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Énergie. Mieux produire et consommer moins

Dernière mise à jour le mardi 11 janvier 2011

Article paru sur le site "Le Télégramme" - Jeudi 06 Janvier 2011
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Énergie. Mieux produire et consommer moins

2030. La Bretagne n’est pas épargnée par la crise énergétique majeure qui frappe la planète. Les énergies fossiles sont hors de prix. Le pétrole se négocie désormais à plus de 100dollars le baril. Inutile d’espérer, cette fois-ci, un retournement de situation.

Après la fracture sociale, c’est la fracture énergétique qui morcelle la société. Depuis une dizaine d’années, les plus faibles économiquement peuvent difficilement financer leur consommation d’énergie. Ou entreprendre des travaux de rénovation et d’isolation dans leur logement pour consommer moins. Pourtant, dans ce domaine, les choses ont avancé. la réglementation thermique adoptée en 2005 a permis, au fil des ans, de mettre aux normes les quelque 870.000logements, inadaptés sur le plan de la performance énergétique, qui avaient été recensés à l’époque.

Energie renouvelable : 50 % des besoins régionaux

Les mieux lotis, eux, continuent à consommer normalement, ne jurant plus que par la voiture électrique. La multiplication des véhicules a, bien évidemment, fait monter de manière exponentielle la consommation d’électricité dont la production dépend toujours fortement du nucléaire. Toutefois, la part du renouvelable (éolien terrestre et maritime, hydrolien, solaire, valorisation de la biomasse et des déchets) est de plus en plus importante. À présent, elle représente 50% des besoins régionaux en énergie. Dans ce domaine, la Bretagne a opéré une belle révolution. En 2010, elle ne produisait que 8 % de ce qu’elle consommait. La recherche de la baisse de la consommation et la décarbonisation de la croissance, liée à une fiscalité écologique de plus en plus incitative, ont engendré une nouvelle économie. Les formations professionnelles dans le bâtiment ont considérablement évolué, privilégiant depuis longtemps l’isolation par l’extérieur. Les constructions à énergie positive, qui produisent plus qu’elles ne consomment, sont partout une réalité. Mais fini les zones pavillonnaires. Et place aux petits collectifs. Une forme d’habitat qui se prête mieux au développement de l’autonomie énergétique (panneaux solaires, petites éoliennes, petites unités de méthanisation de quartier) et qui limite les transports collectifs.

L’évolution du photovoltaïque

Cela fait des années que l’installation de panneaux est obligatoire sur les bâtiments sortant de terre. La technique du photovoltaïque a considérablement évolué. En 2030, les panneaux sont beaucoup plus productifs qu’en 2020, année où la France a franchi le cap des 500mégawatts d’origine solaire. En 2010, on atteignait péniblement les 25 mégawatts. La préhistoire. Le photovoltaïque est devenu un immense marché. Les entreprises continuent à proposer aux particuliers d’installer des panneaux sans bourse délier. Elles se payent ensuite sur le rachat des kilowatts produits par EDF et les autres opérateurs. Mais aussi au prorata des économies d’énergie réalisées. Autre nouvelle donne très importante : le coût de production du kWh photovoltaïque est devenu inférieur à celui du nucléaire. Marquant ainsi la décrue du parc atomique français. D’importantes fermes solaires ont gagné des terres qui, depuis des décennies, restaient désespérément vierges. Ces installations nécessitent énormément d’espaces. Car il faut trois hectares de capteurs pour produire un mégawatt. Très tôt, elles ont intéressé les investisseurs, les risques financiers étant infimes. En Bretagne, région peu forestière, le bois n’a jamais été réellement porteur d’avenir. En 2030, cette filière produit à peine 10% de l’énergie consommée. Les perspectives de développement sont à présent quasiment nulles.

Accords autour de la méthanisation

La méthanisation, en revanche, a le vent en poupe. Une multitude de petites centrales, construites à l’échelle des communes et des villages, ingurgitent les déchets organiques des élevages hors-sol. Mais aussi des boues de stations d’épuration, des eaux grasses, des tailles de haies ou encore des tontes de pelouses. Le lobby écologiste s’est longtemps opposé à cette technique. Craignant que son développement ne pousse les pouvoirs publics à encourager les élevages hors-sol. Finalement, après d’âpres discussions, des accords ont été trouvés permettant à la France et à la Bretagne de rattraper le temps perdu et de produire, par ce biais, près de 10% de l’énergie consommée dans la région.

Dossier réalisé en partenariat avec l’Ademe et le Pôle MerBretagne.

Didier Déniel



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