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Le Mont-Saint-Michel redevient peu à peu une île

Dernière mise à jour le lundi 6 février 2012

Article paru sur le site "Maville.com" - Jeudi 02 Février 2012
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Le Mont-Saint-Michel redevient peu à peu une île

Au Mont-Saint-Michel, la mer regagne du terrain sur les herbus. Des réserves d’eau dans une anse,en amont du Couesnon, amplifieront les lâchers d’eau qui rejettent les sédiments.

Reportage

La digue-route datant de 1880 entre le continent et le Mont-Saint-Michel empêche la mer d’encercler le rocher. En 2014, elle aura complètement disparu du paysage. Entre-temps, la nouvelle digue-passerelle, légèrement plus à l’Est, l’aura remplacée. Avantage : la nouvelle voie exclusivement réservée aux navettes à moteur et à cheval sera posée sur des piliers qui permettront aux marées de s’écouler dessous. Emportant avec elles les sédiments qui s’aggloméraient formant une tangue, mélange de vase et de sable, couverte d’herbus. Ce sera l’étape définitive de ce vaste chantier de rétablissement du caractère maritime du Mont-Saint-Michel. Une opération 185 millions d’euros qui aura duré dix ans (2005-2015).

La tangue sur les terres agricoles

À l’aval du Couesnon, entre le barrage et le Mont, l’eau gagne du terrain sur les herbus : 600 m à l’Est du Mont et une centaine à l’Ouest. Des pelleteuses à chenilles et à flotteurs vont amplifier le phénomène naturel. Les sédiments qu’elles ont commencé à extraire seront dilués avec de l’eau et largués au large sous la pression des lâchers d’eau du barrage et des marées descendantes.

L’objectif est que la hauteur des fonds sous la mer reste inférieure à 5 m. « À 5 m, l’eau vient naturellement, explique François-Xavier de Beaulaincourt, directeur du chantier. Entre 5 et 6 m, elle ne vient que selon les coefficients de marées. À plus de 6 m, elle ne vient plus. » Des mesures sont prises une à deux fois par an par des lasers aéroportés ou depuis les remparts du Mont.

À l’amont du Couesnon, sur les 5 km du fleuve canalisé en 1870 jusqu’à Pontorson et dans l’anse de Moidrey, une drague cure le fleuve depuis décembre. Elle remet les sédiments en suspension, les aspire et les recrache par un gros tuyau de 5 km de long dans des douze bassins de décantation d’une capacité de 220 000 m3. Le mélange très noir de 20 % de sédiments et 80 % d’eau séchera trois mois. L’eau ruissellera dans le Couesnon et le dépôt chargé dans des camions sera déposé sur des terres agricoles, « un bon amendement calcique ». La demande des agriculteurs à 5 km à la ronde a été très forte : 2 millions de m3 alors qu’1,3 million sera disponible.

L’objectif de ce curage est d’augmenter la réserve d’eau dans le Couesnon et de recréer des petits chenaux en forme de mains dans l’anse. « Nous stockons aujourd’hui dans le Couesnon et dans l’anse quelque 500 000 m3. Avec ces aménagements hydrauliques pour lesquels nous avons acheté 80 ha de terres sur les rives du Couesnon, nous doublerons cette réserve pour que les lâchers soient plus longs et d’autant plus efficaces pour rejeter les sédiments au large », commente François-Xavier de Beaulaincourt.

Les chenaux avaient disparu avec l’assèchement des terres par l’homme pour les cultiver ou en faire des prairies où paissaient des animaux il y a encore un an. François-Xavier de Beaulaincourt insiste sur la dimension environnementale du projet. « Cette anse redeviendra la réserve ornithologique qu’elle n’était plus ».

Xavier ORIOT



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