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un rapport prone enfin de reglementer la haute mer

Dernière mise à jour le lundi 7 juillet 2014

Article paru
sur le site "Le Figaro" - 27 Juin2014
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C’était il y a une cinquantaine d’années. Les astronautes visaient la Lune, mais ils ont aussi permis au monde entier d’appréhender, avec les premières photos prises de l’espace, la planète bleue. La surface de la Terre est à 70 % composée d’eau. Des océans qui sont longtemps restés protégés de toute intrusion humaine, à l’exception de quelques navires en transit, et d’une pêche pratiquée au large des côtes.

Il en va tout autrement aujourd’hui. La haute mer, qui ne dépend d’aucune juridiction, est soumise à la pression constante des forages, des énormes navires de pêche industrielle qui pillent la ressource, de la pollution toujours plus envahissante ou encore du changement climatique. « Notre océan est en déclin… L’anarchie règne sur les flots », s’inquiète dans un rapport publié cette semaine un ensemble de personnalités qualifiées regroupées au sein de la commission Océan mondial, qui mettent sur la table mondiale huit propositions pour renverser la tendance.

Beaucoup d’anciens ministres, mais également d’anciens ou actuels représentants de grands organismes nationaux ou internationaux, composent cette assemblée soutenue par Pew Charitable Trusts, une très grosse ONG américaine. Ils ont commencé leur travail en février 2013, sous la houlette de Jose Maria Figueres, ancien président du Costa Rica (1994-1998). Leur ambition : « Ramener au cœur du débat politique la question jusqu’ici peu débattue de l’avenir de la haute mer et de la valeur de cette immense portion de la planète ».

Cela passe notamment par l’inscription des océans dans les objectifs de développement durable qui devront succéder aux objectifs du millénaire après 2015. C’est l’idée qu’il faut s’occuper des océans dans leur ensemble et non plus de façon fragmentaire. Dans ce cadre, les membres de la commission listent plusieurs mesures destinées à lutter contre la surpêche, à protéger les aires marines vulnérables, ou encore à réduire « la quantité de débris de plastique qui pénètrent dans l’environnement marin ».
La pêche illégale « non déclarée et non réglementée » est florissante

Parallèlement, ils proposent d’instaurer une gouvernance de la haute mer. « La convention des Nations unies sur le droit de la mer (années 1990) a été en son temps une belle avancée, mais le monde a changé tellement vite qu’elle paraît frustre aujourd’hui », souligne Pascal Lamy, l’ancien directeur général de l’OMC et membre de la commission. Autre suggestion : supprimer les subventions « qui maintiennent une flotte de pêche mondiale constituée de trop de bateaux pourchassant des poissons de moins en moins nombreux ». Qui plus est, la pêche en haute mer ne profite qu’à quelques grosses nations (Japon, Chine, UE, États-Unis) au détriment des petits pêcheurs. Pis, la pêche illégale « non déclarée et non réglementée » est florissante. La contrecarrer passe « par un enregistrement de tous les navires de pêche en haute mer grâce à un numéro d’identification unique ».

Le rapport suggère également de préserver les océans des pollutions par une meilleure réglementation des activités offshore et par une guerre sans relâche contre les détritus dont le plastique qui envahit les océans. 80 % de la pollution marine provient d’activités terrestres, mais les membres de la commission insistent également sur « les engins de pêche perdus et abandonnés. »

Il faut créer un « conseil de responsabilité de l’océan mondial », insistent encore les auteurs. « On laisse cinq ans pour voir si des mesures sont prises et si la situation s’améliore », poursuit Pascal Lamy. Si, en matière de pêche, elle continue de se dégrader « alors nous proposons de déclarer la haute mer zone de régénération où la pêche industrielle serait interdite

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