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Des plantes traversent le monde avec les oiseaux

Dernière mise à jour le lundi 16 juin 2014

Article paru
sur le site "Le Figaro" - 12 Juin 2014
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C’est une histoire de fougères, de mousses, de champignons et de petits oiseaux. Depuis longtemps, les scientifiques se demandent comment certaines plantes de la même espèce peuvent migrer en divers endroits du globe séparés par des dizaines de milliers de kilomètres, alors qu’elles ne poussent pas entre ces territoires. Des mousses identifiées dans les régions arctiques ont ainsi été repérées à la pointe sud du continent américain, en Patagonie. Lily Lewis, chercheuse du département d’écologie et de biologie évolutive à l’université du Connecticut (États-Unis), apporte une réponse dans une étude publiée dans PeerJ : elles voyagent grâce aux oiseaux migrateurs.

« On sait que, pour les plantes à graines, des oiseaux permettent par leur déjection une dissémination sur de relativement courtes distances, et certains mammifères les transportent dans leur pelage », raconte le Pr Bernard Goffinet directeur du laboratoire à l’université du Connecticut.

Mais, pour les plantes à spores, les incertitudes étaient plus grandes. « Nos aînés pensaient que leur dispersion était liée à la seule dérive des continents », précise le scientifique. On sait maintenant que le vent et notamment les grands courants aériens peuvent transporter les spores de ces plantes sur de très longues distances. C’est ainsi que, dans les années 1950, un chercheur scandinave a récupéré des spores de plantes tropicales en recueillant de l’eau de pluie ; elles n’avaient toutefois aucune chance de s’épanouir compte tenu des conditions météorologiques.

À l’échelle des millions d’oiseaux migrateurs qui se déplacent chaque année, la probabilité de dispersion à longue distance est très grande.

Mais, dans certains endroits, aucune de ces possibilités n’existe. Pour comprendre le lien entre les mousses arctiques et de Patagonie, Lily Lewis et son équipe ont donc demandé à des ornithologues canadiens de prélever quelques plumes sur le ventre de 23 oiseaux migrateurs de 8 espèces différentes. Sur les plumes de certains, ils n’ont rien trouvé (phalaropes à bec étroit, tourne-pierre, bécasseau variable, bécasseau de Baird ou bécasseau à croupion blanc), mais sur d’autres la récolte a été meilleure, en particulier sur le phalarope roux qui abritait 14 échantillons, les pluviers bronzés (6) et les bécasseaux semi-palmés (3).

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