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La Réunion en quête d’autonomie énergétique

Dernière mise à jour le lundi 14 février 2011

Article paru sur le site "Les Echos" - Mercredi 09 Février 2011
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La Réunion en quête d’autonomie énergétique

La Réunion doit devenir un territoire d’expérimentation pour briser sa dépendance aux énergies fossiles. L’objectif a été martelé pendant toute la décennie écoulée par Paul Vergès, ex-président du conseil régional. Il a été repris lors du Grenelle de l’Environnement par Nicolas Sarkozy, qui l’a réaffirmé il y a un an lors de sa dernière visite. Le chemin est encore long. La production électrique, responsable de la moitié des émissions réunionnaises de gaz à effet de serre, est d’origine locale et renouvelable à 33,7 %. Un chiffre très élevé pour un département français, mais en recul à cause de la croissance de la consommation. L’île compte 830.000 habitants, ils seront 1 million dans une génération. Pour répondre aux besoins, la production thermique au fioul et au charbon croît. EDF va même mettre en service une unité de production de 160 MW en 2012 dans le Nord-Ouest. « Nous n’avons dans nos cartons aucun nouveau projet de centrale thermique », assure Patrick Bressot, directeur régional d’EDF, pour mieux affirmer l’engagement de son entreprise dans le projet réunionnais et couper court aux critiques sur la grande méfiance de l’opérateur vis-à-vis des énergies intermittentes. La quasi-totalité de la ressource hydraulique, qui assurait 100 % de la production il y a encore trente ans, est exploitée. La bagasse, sous-produit de la canne à sucre brûlée en cogénération avec le charbon dans les deux centrales de Séchilienne-Sidec, n’y contribue qu’à 10 %.
Fermes éoliennes

Restent le vent et le soleil (3,4 % de la production en 2010). Deux fermes éoliennes ont fait leur apparition ces dernières années, alors que le parc photovoltaïque connaît une croissance exponentielle : 90 mégawatts raccordés au réseau fin décembre, 50 MW supplémentaires prévus en 2011. Ensuite ? Plus rien, dans l’attente du sort réservé à l’électricité solaire au niveau national. La filière photovoltaïque réunionnaise, qui offrait un investissement très attractif grâce à la défiscalisation propre à l’outre-mer, a été foudroyée en plein vol.

Alors, l’autonomie énergétique, une chimère ? Non, pour le conseil régional, qui a imaginé le mix électrique du futur, intégralement renouvelable. La biomasse y occupe une part importante, grâce à la bagasse et à la mise en culture de nouvelles variétés de cannes « fibres » à mi-altitude, là où ce végétal n’est pas encore exploité, mais aussi à la méthanisation des déchets verts. Les projets les plus avancés concernent toutefois les énergies marines. DCNS construit actuellement un prototype pour exploiter les fortes différences de température entre le fond et la surface des mers qui entourent l’île. GDF Suez prépare un réseau de climatisation alimenté par l’eau de mer profonde. EDF Energies Renouvelables prévoit d’exploiter l’énergie de la houle. Quant à la géothermie, si elle figure toujours dans les perspectives stratégiques de la collectivité, elle a été momentanément rayée des priorités. Didier Robert (UMP), président de la région depuis mars 2010, sans remettre en cause les orientations « autonomistes » de son prédécesseur communiste, n’a pas souhaité poursuivre les recherches, sous la pression de l’opinion : les forages exploratoires auraient impactée un des plus beaux paysages du piton de la Fournaise, le volcan insulaire, au coeur du parc national.

Elan politique à confirmer

Reste à savoir si la dynamique va bénéficier d’un nouvel élan politique. Le Groupement d’Intérêt Public GERRI (Grenelle de l’Environnement à La Réunion-Réussir l’Innovation) qui devait porter tous ces projets n’a toujours pas été installé, bien qu’il ait été annoncé par François Fillon dès juillet 2009. Ce projet devrait finalement aboutir au mois d’avril grâce à une forte implication du conseil régional. Le GIP pourrait traiter comme premier dossier celui du photovoltaïque, afin d’obtenir une dérogation au moratoire décidé à Paris. « La Réunion est le territoire qui s’approche le plus de l’autonomie énergétique, résume Jean Ballandras, secrétaire général aux affaires économiques de la préfecture et « père » de GERRI. Pourquoi nous condamner à faire du surplace, alors qu’en continuant à avancer nous pourrions éclairer les autres, notamment en généralisant lestockage de l’électricité solaire ? »

Bernard Grollier , Les Echos
correspondant à Saint-Denis, Les Echos



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