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La permaculture marine au secours des huîtres

Dernière mise à jour le mercredi 4 décembre 2019

Article paru sur le site "GEO :"
- 27 Novembre 2019 Article
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En proie à une forte mortalité depuis dix ans, les huîtres pourraient tirer profit d’une cohabitation avec d’autres espèces marines selon le modèle de la permaculture, ont révélé cette semaine des chercheurs réunis autour d’un programme européen dédié à la santé des mollusques.

Dans le cadre de ce programme de recherche qui réunit dix pays depuis 2016, des scientifiques de l’Institut français de la recherche pour l’exploitation de la mer (Ifremer) se sont intéressés au rôle de la biodiversité sur la sensibilité des huîtres aux maladies.

Depuis une dizaine d’années le secteur, qui emploie plus de 40.000 personnes selon l’Union européenne, dont 10.000 en France selon le Comité national de la conchyliculture (CNC), est confronté à une forte mortalité des coquillages.

Parmi les causes de ces épisodes de mortalité récurrents, le virus OsHV-1 qui affecte les jeunes huîtres creuses dans plusieurs pays d’Europe ou la bactérie Vibrio aestuarianus qui touche les huîtres creuses adultes, notamment en France et en Irlande.

Les chercheurs du Laboratoire de physiologie des invertébrés de l’Ifremer se sont notamment penchés sur la question de savoir si un écosystème diversifié, sain et riche, pouvait être à même de protéger les huîtres des maladies.

Des huîtres de la rade de Brest ont ainsi été élevées en laboratoire, dans un milieu semi-naturel, avec d’autres espèces marines, dont des moules et des ascidies, des sortes d’éponges marines.

- Animaux filtreurs -

"Nos travaux ont montré que quand on associe l’huître à d’autres animaux filtreurs, elle résiste mieux aux maladies", assure dans un entretien à l’AFP Fabrice Pernet, chercheur à l’Ifremer.

Non pas que les virus et bactéries aient été dilués entre plusieurs organismes, mais avec une nourriture moins abondante car partagée, le métabolisme des huîtres s’est trouvé ralenti, conduisant à une moindre capacité de diffusion des maladies.

"En mangeant moins, les huîtres ont grandi un peu moins vite ce qui a fait que les maladies se sont moins propagées", explique Fabrice Pernet. "C’est le phénomène de la permaculture version marine", assure-t-il.

Dans la population d’huîtres élevées avec d’autres animaux marins le taux de survie a atteint 97% contre 75% dans la population témoin élevée seule. A titre de comparaison, dans la rade de Brest le taux de survie des huîtres est de 50% en moyenne.

Les recherches menées dans la rade de Brest ont en revanche montré une augmentation de la mortalité dans le cas d’une association des huîtres avec des algues vertes.

Le taux de survie des huîtres élevées en présence d’algues vertes a été de 50% contre 75% pour la population témoin. Les algues vertes ont en effet contribué à déstabiliser la flore microbienne des huîtres, les rendant plus sensibles aux maladies.

"Les professionnels pourraient mettre des petits bigorneaux sur leurs poches ostréicoles afin qu’ils broutent les algues vertes", recommande le chercheur, empruntant là aussi à la technique de la permaculture dont l’une des clefs est l’intégration plutôt que l’exclusion..

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