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Environnement. Unis contre le clapage

Dernière mise à jour le mercredi 29 décembre 2010

Article paru sur "Le Télégramme" - Vendredi 24 Décembre 2010
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Environnement. Unis contre le clapage

Les pêcheurs bigoudens, opposés au clapage en mer des boues de dragage, ont trouvé dans France nature environnement un allié de poids. Ils demandent à rencontrer le préfet « en urgence ».

La très grande majorité des pêcheurs bigoudens est opposée au clapage en mer des boues de dragage. Des pêcheurs qui viennent de trouver dans France nature environnement (FNE) un allié de poids dans ce combat. Alors que le commissaire enquêteur a rendu un avis favorable au préfet, défenseurs de l’environnement et pêcheurs vont « rencontrer de manière urgente » le représentant de l’État avant qu’il ne rende, d’ici quelques semaines, sa décision. D’autre part, FNE entend évoquer cette question auprès du cabinet de Nathalie Kosciusko-Morizet, ministre de l’Écologie, le 21janvier. FNE se réserve le droit d’ester en justice si le préfet venait à donner un avis favorable.

Avis défavorable de la Dreal

« Un chiffon, ni plus ni moins ». C’est ainsi que Robert Bouguéon, président du comité local des pêches, qualifie le rapport de 50pages remis au préfet par Michel Straub, commissaire enquêteur. « Il a trouvé ce qu’on lui avait demandé de chercher pour donner un avis favorable », souligne René-Pierre Chever, secrétaire du comité local. Des pêcheurs qui regrettent que Michel Straub n’ait pas tenu compte des observations qu’ils avaient formulées dans un dossier contradictoire. Un avis qui « n’a pas de sens critique », note Bernard Trébern, représentant local de Bretagne Vivante. Le commissaire enquêteur émet trois recommandations et une réserve : « Le retour d’expérience demande à être consolidé » et « Le classement Natura 2000 de la zone (devra) conduire à privilégier un nouveau site plus tard ». Une aberration pour les défenseurs de l’environnement : « Il joue aux apprentis sorciers, il ne fait pas jouer le principe de précaution », souligne André Dorso, président de l’association Sémaphore et membre du groupe de travail « Sédiments » lors du Grenelle de la mer. Ce qui étonne environnementalistes et pêcheurs, c’est que l’avis peut être favorable -sans « impact sur la faune et la flore » -alors même que la direction régionale de l’environnement, de l’aménagement et du logement (Dreal) émet un avis défavorable (lire ci-dessous). « C’est la première fois qu’un service de l’État est contre », souligne Denez L’Hostis, ancien chercheur à Ifremer et pilote de la mission mer et littoral au sein de FNE. Un avis défavorable qui, selon lui, constitue même le talon d’Achille sur lequel environnementalistes et pêcheurs entendent bien appuyer.

Une filière à terre

Stérilisation des fonds marins, turbidité, pollution des sédiments, pour FNE, les opérations de clapage en mer sont contradictoires avec la réglementation européenne, et aussi avec la présence d’une zone Natura 2000. Au-delà du cas bigouden, Denez L’Hostis constate que le clapage, « solution la moins chère, la moins visible », est « un processus sans fin ». FNE demande donc « l’arrêt du clapage en mer comme le font certains pays européens (Belgique) et la mise en place d’une filière à terre des boues et des sédiments ». Des environnementalistes qui constatent qu’à terre les sédiments sont considérés comme dangereux alors qu’ils ne le sont plus s’ils sont versés en mer. « L’ambiguïté de la réglementation est faite pour les mettre en mer », assure André Dorso. Pour l’exemple, il précise que 165.000m³ à claper revient à rejeter 20t de métaux lourds en mer.

Stéphane Guihéneuf



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