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Une bouée intelligente pour comprendre la mer

Dernière mise à jour le mardi 21 février 2012

Article paru sur le site "Midi Libre" - Vendredi 17 Février 2012
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Une bouée intelligente pour comprendre la mer

OLIVIER SCHLAMA

Huit mètres de haut pour huit tonnes d’instruments de mesures capables de radiographier toute la biodiversité : la future bouée intelligente est une première mondiale. Elle est mise au point par une équipe de six chercheurs du bureau d’études Biotope, à Mèze (Hérault), associés à leurs homologues d’Ifremer, de l’IRD et de la société d’instruments NKE.

Siméo (Station instrumentale monitoring écologique dans l’océan), bouée oblongue d’un mètre de diamètre, est destinée à mieux évaluer l’impact des éoliennes en mer sur les oiseaux, chauve-souris, poissons, cétacés et autres mammifères. Le prototype sera prêt dans six mois, la bouée définitive dans un an.

Arrêter les éoliennes pour sauver les chauves-souris

L’appel d’offres du gouvernement pour de gigantesques parcs éoliens, notamment sur la façade atlantique, dope le secteur qui représente déjà 2 milliards d’euros de chiffre d’affaires et 60 000 salariés. Les promoteurs de ces parcs doivent prouver que leurs “ventilateurs” géants font le moins de dégâts possibles. D’où l’idée de cette bouée. "Etanche et bénéficiant de trois mois d’autonomie grâce à une pile à combustible, elle emportera des systèmes vidéo pour suivre les déplacements d’animaux et des outils acoustiques pour identifier sons et ultrasons des chauves-souris", explique Hubert Lagrange, responsable du service innovation.

Mais aussi des microprocesseurs lilliputiens, des instruments mesurant la salinité de l’eau, la température, des hydrophones pour enregistrer les sons sous-marins, etc. Et même un sonar pour évaluer la biomasse, ce qui évite de recourir au fastidieux comptage des espèces en bateau ou en avion.

Cette bouée est un redoutable couteau suisse : y prendra place un radar 3 D, là aussi une première mondiale, à 1 M€, soit un tiers des 3 M€ du projet. "Il est le seul à déterminer l’altitude des oiseaux et à reconnaître chaque espèce via leur battement d’ailes", précise Hubert Lagrange de Biotope, labellisée pôle de compétitivité Mer Bretagne et Paca.

Le but : faire cohabiter éoliennes et animaux marins.

Le but de cette radiographie : proposer des solutions de cohabitation. On sait déjà, par exemple, que les chauves-souris meurent à l’approche des pales d’éoliennes terrestres : leurs poumons éclatent à cause des zones de dépression générées. Ce sera sans doute le cas en mer. "A Saint-Martin- de-Crau, 700 chauves-souris étaient ainsi tuées chaque année. Désormais, les éoliennes sont à l’arrêt durant les heures où elles s’en approchent. Et ça marche : seulement 10 % de chauves-souris sont maintenant tuées pour une perte de production d’à peine 0,15 %", confie Hubert Lagrange.

Un aérogénérateur peut aussi avoir un effet positif : vrais récifs artificiels, ses fondations attireraient les bancs de poissons. Peut-être. Il faudra alors gérer la cohabitation avec les pêcheurs. Et là, il n’existe pas encore d’instrument de mesure.


Pas d’éolienne ici

EDF, GDF Suez, Iberdrola, associés à des industriels (Areva, Alstom, Vinci et Siemens) ont répondu à l’appel d’offres de l’État pour 600 éoliennes en mer d’ici 2015. Réponse avant la présidentielle. Pour l’heure, aucune des 120 machines ne verra le jour en Méditerranée, faute de « consensus politique » selon la ministre de l’Écologie et probable porte-parole du candidat Sarkozy. Même à gauche, où le refus est poli, à l’instar du vice-président de Région et maire de Gruissan, Didier Codorniou, qui veut un autre projet limitant les nuisances d’aérogénérateurs hauts de « 150 m, gênant la vie des oiseaux ». Il évoque, en test, des éoliennes inversées avec les pales sous l’eau...



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