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De surprenants habitants

Dernière mise à jour le mercredi 22 juin 2011

Article paru sur le site "Soud-Ouest" - Lundi 20 Juin 2011
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De surprenants habitants

Plongée réelle avec les espèces que le public découvrira par des animations virtuelles

Lorsqu’on plonge la tête sous l’eau, on ferme spontanément les yeux. Un réflexe qui esquisse un rapport timide entre l’homme et l’océan. Ou comment être immergé dans une matière tout en ne l’éprouvant qu’à demi. Sur la Côte basque, comme pour le reste du littoral Atlantique, une autre barrière se dresse devant ceux qui voudraient mieux connaître les fonds marins. « La plongée, il n’y a qu’en mer Méditerranée que c’est vraiment intéressant ».

Nageons donc à contre-courant de cette idée reçue pour voir. Kévin Delaby, du club BAB Subaquatique de Biarritz, sera le guide. La plage du Port-Vieux, un terrain de jeu. Combinaison d’hiver recouvrant le corps, masque autour du coup et bouteille d’oxygène dans le dos, il ne reste plus qu’à mettre le détendeur en bouche et à se laisser engloutir par la Grande bleue. La respiration doit être régulière pour optimiser la balade sous-marine. Difficile de la calmer au départ, car le thermomètre de l’eau affiche à peine 18°C.

Nez à nez avec une seiche

Descente imminente. À cinq mètres seulement, comme le veut la réglementation pour la palme débutante. Certes, la vision est floue. Mais le regard n’en devient que plus hagard et furète les moindres recoins de ces abymes, à la recherche de ses habitants. Alors que la tête fait des mouvements compulsifs de gauche à droite, soudain, les yeux s’écarquillent. Le corps s’immobilise. Ils sont petits et tachetés. Rougeâtres. Ils se déplacent en petits groupes. Ce sont des sars.

Tout près, des sortes de fines membranes au bout violet s’agitent au rythme des vagues. Elles ressemblent à une plante des mers, mais répondent au nom d’anémones. Et contrairement aux apparences, elles sont animales et non végétales.

Les coups de palme s’adoucissent, heurtent légèrement des coraux rosés. Le souffle est désormais plus lent. Et le temps semble suspendu. Le cœur s’accélère lorsqu’en tant que touriste des océans, on tombe nez à nez avec une seiche. Avec ses yeux globuleux et ses sortes de tentacules en guise de museau, ce poulpe impressionne. Mais il paraît en confiance et se laisse approcher.

La récompense ultime pour le visiteur de ces lieux infinis, ce sont les bans. Les poissons, minuscules et argentés, se déplacent rapidement, telle une nuée. Et quand dans le ciel, le soleil revient, la lumière les rend presque brillants. Magiques. Et pourtant, ce ne sont que de simples sardines ! Mais dans l’océan, leur milieu naturel les magnifie.

Le niveau d’oxygène baisse. Il est temps de remonter à la surface. De regagner la terre ferme. Et d’apprendre que ce qui a été vu n’est qu’un bref aperçu. Dans les profondeurs du golfe de Gascogne se cachent plus de mille espèces. Celles qui sont observées en plongée varient selon de nombreux critères (lire par ailleurs). Mais tout comme l’observation du ciel, celle des abysses demeure avant tout régie par le facteur chance. Un hasard qui donne à chaque voyage un air de rencontre privilégiée avec un bout d’océan. Et avec une infime partie de ses milliers d’habitants.


Trois questions à...

... IKER CASTEGE, docteur en écologie marine au sein du Centre de la mer de Biarritz.

1 Quelles sont les caractéristiques des fonds marins de la Côte basque ?

Ici, on a la chance de ne pas habiter dans un coin monotone, car il y a la côte rocheuse avec sa faune benthique, c’est-à-dire ce qui vit près de la roche. À proximité évoluent d’autres espèces comme les anémones ou les étoiles de mer. Sur les milieux sableux, on peut notamment voir des poissons plats. L’Adour et les petits fleuves continentaux sont en partie à l’origine de cette diversité. Lorsqu’ils se déversent dans la mer, ils apportent des éléments nutritifs qui enrichissent les milieux marins. La confrontation d’eau douce et d’eau salée engrange une multitude d’habitats et de nourritures pour les planctons, qui sont la base de la chaîne alimentaire.

2 En Atlantique, faut-il plonger profond pour voir beaucoup d’espèces ?

Chaque espèce est inféodée à son milieu et à un niveau en particulier. En fonction de la profondeur et de la distance du large à laquelle on plonge, on verra des choses très différentes. Mais pour le néophyte, il n’est pas nécessaire d’aller très profond pour découvrir une jolie faune, variée et colorée.

3 Quelles conditions doivent être réunies pour voir un maximum d’espèces ?

Au Port Vieux, par exemple, cela peut être passionnant de plonger au bord. Mais les espèces seront sans doute moins impressionnantes que les chinchards ou les rascasses visibles au large. La diversité varie aussi en fonction de la colonne de lumière, car les espèces s’en nourrissent en quelque sorte. Au large, dans les eaux profondes, la vie va y être limitée. Dans relativement peu d’eau, on peut voir quantité de choses.

Sur l’estran, quand il y a des gros coefficients, on fait de belles rencontres. Sous les cailloux, il y a des dizaines d’espèces, des mollusques, des poissons… On ne prend pas assez le temps de regarder.



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