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le Giec alerte sur les risques, mais les Etats trainent des pieds

Dernière mise à jour le mercredi 2 avril 2014

Article paru
sur le site "" - 00 mars 2014
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"La nature des risques liés aux changements climatiques est de plus en plus claire, bien que l’évolution du climat doive continuer à produire des surprises. (…) Les risques à venir imputables aux changements climatiques dépendent largement de l’ampleur de ces changements. Un réchauffement croissant augmente la probabilité d’incidences graves et généralisées pouvant être surprenantes voire irréversibles". Tel est le principal message du nouveau rapport du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (Giec) rendu public ce lundi 31 mars.

Néanmoins, peu d’éléments concrets se détachent de la synthèse de ce rapport, compte tenu de la variabilité régionale des phénomènes étudiés, mais aussi (et surtout ?) du travail minutieux des représentants des 195 Etats participant au Giec. Ces derniers ont, semble-t-il, fait leur possible pour expurger la synthèse finale des informations et graphiques les plus explicites…

Pendant une semaine, les experts du Giec et les représentants des Etats étaient réunis à Yokohama (Japon) pour conclure les travaux du deuxième groupe de travail (WG2) en charge d’évaluer les impacts des changements climatiques, la vulnérabilité et l’adaptation. Le résumé à l’attention des décideurs, qui synthétise en 44 pages les quelque 2.000 pages du rapport complet, remplace en tant que document de référence, son prédécesseur publié il y a sept ans. Il s’agit de la cinquième publication de ce rapport après celles de 1990, 1995, 2001 et 2007.

S’adapter sans attendre de subir

Si "le groupe permet de se faire une idée du climat futur", explique Hervé Le Treut, directeur de l’Institut Pierre-Simon Laplace, il ne propose pas de solutions d’adaptation toutes faites mais "une méthodologie, un guide". Contrairement au premier volume de ce cinquième rapport, il n’y a donc pas de grandes conclusions, mais plutôt une série d’observations des impacts actuels et à venir, ainsi que des exemples de stratégies d’adaptation qui varient selon les contextes locaux. En conséquence, pour la première fois le rapport est scindé en deux parties : une première partie générale et une seconde qui aborde les conséquences régionales par le biais de synthèses continentales.

Le rapport tente aussi de montrer la continuité entre le présent et le futur ainsi qu’entre les modifications naturelles des écosystèmes et les perturbations anthropiques. Il débute donc par le détail des observations actuelles, poursuit avec des projections en fonction des changements climatiques possibles d’ici à la fin du siècle et conclut avec les stratégies d’adaptation permettant d’améliorer la résilience des écosystèmes et des sociétés humaines.

Autre grande conclusion du rapport : l’adaptation incrémentale, c’est-à-dire l’adaptation marginale et dépendante des impacts ressentis, n’est pas idéale. Il faut plutôt envisager une adaptation globale, sans attendre d’être confronté aux premiers impacts.

Une synthèse très politique

Cependant, au-delà de ces quelques conclusion, le rapport est pauvre en données concrètes. Il faudra aller fouiller les 2.000 pages du rapport complet pour se faire une idée de ce qui attend l’humanité. En cause, le travail de certains Etats qui ne souhaitaient pas voir figurer dans le rapport de synthèse certaines conclusions du document principal.

Un exemple illustre parfaitement ce travail d’édulcoration du résumé effectué par les représentants des Etats participant au Giec. Le graphique synthétisant les impacts prévisibles (voir encadré) devait marquer par deux droites horizontales les seuils de +2°C et +4°C par rapport à l’ère industrielle. Les risques encourus au-delà d’une hausse de 2°C, soit la hausse sur laquelle la communauté internationale cherche à s’entendre, aurait alors été immédiatement visibles. Un tel graphique aurait alors tout eu du symbole synthétisant autant que faire se peut des centaines d’études. Mais lors des discussions entre Etats, deux camps se sont affrontés : les pays les plus menacés souhaitaient fixer le seuil bas à 1,5°C (soit l’objectif qu’ils souhaitent voir adopter par la communauté internationale) et un groupe de pays mené, semble-t-il, par le Canada a demandé, et obtenu, le retrait des deux seuils. Officiellement, tracer de telles lignes reviendrait à émettre des recommandations aux décideurs, alors que le Giec doit se limiter à présenter les faits. C’est certes vrai, mais sans ces deux lignes, le graphique perd tout son intérêt…

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