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Laurent Chauvaud nous dit tout sur la coquille Saint-Jacques

Dernière mise à jour le jeudi 5 décembre 2019

Article paru sur le site "Le Télégramme :"
- 03 Décembre 2019
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35 pages survitaminées ! Le chercheur Laurent Chauvaud revient, dans son dernier ouvrage, sur vingt-cinq ans de recherches autour de la coquille Saint-Jacques, et particulièrement de celle de la rade de Brest.

Dans « La coquille Saint-Jacques, sentinelle de l’océan », livre concis et tonique, on apprend comment la coquille se nourrit, comment ses stries nous renseignent sur sa croissance. Le chercheur Laurent Chauvaud explique l’origine du goût sucré de son muscle (le glucose qu’elle produit et qu’elle concentre à cet endroit). Ses investigations et découvertes l’emmènent sur des voies inattendues. La coquille de l’animal contient des éléments sur la température de l’eau rencontrée et porte les traces des événements, épisodes et pollutions qui ont bloqué ou ralenti sa croissance.

Le chercheur au CNRS revient sur l’incroyable coup de froid de l’hiver 1963 qui a fait chuter brutalement le stock en rade de Brest. « C’était la banquise dans le sud de la rade », où l’on pouvait traverser sur la glace ! Puis il évoque avec admiration la reconquête entamée par l’écloserie du Tinduff, qui se met à élever des coquilles et à les semer à la manière des agriculteurs.

La Saint-Jacques aime les sédiments sableux, déteste les roches mais pas trop les cailloux. « Elle se pince le nez quand elle sent la vase ». Elle souffre au moment de l’invasion de la crépidule, aujourd’hui anéantie. Laurent Chauvaud nous dit tout de son déplacement, son alimentation. Le chercheur la retrouve aux quatre coins du monde, son plus vieux fossile connu remontant à 1,8 million d’années en Australie. Enfin, d’autres types de coquilles, parce que celle de la rade de Brest reste parfaitement unique !

En plus d’être un mets de choix, les coquilles servent de parures, d’outils et de symboles divers.

En France, on consomme 2,5 kg de coquilles et pétoncles par an et par personne. La production nationale ne couvrant que 20 % des besoins des Français, avec pas moins de 800 bateaux concentrés sur cette pêche. Le chercheur évoque également la vulnérabilité à moins d’un an de la coquille, facilement croquée par les becs acérés des daurades royales.

Hermaphrodite.

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