara dans le passage Bellot au Canada. Crédits photo : V.Hilaire / Tara Expéditions

Le deux-mâts Tara est parti le 19 mai dernier de Lorient pour un tour de l’océan Arctique. Sa mission était simple : recueillir du plancton tout au long du parcours pour étudier l’évolution du climat et de la biosphère. Et pourtant, il s’agissait d’une première. Jamais une équipe scientifique n’avait eu l’occasion de réaliser une étude d’une seule traite autour de l’Arctique. Or cet été, le voilier de 36 mètres a réussi à boucler son tour de l’océan polaire - en passant par les passages du Nord-Est, au-dessus de la Sibérie, et du Nord-Ouest, à l’extrême nord du Canada – en ponctuant sa navigation de 17 longues stations scientifiques en bordure de banquise. 4.000 échantillons de plancton sont désormais stockés à bord et ils seront envoyés aux quatre coins du monde pour être étudiés par les meilleurs scientifiques. Cette mission a été rendue possible par une coopération totale entre les marins et les scientifiques. Les uns donnant un coup de main lors de la mise à l’eau du matériel et les autres montant à la passerelle à l’occasion. Lors des escales, tout le monde présente le projet scientifique au public, les marins comme les biologistes ou les océanographes.

Plus de glaçons que prévu

Pour le directeur scientifique de l’expédition, Eric Karsenti, l’étude des écosystèmes marins et de la chaîne planctonique dans les plus hautes latitudes est un "plein succès" en dépit des conditions météorologiques très difficiles. Cet été, la banquise a moins fondu que ce que les scientifiques redoutaient. Elle affichait, à son plus bas niveau, à la mi-septembre, une superficie de 5,1 millions de km2, contre 3,4 millions l’année précédente. Tara s’est donc heurtée à des conditions de navigation "limites". Dans la glace d’abord persistante au début de la mission en août dans le passage du Nord-Est, puis dans la jeune glace rapidement reformée début octobre dans le passage du Nord-Ouest. Mais Tara, avec sa coque arrondie en aluminium, l’expérience de l’équipage du capitaine Loïc Vallette, et l’aide ponctuelle d’un brise-glace, a surmonté les obstacles et navigué au milieu des icebergs et des plaques de glace dérivantes par une température atteignant parfois les -8°C. Grâce au poisson-pilote canadien venu en renfort sur le passage du Nord-Ouest, Tara a pu passer une barrière de 100 kilomètres recouverte à 95% de 15 centimètres de glace, en une demi-journée seulement. "Tout le matériel scientifique qui gelait a tenu bon grâce à un système de réchauffement élaboré spécialement, se félicite Eric Karsenti. Nous avons pu mener à bien l’ensemble de notre mission, au-delà de nos espérances avec une demi-douzaine de stations de prélèvements supplémentaires à celles prévues au minimum sur le papier".

L’expédition met un point final à la mission Tara-Océans d’étude des micro-organismes marins, opérée par la goélette entre 2009 et 2012 sur tous les océans du monde, excepté à l’époque l’océan polaire.

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