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Une nappe phréatique géante découverte dans l’aride Kenya

Dernière mise à jour le mardi 7 janvier 2014

Article paru
sur le site "Le Figaro" - 01 Décembre 2013
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Quelque deux cents milliards de mètres cubes. Dans la zone très aride du nord du Kenya, la découverte d’un gigantesque gisement d’eau (l’un des plus grands d’Afrique) est une aubaine exceptionnelle. La nappe souterraine, qui s’étend sur une centaine de kilomètres, va permettre d’augmenter les réserves stratégiques en eau du pays : plus d’un tiers des 41 millions d’habitants n’a pas accès à de l’eau salubre. Mais dans un premier temps elle va alimenter les camps de réfugiés. Quelque 160.000 personnes vivent dans cette région déshéritée.

Cette exploration, menée sous l’égide de l’Unesco et de l’État kényan avec des financements japonais, ne doit absolument rien au hasard. Derrière ce travail se trouve un Français qui a mis au point un outil de détection quasi unique en son genre. Il permet de trouver l’eau des sous-sols, presque partout où il y en a. Rebaptisé par certains « sourcier des temps modernes », Alain Gachet vole aujourd’hui de mission en mission, tout particulièrement en Afrique, à la recherche de l’or bleu.

Les premiers pas professionnels de cet ingénieur des mines l’avaient tout naturellement dirigé vers la recherche de ­gisements de matière première, et très rapidement de pétrole, au profit des grandes compagnies mondiales. Elf est l’une d’entre elles. Alain Gachet fera de la prospection pour la société française durant une vingtaine d’années.

«  On va pouvoir trouver de l’eau partout dans le monde  »
Alain Gachet,

En 1990, la chute du mur de Berlin va donner une tout autre tournure à sa carrière. « Les données satellitaires de la Nasa » sont alors déclassifiées, raconte-t-il, et notamment les milliers d’images cartographiant la planète. Les Américains cherchaient à repérer des arsenaux militaires, mais ces photos vont surtout aider Alain Gachet, devenu consultant indépendant, dans sa recherche de pétrole. Avant de lui servir à trouver de l’eau. « En regardant des images de Tripoli, je me suis aperçu que l’on pouvait repérer des fuites d’eau dans les systèmes souterrains », raconte l’ingénieur. En 2002, sa religion est faite : il abandonne le pétrole et s’intéresse définitivement à l’eau.

« Les rayons des radars sont sensibles à l’humidité », explique-t-il. Des zones de brillance apparaissent sur les cartes, le seul inconvénient est que l’on peine à différencier l’eau de la roche. Et c’est là qu’intervient la technique particulière mise au point par Alain Gachet. Son système, qui répond au nom de Watex (water exploration), « intègre quatre types de mesures : des données de télédétection spatiale, de géologie, des données climatiques et sismiques. De la géophysique au sens large, dont on extrait une grille de probabilités sur l’existence ou non d’une nappe et la profondeur à laquelle elle se trouve ».

« On va pouvoir trouver de l’eau partout dans le monde », assure le spécia­liste

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