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« La vague progresse à la vitesse d’un Airbus »

Dernière mise à jour le mardi 15 mars 2011

Article paru sur le site "Le Télégramme" - Samedi 12 Mars 2011
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« La vague progresse à la vitesse d’un Airbus »

Marc-André Gutscher est spécialiste des séismes, chercheur en géophysique à l’Institut universitaire européen de la mer(IUEM), à Brest.

Quelles sont les caractéristiques de ce séisme ?
Un séisme de 8,9 sur l’échelle de Ritcher, c’est énorme. C’est un séisme chevauchant : une plaque océanique, la plaque Pacifique, s’enfonce sous le Japon, sous l’île principale de Honshu. C’est un mouvement global vers l’ouest-sud-ouest.

La zone Pacifique est-elle mieux armée contre une telle catastrophe ?
Oui. Le point positif est que la zone Pacifique est la mieux préparée au monde, c’est là qu’il y a le plus de capteurs et le meilleur système d’alerte. Mais c’est aussi l’éducation de la population qui compte, lorsqu’une grande secousse est ressentie, ils savent qu’il ne faut pas rester en bord de mer, qu’il faut fuir très vite. Lorsque l’on voit la mer qui se retire brutalement on n’a que cinq minutes pour ficher le camp. Heureusement, la secousse a été ressentie en pleine journée, ce qui permet à la population de réagir plus vite.

Le tsunami perd-il de sa puissance en traversant tout le Pacifique ?
Non et cela risque d’être un tsunami majeur. Certains facteurs jouent particulièrement : la profondeur du séisme en mer, entre 10 et 40km est favorable à un tsunami important. Bien avant la Californie, Hawaï sera la première terre touchée par la vague qui est à peine perceptible pour un bateau en mer qui ressent juste une houle. Mais elle progresse à la vitesse d’un Airbus. La puissance de cette vague de 100km de large ne faiblit pas beaucoup sur son chemin, même si elle est plus forte à proximité du séisme. En arrivant sur le plateau continental, elle perd de la vitesse pour se raccourcir en longueur d’ondes et augmenter en amplitude, mais elle touche la terre entre 100 et 50km/h.

Peut-on suivre en temps réel la progression du tsunami ?
Oui, cette vague est suivie en mer, grâce à des bouées sondes notamment et des instruments de sismologie comme les OBS (Ocean Bottom Seismometer), un modèle développé par Ifremer Brest et installé au fond de la mer. Ils enregistrent les répliques de séismes.

Propos recueillis par Catherine Le Guen



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