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Isabelle Autissier : "La mer a un potentiel illimité"

Dernière mise à jour le dimanche 9 juin 2013

Article paru
sur le site "Direct.matin


Pollution, pêche, comment est aujourd’hui la situation des océans ?

Dans un cas comme dans l’autre, elle est mauvaise. Les trois-quarts des espèces pêchées sont surexploitées, et on trouve des dizaines de milliers de morceaux de plastique par km². Pour la pêche, on sait ce qu’il faut faire, mais pour la pollution, il n’y a pas de solution miracle. Vu l’espace à couvrir, on ne va pas ramasser tous les déchets à la petite cuillère, et nous n’avons pas encore la technologie pour résoudre ce problème.

Qui en est responsable ?

Ce n’est pas la faute de quelqu’un en particulier, car on part de pas grand-chose : un simple mégot jeté dans la rue finit dans l’océan. La mer est si grande que l’on s’est dit qu’elle pouvait servir de poubelle à tout le monde. Mais un morceau de plastique en mer met 500 ans à disparaître. Ses fragments polluent le plancton, les espèces marines ; toute une chaîne de vie est impactée.

Que faire pour la pêche ?

Des experts de l’ONU estiment que d’ici à 2050, on pourrait se retrouver avec des océans sans poissons. Le problème vient de notre gaspillage : nous puisons dans le capital marin au-delà des intérêts. Il faudrait donc pêcher plus intelligemment et faire une économie de prélèvement. Cela peut se faire grâce à la saisonnalité, à de grandes zones réservées, avec une gestion locale selon chaque espèce.

Manque-t-il aujourd’hui une autorité mondiale pour les océans ?

Pour les mers bordières, les pays ont leurs règles, mais pour ce qui est de la haute mer, au-delà des conventions, la mise en place d’une gouvernance internationale ne serait pas une mauvaise idée. Ce ferait au moins un endroit pour en discuter tous ensemble.

Pourquoi existe-il un tel désintéressement pour la cause marine ?

L’océan est aujourd’hui moins connu que la surface de la lune ! On estime connaître seulement 10% des espèces vivantes dans l’océan. Or cette vie incarne des possibilités immenses, notamment en matière de médecine ou d’énergie. C’est un potentiel illimité auquel nous commençons seulement à nous éveiller.

L’image de la mer en France est-elle aussi un handicap ?

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