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Cargo échoué. Vers une déconstruction sur place

Dernière mise à jour le jeudi 22 décembre 2011

Article paru sur le site "Le Télégramme" - Mardi 20 Décembre 2011
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Cargo échoué. Vers une déconstruction sur place

Le TK Bremen, cargo de 109 m qui s’est échoué le vendredi 16 décembre sur la plage d’Erdeven (56), devrait être déconstruit sur place, ont annoncé, les services de l’Etat s’appuyant sur les conclusions des experts. Cette perspective inquiète, d’ores et déjà, les élus locaux qui craignent la destruction d’un cordon dunaire fragilisé. En attendant, le pompage des cuves se poursuit. Il devrait être terminé vendredi. [Vidéos]

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La déconstruction
Déséchoué ou déconstruit ? Deux options étaient possibles. C’est finalement la seconde qui devrait être retenue. Trop abîmé pour être remorqué, le TK Bremen devrait donc être déconstruit sur la plage d’Erdeven, où il s’était échoué le vendredi 16 décembre, ont annoncé mardi les services de l’Etat. Le chantier, dont la date de lancement n’est pas encore connu, devrait durer plusieurs mois. Les élus craignent pour le cordon dunaire déjà endommagé. [Plus d’infos]

Le pompage
Il y avait 190 tonnes de fuel léger et 40 tonnes de gasoil. Smit Salvage a pris le relais du Ceppol pour mener à bien les opérations de pompage. L’ambition est de terminer ce pompage avant le 26 décembre, date des prochains grands coefficients de marée. L’objectif devrait être atteint. Le pompage devrait en effet s’achever vendredi.

Les responsabilités
La décision de se mettre à l’abri à Groix après avoir quitté le port de Lorient était-elle légale ? Oui répondent les experts. NKM, la ministre de l’écologie et des transports dit réfléchir à une extension des pouvoirs des capitaineries. Ce que soutient Eva Joly. Encore légale donc, mais pas forcément judicieuse car le cargo à vide offrait une forte prise au vent et Groix ne procurait pas forcément l’abri idéal.
Le capitaine du cargo a été placé en garde à vue mardi. Il devait être présenté au parquet dans la soirée.

L’impact sur l’ostréiculture
Seuls 5 des 36 chantiers ostréicoles répertoriés dans la Ria d’Etel ont été touchés pour l’instant. Ils sont concernés par un arrêté d’interdiction de commercialisation qui ne touche que les huîtres qui n’étaient pas placées en bassins insubmersibles. Bruno Le Maire, ministre de l’Agriculture et de la Pêche a rencontré lundi midi les professionnels de la Ria. Il leur a assuré que l’Etat les aiderait dans le montage de leurs dossiers de demande d’indemnisations. Et pour mieux appuyer la confiance qu’il a dans la production de la Ria, Bruno Le Maire s’est laissé tenter par une dégustation d’huîtres.

L’impact sur la faune et le cordon dunaire
Le fuel léger constitue un danger également pour la faune sauvage, et particulièrement pour les limicoles qui se nourrissent en picorant dans les laisses de mer. Les vents de noroit ont chassé les oiseaux vers l’anse de Plouharnel, mais des grèbes atteintes par la pollution ont déjà été aperçues ria d’Etel. Les trois premiers oiseaux mazoutés sont arrivés ce dimanche au centre de sauvegarde de la faune sauvage de Languidic.

Paradoxe. La pollution a également été provoquée par les manifestations organisées ce week-end sur la plage et qui ont fortement dégradé la dune. Le piétinement provoque à la fois l’écrasement des plants et l’enfoncement du fuel. [La manifestation d’hier ] Un collectif "Merci Erika" devrait voir le jour. La LPO-Morbihan, la préfecture du Morbihan et le Grand site dunaire appellent tous à l’arrêt du piétinement intensif que génère l’envie de voir l’épave de près.

L’émotion populaire
Cet échouement sur la côte sud bretonne provoque depuis vendredi une vive émotion de la population locale. Deux manifestations ont eu lieu samedi et dimanche pour dénoncer ce nouveau souillement du littoral. Une nouvelle manifestation est prévue jeudi à Vannes. Une page Facebook "TK Bremen vigilance citoyenne" a été créée. Et l’artiste locale Jimmy Pierre a déjà composé une chanson. [La chanson]

Le préjudice
Il est de deux ordres. Ecologique, on l’a vu, et donc aussi économique pour les ostréiculteurs de la ria d’Etel. Le conseil régional a décidé de se porter partie civile prés du TGI de Brest au titre du préjudice écologique et de l’atteinte à l’image de la Bretagne. [Le site de la région Bretagne]

Le prix à payer
Qui va payer ? L’Etat, dans un premier temps. Puis l’armateur qui s’est engagé à payer la facture. Difficile, pour le moment, d’évaluer le coût économique de cet accident maritime...

Nettoyage des plages
Il faut également finir de nettoyer les plages. Mais là, il est vrai, la Bretagne est malheureusement experte.


Retour sur les journées précédentes
Samedi, tout était presque simple dans l’esprit de l’équipe chargée de redéployer le dispositif mis en oeuvre la veille. L’épais tuyau noir a d’abord été tiré du bateau jusqu’à la pompe posée au bord de la plage, hors de portée des vagues. Une pompe supposée repousser le carburant jusqu’à une cuve installée derrière la dune, d’où le fuel devait être acheminé par un second tuyau vers des camions citernes.

Mais tout s’est compliqué. La configuration des lieux a ralenti le bon déroulement de l’opération. La plage étroite et meuble est, en effet, bordée par une dune également meuble, ce qui oblige les véhicules et la fameuse pompe à rester éloignés de plus d’une centaine de mètres du bord de l’eau et du cargo.

La pompe ainsi positionnée ne fonctionnant pas, une seconde pompe-relais a été hissée jusqu’au pont du bateau afin d’aspirer le mélange d’eau et d’huile qui stagne au fond des cales et de la salle des machines.

Une issue incertaine
Un dispositif insuffisant pour le pompage des hydrocarbures dont seulement 32 m3 ont été extraits hier. Lors d’une réunion de crise vers midi, le sous-préfet de Lorient -chargé du nettoyage de la plage- et la préfecture maritime assistée du Cèdre ont validé le choix d’une entreprise hollandaise -Smit Salvage- pour mener à bien cette difficile opération de pompage du fuel. Le Ceppol a donc pris le relais en attendant l’arrivée aujourd’ui ou demain des spécialistes néerlandais.

L’issue de l’opération est donc loin d’être certaine. Ni la durée du pompage, ni l’ampleur de la première vague de pollution, un des réservoirs de fuel du navire ayant cédé dès hier matin, ne sont encore connus. Une seule certitude : tout doit être achevé avant le 26 décembre, date à laquelle des coefficients de marées plus importants sont attendus.

Nombreux badauds
D’ici là, et avant qu’on ne rentre aujourd’hui ou demain dans le vif du sujet, la mobilsation autour du cargo reste importante. L’équipe technique est secondée par 50 gendarmes et 250 sapeurs-pompiers qui gardent les curieux à distance. Des badauds venus en très grand nombre et que le vent glacial et l’éloignement du site n’ont pas découragés....

Les autorités se veulent rassurantes et martèlent que cette pollution n’a rien à voir avec une marée noire. Ce que contestent désormais les écologistes, inquiets de la propagation de ce fuel léger, très nocif pour la fragile population de limicoles et l’activité ostréicole en ria d’Etel.

A Etel, hier, une manifestation a réuni près de 500 personnes et une nouvelle mobilisation est attendue aujourd’hui.

* La rédaction web



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