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DCNS-Lorient invente le sous-marin rase cailloux

Dernière mise à jour le jeudi 23 mai 2013

Article paru
sur le site "Maville" - 21 Mai 2013
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L’engin est virtuel, mais intéresse déjà les marines étrangères. Marie Nicod, architecte naval du groupe de construction militaire a conçu un submersible capable de naviguer dans des eaux peu profondes.
Pour l’instant le SMX-26 (c’est son nom de code) est virtuel. Mais Marie Nicod, architecte naval depuis trois ans à Lorient, dans le pôle recherche et développement de DCNS le dit d’emblée : « Il a subi toutes les procédures de validation, qui permettraient de passer à la phase études, voire à la construction. »

En matière d’innovation, DCNS n’a rien à envier à ses concurrents et ce sous-marin exceptionnel est, à ce jour, unique en son genre. « Nous y avons pensé, en lien avec le service marketing de l’entreprise.

« Un peu comme les constructeurs automobiles conçoivent leurs futurs modèles. Pour le SMX-26, on est parti de la demande internationale, des États qui doivent faire face aux nouvelles menaces, que sont le terrorisme, le trafic de drogue, la piraterie. »

Même dans un avant-port

Elle a donc pensé sous-marin, capable de se rapprocher des côtes et de rester en immersion dans des eaux peu profondes (12 m).

« Certains submersibles existants pourraient le faire, mais seraient alors en zone de danger. » Pas le cas du SMX, d’un déplacement de 1 000 tonnes, à propulsion diesel-électrique.

Il pourrait même rentrer dans un avant-port. « On l’a vite surnommé le sous-marin rase cailloux. Il dispose d’une autonomie de 30 jours, peut embarquer 15 membres d’équipage et six hommes des forces spéciales que l’on peut projeter sur le théâtre opérationnel, sous l’eau ou sur l’eau. » Sans parler évidemment des dernières technologies embarquées, d’un armement puissant, d’une discrétion absolue.

Autre avantage du concept : « Ce SMX est polyvalent (40 m de long, 11 de large, 8 m de haut), il peut plonger à 100 m aussi. »

Trois roues pour se poser

Au fil de la mise au point du process, l’équipe de DCNS coordonnée par Marie Nicod a amélioré l’engin. « Pour qu’il puise se poser sur un fond marin, on a d’abord pensé à des chenilles. Au final, nous l’avons doté de trois roues qui sortent ou se rétractent à l’image d’un train d’atterrissage d’avion.

« Certains clients nous ont d’ailleurs demandé, sans rire, si un jour on ne pouvait pas imaginer un sous-marin volant. »

Ce submersible à la James Bond naviguera t-il un jour ? « L’important dans ce type de conception est d’innover sans cesse. Nous fonctionnons à partir de « briques » de systèmes qui permettent d’améliorer l’existant et de se projeter dans le futur. »

C’est ainsi qu’il y a quelques années, une équipe de DCNS a commencé à concevoir un navire dédié à la lutte contre la piraterie. Elle a fini par aboutir, avec la construction du patrouilleur l’Adroit à DCNS Lorient.

Il a, depuis, été mis à la disposition de la Marine nationale qui l’exploite sur toutes les mers du globe.

Marie Nicod, diplômée des Ponts-et-Chaussées savait une chose en choisissant son cursus : « Je voulais concevoir des bateaux professionnels ou... construire des digues. »

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