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Bar. Les pêcheurs côtiers trinquent

Dernière mise à jour le jeudi 9 décembre 2010

Article paru sur le site "Le Télégramme" - Vendredi 03 Décembre 2010
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Bar. Les pêcheurs côtiers trinquent

Alors que le bar se fait de plus en plus rare à la côte, les chalutiers, les pélagiques et les bolincheurs continuent de remplir leurs cales. Particulièrement durant l’hiver, en pleine période de frai.

À la baisse manifeste des prises de bar à la côte, on ne peut s’empêcher de superposer les impressionnants coups de filet des pélagiques, des chalutiers et exceptionnellement des bolincheurs. Voilà ce qu’écrivait Ifremer sur le sujet en février2009 : « Les chalutiers pélagiques, les bolincheurs et certains chalutiers de fond ne pêchent le bar de manière ciblée qu’en période de frai : la concentration des bars à cette période les rend en effet facilement accessibles par ces techniques de pêche. En dehors de cette période, lorsque le bar retrouve un comportement solitaire, ces navires ne peuvent le capturer que de manière accidentelle. Il est alors uniquement ciblé par les ligneurs et les plaisanciers ». Les ligneurs continuent d’observer une baisse des prises depuis cinq ans (moins 35 à 40% cette année). Mais à l’heure actuelle, les comités des pêches ne montrent pas d’inquiétude sur la ressource et le stock. « Nous manquons de données pour limiter telle ou telle activité », explique Jean-Pierre Carval, du comité local des pêches du Nord-Finistère. « Il y a un doute sur le stock, mais nous ne disposons pas d’assez d’éléments scientifiques sur les éventuels déplacements de population observés dans le nord de la Manche ».

Ligneurs dans le rouge

Du côté des pêcheurs plaisanciers qui seraient, selon les travaux d’Ifremer, à l’origine de la moitié des prises effectuées, l’impression d’en pêcher moins qu’avant est évidente mais diffuse. Du côté des ligneurs professionnels (bar de ligne), on se fait beaucoup plus précis en avançant que 90.000 spécimens ont été pêchés et étiquetés en 2010 contre 180.000 en 2009 ! « L’Association des ligneurs professionnels de la pointe bretonne, qui a regroupé jusqu’à 200membres, ne compte plus que 110 bateaux », déplore son président, Gwen Pennarun.

« Certains nettoient les spots en une nuit »

« Comment peser face aux gros armements qui contrôlent l’ensemble de la filière aujourd’hui ? » se désole le ligneur pro. « Cela nous révolte de voir des bateaux de plus en plus importants venir nettoyer les spots en une nuit, prélever en quelques heures ce qu’un ligneur réussit à pêcher dans son année (entre 3 et 8 tonnes par an). Je me souviens d’un coup de 23 tonnes effectué par un bateau entre les îles des Glénan, il y a quatre ou cinq ans de cela ». Du côté des comités des pêches, on donne l’impression de jouer la montre. Sans doute dans le but de ménager l’ensemble des métiers et notamment les bateaux qui, il y a quelques années, ne travaillaient pas le bar pendant l’hiver. « Pourtant, sa chair est molle et laiteuse durant la période de frai. Ce n’est pas un poisson qui se vend très cher à ce moment de l’année », tente de désamorcer Marie Vecten, du comité national des pêches. « Ces ?coups ? en période de frai sont marginaux », selon la représentante des pêcheurs.

Choix du consommateur

Alors que faut-il privilégier ? Un poisson bon marché pêché au large, quitte à mettre en danger un stock dont on ne connaît pas exactement l’évolution. Ou un bar capturé à la côte, de manière sélective, à la ligne, plus cher mais à l’incomparable qualité dans l’assiette ? Les actuelles discussions de la profession tendent à reconduire la notion de quotas pour la pêche industrielle mais ne sont toujours pas décisives quant à la notion et l’obligation de repos biologique. À la côte, autour du bar, les pêcheurs à la ligne n’ont pas fini de trinquer !

Stéphane Jézéquel



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