Cookie Consent by PrivacyPolicies.com

Manger la mer, Invitez la mer à votre table !

Accueil > Actualités de la mer > L’Europe pourrait être leader en matière de Biotechnologie Marine

L’Europe pourrait être leader en matière de Biotechnologie Marine

Dernière mise à jour le mardi 25 janvier 2011

Article paru sur le site "Actualités News Environnement" - Jeudi 20 Janvier 2011
Visualiser l’article original



L’Europe pourrait être leader en matière de Biotechnologie Marine

Les biotechnologies marines représentent actuellement un marché de 2,8 milliards d’euros à l’échelle mondiale, et pourraient potentiellement croître de 12% par an si industriels et universitaires collaborent.

C’est le constat fait par le Marine Board – ESF (European Science Foundation), dans son nouveau rapport coordonné par Joël Querellou, chercheur à l’Ifremer.

En effet, selon ce rapport, l’Europe pourrait devenir leader mondial en matière de biotechnologies marines avant 10 ans.

Depuis la fin des années 1990, des économistes cherchent à mesurer la valeur économique de la biodiversité ou des services écosystémiques rendus par cette diversité. La pêche étant une filière économiquement importante, les relations de la biodiversité marine à la pêche ont fait l’objet de nombreuses analyses économiques.

Le domaine des ressources halieutiques est caractérisé par « une perte accélérée de populations et d’espèces, avec des conséquences en grande partie inconnues ». Une analyse publiée par le Journal Science a porté sur des séries temporelles de données globales et locales issues du secteur de la pêche, analysées au regard des leurs relations avec la perte de biodiversité et au regard des services des écosystèmes marins fournis à diverses échelles spatiales et temporelles.

Elle a conclu que « globalement, les taux d’effondrement des ressources halieutiques se sont accéléré, alors que le potentiel de restauration, la stabilité, et la qualité de l’eau ont diminué de façon exponentielle avec la diminution de la biodiversité. La restauration de la biodiversité, en revanche s’est accompagné d’une multiplication par quatre de la productivité et par une diminution de la variabilité de 21%, en moyenne ».

Les auteurs ont conclu « que la perte de la biodiversité marine porte de plus en plus atteinte à la capacité des océans à fournir de la nourriture, maintenir la qualité de l’eau, et à se remettre des perturbations qu’il subit. Pourtant, les données disponibles suggèrent que - à ce point - ces tendances sont encore réversibles ».

De nombreux experts estiment que les stratégies de pêche doivent s’inscrire dans une nouvelle philosophie intégrant mieux la biodiversité et en particulier l’approche écosystémique.

Les quatre mers et les deux océans qui bordent l’Europe offrent aux organismes marins une grande diversité de température, de pression, de lumière et de conditions chimiques, depuis les eaux côtières jusqu’aux grands fonds. En résulte une incroyable biodiversité marine largement inexplorée et sous-exploitée.

Selon le rapport, à partir de ces ressources, les biotechnologues marins sont capables de développer de nouveaux produits et services pouvant contribuer à une meilleure appréhension de futurs défis, tels que des ressources durables en nourriture et en énergie, le développement de nouveaux produits pharmaceutiques, et l’approvisionnement en nouveaux matériaux et procédés industriels.

Lars Horn, membre du Conseil norvégien de la Recherche et Président du Marine Board, déclare : « Les biotechnologies marines ne créent pas seulement de l’emploi et de la richesse, elles contribuent également au développement d’économies plus respectueuses de l’environnement (…) Le Japon, la Chine et les États-Unis investissent déjà massivement dans les biotechnologies marines. Si nous n’agissons pas, l’Europe sera perdante. Les biocarburants sont un exemple de la façon dont les biotechnologies marines peuvent aider à mettre en oeuvre la stratégie Europe 2020 : cultiver les micro-algues pour le carburant pourrait réduire de 20% les émissions de gaz à effet de serre ».

Pour l’équipe de recherche, cette technologie est sans doute la manière la plus prometteuse de capter la bioénergie de l’océan, mais nécessite davantage de recherches approfondies pour réduire les coûts et augmenter la production.

De leurs côté, les eaux européennes sont aussi une source potentielle de produits pharmaceutiques, de bio-matériaux et de produits industriels tels que les bio- polymères.

Toujours selon le rapport, plus de 13 traitements d’origine marine sont déjà en développement clinique, la plupart destinés à la lutte contre le cancer. Les biotechnologies marines ont aussi un rôle à jouer pour accroître les capacités de l’aquaculture et ainsi mieux répondre aux attentes européennes grandissantes pour une alimentation marine saine et durable.

Intitulé « Biotechnologies Marines : une vision et une stratégie nouvelles pour l’Europe », le nouveau document du Marine Board établit une feuille de route pour la recherche européenne dans ce secteur et définit un programme scientifique et politique ambitieux mais réalisable au cours de la prochaine décennie.

Les conclusions tirées sont que, des bonnes décisions sont prises dès aujourd’hui, l’Europe pourrait être le leader mondial en matière de biotechnologies marines d’ici 2020.

Le rapport énumère les actions nécessaires comme suit :

- Le développement de nouvelles stratégies de recherche et de programme de biotechnologies marines, cohérent aussi bien au niveau national et régional qu’au niveau européen.

- L’amélioration des technologies de transfert dans le but de renforcer la collaboration entre recherche universitaire et industrie.

- La garantie d’un accès juste et équitable aux ressources génétiques marines en support à l’innovation européenne de plus en plus importante dans ce secteur.

- La création d’une identité plus forte et le besoin de communiquer pour accroître la sensibilisation aux recherches sur les biotechnologies marines européennes.



Suivre la vie du site RSS 2.0 | Contacts | Qui suis-je ? | Remerciements | Plan du site | SPIP