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Hérault Nos rivières pas si claires

Dernière mise à jour le mardi 3 janvier 2012

Article paru sur le site "Midi Libre" - Vendredi 30 Décembre 2011
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Hérault Nos rivières pas si claires

OLLIVIER LE NY

Sur les cartes de l’Agence de l’eau, le Bérange figure coloré de rouge. Mais c’est bien "un point noir, l’un des quatre de toute la région Rhône, Corse, Méditerranée", pour le taux de pollution au glyphosate, substance active du Roundup TM, note Martin Guespereau, directeur général de l’agence. Un pesticide, l’un des éléments chimiques faisant qu’un cours d’eau sur deux (49 %) n’atteint pas en Languedoc le niveau de qualité fixé par les règles européennes. Même si la région fait "mieux que la moyenne nationale." Qu’en est-il de ce côté de l’Hérault, pour le moins contrasté et marqué par la question de lagunes exutoires historiques des effluents urbains ? Tour d’horizon, en distinguant la qualité physico-chimique de l’état biologique.

1 L’Hérault

De Ganges à Canet, l’état du fleuve est bon "à très bon", rapporte Gwénolé Le Roux, chargé d’études de la délégation régionale de l’Agence de l’eau à Montpellier. Avec la particularité de présenter à la fois un bon état aux titres chimique et biologique, que trahit la présence d’algues et d’invertébrés, marqueurs pertinents. L’été, cependant, "le cours d’eau souffre de débits insuffisants" du côté de Gignac, liés aux prélèvements d’irrigation que le passage programmé au goutte-à-goutte devrait améliorer. "À hauteur d’Aspiran, ce qui était moyen à médiocre avant 2008 est désormais bon à très bon grâce aux efforts fournis sur l’épuration des eaux usées."

2 Le Lez

S’il est un fleuve qui a considérablement profité de tels efforts, c’est celui qui traverser l’agglomération de Montpellier. Il demeure "dans une qualité physico-chimique moyenne", analyse Gwénolé Le Roux et le caractère urbanisé de son environnement n’offre que "peu de marges d’amélioration de sa morphologie", ajoute son directeur régional, Michel Deblaize - laquelle permet la migration des poissons et une certaine auto-épuration du cours d’eau. Mais la réalisation de l’émissaire en mer a permis de diminuer par dix les concentrations physico-chimiques en son aval, après Lattes, qui le placent "à la limite du bon état."

Celui-ci est en revanche très bon en amont, à Prades, comme sa qualité biologique. La présence significative du "chabot du Lez le confirme, espèce emblématique et marqueur intéressant", note Chantal Graille, chef du service planification.

3 La Mosson

Trois parties, trois états, qui vont se dégradant de l’amont à l’aval et caractérisent la rivière. On note pourtant un mieux sur sa dernière section et des études sont en cours pour fixer son débit minimum, une valeur qui pourrait participer à améliorer la continuité piscicole du cours d’eau.

4 L’Or

"L’étang est rouge foncé, lâche Michel Deblaize, et il n’y a aucun élément manifeste d’amélioration." Les ruisseaux alimentant l’étang se caractérisent par de faibles débits, une mauvaise morphologie, des pressions urbaine et agricole fortes.

Le Dardaillon ? Médiocre. La Viredonne ? "L’un des milieux les plus dégradés, note Gwénolé Le Roux, il est aussi le plus touché par les nitrates." La Cadoule ? L’exception, il serait "presque bon en physico- chimie", des progrès qui se retrouvent dans une moindre mesure sur le Salaison "après le raccordement de Saint-Aunès, Teyran, etc., à Maera." Quant au Bérange, sa tragédie était évoquée en introduction.

"Il n’y aura pas de salut sans travail à l’échelle du bassin-versant, reprend Michel Deblaize, la mission du Symbo", qui concerne plus de trente communes. Une gageure.


PAYS DE L’OR : QUATRE CAPTAGES POINTÉS EN ROUGE

Il n’y a pas que les masses d’eau de surface qui sont impactées par la pollution chimique. C’est aussi le cas des nappes souterraines, dans lesquelles est puisée l’eau potable de certaines collectivités. Parmi les 34 000 captages publics français, 20 ont ainsi été classés prioritaires pour le Languedoc-Roussillon, dont quatre concernent le bassin-versant de l’étang de l’Or (3 200 ha, douze communes) : deux à Mauguio, un à Candillargues, un à Lansargues. En cause, des taux de pesticides et nitrates très - trop - élevés.

Pour les réduire, la future Agglo du Pays de l’Or a élaboré un plan de reconquête de la qualité de l’eau, fraîchement proposé aux habitants, agriculteurs et collectivités. Un plan urgent, car « on n’est pas sur une bonne tendance », relève Sylvain Ribeyre, directeur général adjoint. « Les catastrophes et autres pratiques aberrantes ont été grandement réduites » mais la qualité générale régresse.

Parmi les actions, encore basées sur le volontariat pour le moment, figurent 50 ha d’acquisitions de terres agricoles près des captages ; mise en conformité ou rebouchage de forages de particuliers (48) ; la promotion de cultures nécessitant moins d’apports chimiques ; l’achat de matériels d’épandage modernes plus précis par les agriculteurs ; la réduction des herbicides pour la voirie, etc. Date butoir : 2021.

LAGUNES, RENAISSANCES ?

« On a dépassé depuis longtemps les capacités d’acceptation de ces milieux ; on est très largement au-dessus », rappelle Michel Deblaize. Le constat que dresse l’Agence de l’eau des étangs palavasiens n’est pas « positif », dit Anaïs Giraud, tant « la colonne d’eau et les sédiments concentrent ce que les bassins versants leur ont apporté ». Il n’est pas tout noir pour autant, ces milieux « ayant une capacité de restauration importante. »

Ainsi, depuis la mise en service de la station d’épuration Maera - qui représentait 60 % des apports de phosphore et azote -, « les résultats sont très encourageants. On a une division par deux de ces polluants et par neuf de la chlorophylle A », une micro-algue participant à l’appauvrissement des lagunes. Exemple : l’étang du Grec est passé de mauvais à médiocre au bilan physico-chimique et Ingril est même jugé en bon état sur ce point.

L’état biologique reste, à l’inverse, mauvais. Si une amélioration physico-chimique est observée, « on est dans des milieux à la dynamique faible », note Chantal Graille : ça va donc prendre du temps. Pour l’estimer, l’Agence de l’eau et Ifremer vont tenter de quantifier le stock de nutriments (phosphore et azote) et d’en « déduire le temps de restauration des étangs ». L’étude démarre en janvier : « Pour l’heure, nos estimations sont de l’ordre de dix ans. On pouvait craindre qu’il s’agisse de centaines d’années. »



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