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Eolien. Le consortium Poweo EDF, Alstom se jette à l’eau

Dernière mise à jour le lundi 14 février 2011

Article paru sur le site "Le Télégramme" - Mardi 08 Février 2011
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Eolien. Le consortium Poweo EDF, Alstom se jette à l’eau

Deux milliards d’euros. C’est le ticket d’entrée pour se lancer dans l’éolien offshore dans la baie de Saint-Brieuc. Le corsortium, composé de Poweo, d’EDF EN et d’Alstom, est le premier à se jeter à l’eau.

Le marché de l’éolien ne brasse pas que du vent mais aussi beaucoup d’argent : jusqu’à deux milliards d’euros. C’est l’investissement que les consortiums devront mettre sur la table pour valider leur ticket d’entrée pour le seul site éolien offshore de la baie de Saint-Brieuc (500 mégawatts). A cette somme colossale, il faudra justifier d’environ 20% de fonds propres, soit près de 400MEUR. Un pactole loin d’être à la portée du premier investisseur venu. Depuis le feu vert de Nicolas Sarkozy à Saint-Nazaire (le 25janvier), l’éolien offshore n’est donc plus l’affaire des seuls développeurs. Dans cette bagarre à laquelle se livrent les géants de l’industrie, le consortium industriel exclusif, EDF Energies Nouvelles (EN) et Alstom, épaulés par le développeur Poweo, est le premier à se jeter à l’eau. « Nous serons candidats pour quatre des cinq sites propices. A Saint-Brieuc, ce groupe est le plus crédible et le mieux positionné au regard de l’appel d’offres. Notre ambition est de devenir un acteur majeur de l’éolien offshore en France », affirme Jean-Philippe Pagot, directeur régional de l’éolien en mer chez Poweo Energies renouvelables.

« Un atout décisif : la maîtrise du vent »

Premier atout : la solidité financière du groupe ainsi constitué. « Le plus cohérent à ce jour », justifie le directeur régional qui avance un autre argument de poids pour la baie de Saint-Brieuc : la maîtrise du vent. Le développeur revendique deux années de mesures dans le secteur du phare du Grand Léjon. Une donnée stratégique qui donne aujourd’hui au groupe « une longueur d’avance » sur la concurrence. Et peu importe si la zone retenue par l’Etat est finalement plus au Nord. « Le gisement de vent est plus important. On l’a déjà analysé. L’orientation des machines sera modifiée pour qu’elles ne se perturbent pas entre elles ». L’écart entre les lignes d’éoliennes est, en revanche, tenu secret. « La rentabilité du projet en dépend », comme la fixation du prix proposé par l’Etat dans l’appel d’offres : entre 105 et 160 EUR par Mwh. Sur les 180km² réservés à l’éolien dans la baie de Saint-Brieuc, le consortium prévoit d’en occuper seulement 90km². Le motif ? Des hauteurs d’eau (50 mètres) au Nord, trop contraignantes pour l’opérateur. « Au Sud, on ne veut pas empiéter sur des secteurs de pêche ».

Deux câbles vers la plage des Rosaires

La centaine d’éoliennes sera répartie entre 16 et 30km de la côte. Limitant ainsi les nuisances visuelles. « L’activité de pêche (bénéficiaire d’une taxe obligatoire de 2MEUR par an), sera possible. L’organisation du parc et l’ensouillage des câbles (proche du Flag Atlantique de télécommunication) seront réalisés de manière à minimiser les impacts sur tous les usages ». L’éloignement et la puissance du champ d’éoliennes rendront nécessaire la construction d’un transformateur en mer. Deux câbles de raccordement électrique en sortiront jusqu’à la plage des Rosaires. L’appel d’offres sera ouvert en mai prochain. Les premières pales devraient tourner en 2015. Le consortium espère désormais valoriser ses « 15.000heures de travail ». Le jeu en vaut la chandelle : la filière industrielle en devenir promet la création de 10.000 emplois à l’échelle de tous les appels d’offres nationaux.

Régis Nescop



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