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Ecocéane envoie ses navires dépollueurs au large de la Louisiane

Dernière mise à jour le mercredi 18 août 2010

Les Echos.fr - Jeudi 12 Août 2010



Ecocéane envoie ses navires dépollueurs au large de la Louisiane

Ce petit chantier naval breton qui a mis au point une gamme innovante de bateaux dépollueurs. Une dizaine de ces navires particuliers ont été exportés aux Etats-Unis afin d’accompagner le géant BP dans la lutte contre la marée noire au large de la Louisiane.
DE NOTRE CORRESPONDANT À RENNES, STANISLAS DU GUERNY

L’impressionnante marée noire au large de la Louisiane a été une véritable aubaine pour ce petit chantier naval installé sur le port de Paimpol, dans les Côtes-d’Armor. Eric Vial, le dirigeant d’Ecocéane qui l’a créé en 2003 avec son beau-père Robert Gastaldi, vient en effet d’expédier aux Etats-Unis 11 de ses bateaux pour aider le groupe pétrolier BP dans la difficile lutte contre cette pollution par hydrocarbures. Afin de décrocher ce marché inespéré pour un chantier composé d’une trentaine de personnes seulement et affichant cette année environ 5 millions d’euros de chiffre d’affaires, Eric Vial a bénéficié des contacts réguliers qu’il entretient avec le ministre Jean-Louis Borloo. « Depuis plusieurs années, il connaît les compétences d’Ecocéane », fait remarquer le dirigeant. Le ministre a donc ouvert son carnet d’adresses et permis à Eric Vial de faire le déplacement, dès le début de la catastrophe, aux Etats-Unis où il a négocié avec des cadres de BP et ses fournisseurs rapidement conquis par le savoir-faire du chantier breton. « Au total, la commande de 2 millions d’euros, continue le dirigeant, comprend l’achat de 10 bateaux dépollueurs, plus la location d’un autre. Ils ont été acquis non pas par BP mais par la société Ashbritt basée à Miami qui intervient pour le compte du groupe pétrolier dans l’élimination des hydrocarbures. » Neuf des 11 navires sont d’ores et déjà sur site. Construits en quelques semaines, ils ont été expédiés par avion au départ de Nantes. Les deux derniers sont en cours de finalisation à Paimpol et seront très rapidement opérationnels. Les personnels nord-américains ont été formés à leur utilisation par les spécialistes d’Ecocéane qui se sont déplacés outre-Atlantique.

Le plus important bateau d’Ecocéane utilisé par les Américains est le « Catamar ».

Ce navire dépollueur de 12 mètres de long, prévu pour intervenir en haute mer, est capable de récupérer 100 mètres cubes de pétrole par heure à la surface de l’eau. Ceux-ci sont ensuite stockés dans des réservoirs flottants transportés à terre par des navires de transfert. « Le "Catamar" peut intervenir par gros temps avec une mer jusqu’à force 5 », précise Eric Vial, qui a fait breveté cette technologie innovante car les navires de la concurrence ne peuvent pas travailler au-delà de force 3 et ne peuvent pas non plus fonctionner en continu comme c’est le cas pour le « Catamar » doté d’un radar de détection des nappes. La commande principale des Américains porte toutefois sur 10 « Cataglop », un modèle de 9 mètres de long qui traite essentiellement les pollutions au bord du littoral.

L’expertise du Cèdre

Pour mettre au point ses navires et tester leurs réelles capacités d’intervention, l’équipe d’Ecocéane s’est adressée au laboratoire de renommée internationale, le Cèdre. Situé à Brest, celui-ci a été créé après la pollution des côtes bretonnes par l’« Amoco Cadiz ». Il intervient partout dans le monde pour aider à l’élimination du pétrole. La Marine nationale a aussi accompagné Ecocéane pour lui faciliter la concrétisation de son projet, soutenu financièrement par Oséo Bretagne et le Conseil régional de Bretagne.

A ce jour, une cinquantaine de bateaux sont sortis du chantier d’Ecocéane. Hors quelques unités vendues en France, les principaux clients sont situés au Maghreb, en Italie, en Espagne, en Australie, en Turquie et au Brésil. Eric Vial n’en poursuit pas moins ses innovations pour rester au tout premier rang sur ce marché de niche. Son bureau d’études vient de sortir un nouveau modèle, le « Work Glop ». Ce bâtiment de 9 mètres de long en aluminium « est destiné aux grands pétroliers qui pourront l’embarquer afin de traiter la nappe le plus rapidement possible », affirme le chef d’entreprise.



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