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Extraction de sable. La CAN défend son projet

Dernière mise à jour le lundi 16 janvier 2012

Article paru sur le site "Le Télégramme" - Mercredi 11 Janvier 2012
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Extraction de sable. La CAN défend son projet

Pointé par Le Peuple des dunes Trégor, le projet d’extraction de sable coquillier en baies de Lannion et de Morlaix interroge. Bernard Lenoir, de la Compagnie armoricaine de navigation, défend le projet.

Le Peuple des dunes Trégor vient d’écrire au préfet du Finistère (lire ci-dessous). À l’instar de l’agglo et des treize communes riveraines de la baie de Lannion, le collectif s’oppose fermement à votre projet. Êtes-vous surpris ?
C’est le rôle des associations et des élus de s’exprimer. Mais on ne comprend pas tout à fait la campagne et la pression médiatique qui s’amorcent. Je regrette le manque de dialogue préalable. Les maires ont d’abord dit non avant même de nous rencontrer. Ils ont motivé leur refus en invoquant les algues vertes. Pour eux, autoriser la production d’amendement pour l’agriculture n’est pas le meilleur moyen de lutter contre le phénomène. Ce raisonnement manque un peu de cohérence.

C’est-à-dire ?
Le calcaire marin est toujours moins nocif que les engrais à dominante chimique. Compenser avec du calcaire terrestre, cela veut dire mettre quarante camions sur la route, direction Laval, là où, ici, un seul bateau de 1.000t fait le travail. Sur le plan environnemental, ça ne tient pas.

Pourquoi chercher à exploiter ce gisement en particulier ?
Ce n’est pas nous qui l’avons identifié mais les travaux du CNEXO, l’ancêtre d’Ifremer. Ce gisement est stratégique car, fin 2013, nous ne pourrons plus exploiter le maërl. Il nous faudra compenser par le sable coquillier. On ne demande pas mieux que d’aller ailleurs mais encore faut-il trouver où ? Dire que l’on souhaite exploiter près des côtes par soucis d’économie est faux. Exploiter plus loin nous éviterait les objections du moment.

Le collectif estime les besoins de l’agriculture bretonne à moins de 100.000m³ par an. Vous souhaitez en exploiter 330.000m³...
Les volumes que nous sollicitons sont un plafond. Je ne rentrerai pas dans la polémique de chiffres. Ce procès qui nous est fait de vouloir exporter notre production me surprend. La pêche bretonne est-elle uniquement destinée à la consommation régionale ? Le pétrole extrait au Moyen-Orient ne fait-il qu’alimenter le marché oriental ? Quant à dire, comme je l’ai entendu, qu’une partie du sable servirait au BTP, c’est à la fois une erreur et un mensonge. Le sable coquillier est un matériau calcaire et non siliceux. Il est inapproprié pour la construction !

Êtes-vous confiants pour la suite ?
On ne traite pas l’opinion à la légère. On ne peut préjuger de l’avenir. Nous ne demandons pas un blanc-seing. Notre demande est motivée, nous sommes prêts à des aménagements et l’agriculture a besoin de sable coquillier. S’il ne vient pas d’ici, il viendra d’ailleurs. Avec des conséquences directes pour l’environnement, pour l’économie locale-les agriculteurs, notamment du côté de Roscoff, devront débourser plus pour se fournir en amendements - et pour l’emploi.

Un chantage à l’emploi ?
Dire que la Compagnie armoricaine de navigation (29 salariés, NDLR) mettra la clé sous la porte n’est pas un chantage mais une conséquence. La décision que prendront ministères et services de l’État relèvera d’un choix politique et économique.

Propos recueillis par Arnaud Morvan



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