Cookie Consent by PrivacyPolicies.com

Manger la mer, Invitez la mer à votre table !

Accueil > Actualités de la mer > La houle plus forte que la digue sous-marine

La houle plus forte que la digue sous-marine

Dernière mise à jour le mardi 21 septembre 2010

Article paru sur le site "Nice Matin.com" - Lundi 20 Septembre 2010
Visualiser l’article original



La houle plus forte que la digue sous-marine

Le brise-lames sous-marin qui devait protéger la Croisette a été endommagé et ne sera pas prêt pour les intempéries de l’automne qui approchent. La digue sous-marine devait protéger la Croisette des furies hivernales de la mer en cassant la houle avant qu’elle ne frappe les installations des plagistes. En fait, c’est elle qui a cassé. Un des trois premiers tronçons de cinquante mètres déjà posés à partir de la plage Zamenhoff n’a pas résisté à la tempête du 4 mai, ni au reflux ultérieur des macrodéchets. Et les autres tronçons ont été déplacés et déstabilisés.

Photos et vidéo à l’appui, Laurent Lombard, pêcheur et plongeur cannois a constaté qu’elle est éventrée au droit du 79, Croisette : « Elle est cassée et arrachée sur quinze à vingt mètres. Le géotextile est aussi déchiré et percé à différents endroits par les barres de fer, les chaises et les macrodéchets qui se sont accumulés derrière », témoigne-t-il.

La digue sous-marine est formée de deux tubes souples en géotextile (matériau synthétique non polluant utilisé dans le bâtiment), de 3 mètres de diamètre. Ils sont ancrés en parallèle sur un tapis anti-affouillement afin d’empêcher la mer de creuser sous l’ouvrage. Une fois en place, les deux tubes, gonflés de sable, ne laissent qu’1 mètre d’eau libre au-dessus d’eux et doivent s’opposer à la houle qui s’affaiblit en passant l’obstacle. Malheureusement, dans l’épreuve de force du printemps, l’avantage est resté à la mer. Depuis, le chantier qui devait initialement être terminé en avril, a été interrompu.

Échec technique ou circonstances exceptionnelles ?

La société marseillaise EMCC (groupe Vinci) chargée du projet refuse de s’exprimer sur le sujet malgré nos demandes répétées. Échec technique ou circonstances exceptionnelles ? La réponse reste en suspens.

La Ville de Cannes elle, s’est engagée sur un marché de 1,5 million d’euros et elle en a déjà réglé le tiers.

Quatre mois après la tempête, elle attend le diagnostic de l’entreprise. « Il n’est pas question d’abandonner le projet. Le tronçon endommagé est le plus exposé aux coups de mer et on pense que si la digue avait été terminée, elle aurait tenu », explique Christophe Santelli-Estrany qui précise aussi que les travaux devraient reprendre à la fin du mois.

Ces aléas redonnent de la voix à ceux qui s’interrogent depuis le début sur la pertinence du projet. Telle Annick Lacour, conseillère municipale du groupe d’opposition de Philippe Tabarot (divers-droite) qui nous a contactés à ce sujet : « j’ai vu les images et c’est inquiétant. Je souhaiterai que le conseil municipal réponde aux questions que nous lui avons déjà posé sur le devenir de cette digue et sur son efficacité. Le choix de cet ouvrage est-il vraiment adapté à nos fonds marins ? »

Quoi qu’il en soit, dès cet automne, les plagistes espéraient beaucoup de cette digue qui doit aussi retenir le sable devant leurs établissements.

Notamment côté Est de la baie où la houle est souvent la plus forte et où le premier tronçon posé n’a visiblement pas fait ses preuves : « On attend avec impatience qu’elle soit posée correctement. Car pour le moment, elle ne nous a pas protégés et je ne peux pas dépenser 200 000 euros chaque année pour réparer les dégâts. Les assurances finiront par ne plus nous rembourser », s’impatiente Julien Chavant, exploitant de la plage Soleil.

pvalet@nicematin.fr



Suivre la vie du site RSS 2.0 | Contacts | Qui suis-je ? | Remerciements | Plan du site | SPIP