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Concombres de mer : ce nouvel or de l’océan Indien

Dernière mise à jour le jeudi 30 janvier 2020

Article paru sur le site "Le Point Afrique :"
- 28 Janvier 2020 Article
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Ils ne sont pas très beaux ! Et pourtant, ils s’arrachent à bon prix sur les marchés asiatiques. En effet, les concombres de mer sont consommés et très appréciés en Chine et en Asie. Et pourtant, c’est du côté de l’Afrique, plus précisément dans l’océan Indien, qu’on trouve les zones d’élevage les plus actives. L’explication vient du fait que la pêche intensive et la pollution ont considérablement réduit les populations de ces animaux marins dans la zone Indo-Pacifique, même si la Grande Île a aussi subi les ravages de la pêche qui en ont décimé les populations. Holothuria scabra, l’espèce endémique des côtes malgaches, est même inscrite sur la liste rouge des espèces en danger d’extinction de l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN). Il faut dire que, confrontés à des prises de plus en plus faibles de poissons, les pêcheurs se sont rabattus sur cette proie facile, dont la demande ne cesse de progresser. De quoi relancer l’approvisionnement de ce mets traditionnel un peu particulier.

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Une démarche de société à impact

C’est dans cet environnement que s’est construite l’histoire de la société Indian Ocean Trepang (IOT), spécialisée dans l’aquaculture de concombres de mer. Dès 2011 à Tulear, dans le sud-ouest de Madagascar, elle a installé ses laboratoires de recherche qui font aussi office de centres universitaires. Ils sont en relation avec l’équipe d’Igor Eeckhaut de l’université de Mons, en Belgique, qui travaille sur la reproduction in vitro des concombres de mer en collaboration avec l’université de Tulear. Ce sont ces recherches qui ont abouti à un brevet de reproduction in vitro d’holothuria scabra.

En lançant IOT, ce sont quatre entrepreneurs passionnés, dont Igor Eeckhaut, qui se sont réunis autour de ce projet de concombre de mer. Leur objectif était double : monter une société commerciale autour de l’aquaculture et permettre à des villages de pêcheurs de trouver de nouveaux moyens de subsistance à travers l’élevage des concombres de mer. Tout cela en préservant la ressource dans le lagon. En d’autres termes, la mise sur pied d’une société à impact positif dans le domaine de l’élevage de produits de mer.

L’entreprise a choisi de travailler avec des ONG, dont Blue Ventures, pour mettre en place un partenariat avec les communautés villageoises. Tampolove, à 100 kilomètres au nord de Tulear, qui compte un millier d’habitants, a été choisi pour sa baie appelée baie des Assassins, un endroit particulièrement adapté à l’élevage des holothuries. Comment tout cela est-il organisé ? Les ONG encadrent et forment les familles à l’aquaculture et financent la mise en place des enclos. En face, chaque famille dispose d’environ 2 000 mètres carrés d’enclos. Un dispositif apparemment bien huilé, mais qui n’en comporte pas moins des contraintes en raison de la nécessité de se prémunir contre les vols avec des tours de guet à organiser. « Les années 2017 et 2018 ont été particulièrement difficiles, nous avons été victimes de nombreux vols, et même confrontés à des bandes venues avec des armes », confie Pascal Lacroix, président de Haishen, la société mère d’IOT. Depuis, la gendarmerie assure la sécurité. « Nous estimons que près d’un tiers de notre production est volé », poursuit-il..

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