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coquille-Saint-Jacques. Étude en profondeur

Dernière mise à jour le jeudi 20 février 2014

Article paru
sur le site "Le Télégramme" - 19 Fevrier 2014
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Vous saurez tout sur la coquille Saint-Jacques, première espèce française pêchée, tant en tonnage qu’en valeur ! Un groupe de chercheurs s’y intéresse activement depuis 2011. Le bivalve hermaphrodite n’a pas fini de nous surprendre.

- Une étude pluridisciplinaire (Ifremer, CNRS, UBO, universités de Caen, Pierre-et- Marie-Curie Paris VI) commencée en 2011 autour de la coquille Saint-Jacques de la Manche et pilotée par Ifremer commence à livrer ses résultats. Le plus gros de la production française se concentre en baies de Seine et de Saint-Brieuc et regroupe 450 des 550 navires répertoriés en Manche. Les 20.000 à 30.000 tonnes de «  Pecten Maximus  », récoltés par an en France, génèrent autour de 40 M€ de chiffre d’affaires. Mais la collecte française ne suffit pas, parce que la consommation de noix fraîches (pectinidés au sens large, pétoncle compris) tourne actuellement autour des 125.000 tonnes. Sur le frais pêché en France, une moitié est destinée à la filière de transformation industrielle.

Une coquille au m² !

Plus gros secteur de pêche européen, la Manche offre des gisements très différents en taille et en densité. Les observations menées en baie de Seine font état, au mieux, d’environ huit coquilles pour 100 m². En baie de Saint-Brieuc, on trouve en moyenne une coquille tous les m², dans les zones les plus fructueuses situées à 25 m de profondeur. Cette étude s’intéresse aussi aux conditions de développement des algues toxiques qui perturbent l’exploitation de certains gisements. Les chercheurs ont mis au point un système de reconnaissance quasi-immédiat de pseudo nitzschia sur une zone de pêche, un capteur génétique qui réagit au contact des algues ciblées. En moins de quatre heures, le système permet de savoir, si la zone est concernée. Finies les interminables attentes entre deux prélèvements et les coquilles à jeter sans décorticage. D’autres équipes travaillent sur les conditions de développement de ces algues (bloom), afin de mieux comprendre et d’anticiper les phénomènes.

Voyage des larves

Si les coquilles se déplacent peu dans leur vie (une trentaine de mètres), leurs larves peuvent faire des kilomètres. L’état larvaire durant à peu près un mois, les futures coquilles ont le temps de voyager avant de se déposer sur le fond. La modélisation en fonction des courants et des effets de site permet d’établir des liens entre certains gisements ? Saint-Brieuc alimentant les gisements normands par exemple ? et d’identifier les zones favorables à la reproduction, afin de mieux les protéger. La cohabitation avec les crépidules ? très présentes en rade de Brest ? est également observée à la loupe. En compétition sur le plan alimentaire, il semble que les deux coquillages vivant collés serrés ne se portent pas préjudice. Enfin, quel est l’impact du climat dans la recomposition des stocks ? Il semblerait que les hivers doux et humides n’offrent pas les conditions les plus favorables à la reproduction et à la survie des larves, l’environnement pesant davantage que le nombre de géniteurs présents sur un gisement.

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