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Le futur tri du poisson fait déjà tousser !

Dernière mise à jour le lundi 14 février 2011

Article paru sur le site "Ouest-France" - Mardi 08 Février 2011
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Le futur tri du poisson fait déjà tousser !

Au nom de la lutte générale contre les pratiques illicites, un nouveau règlement européen exigeradès cette année d’isoler les poissons en cales selon les jours de pêche.

Entretien

Un nouveau règlement européen va en demander plus aux pêcheurs. Qu’en est-il ?

Les pêcheurs devront stocker leurs captures par jour de pêche. Le poisson du jour devra être physiquement isolé de celui de la veille, etc. Cela concernera toutes les espèces placées sous quotas ou qui font l’objet d’une mesure de préservation. La langoustine, le bar, etc.

Concrètement, est-ce possible ?

Actuellement le poisson d’une même marée est conditionné en vrac et dans des bacs. Demain, selon le nouveau règlement, les bateaux artisans ne pourront plus procéder ainsi. Il se pourrait aussi qu’ils aient l’obligation de ranger le poisson, non seulement par jour de pêche, mais aussi selon la zone en mer où il a été capturé. Le produit devra aussi être pesé au moment du débarquement, toujours selon ce nouveau classement.

La criée pèse déjà le poisson, non ?

Oui, on pèse le poisson des bateaux artisans qui débarquent toutes les nuits à Keroman. Mais là-haut, en Écosse, quelle logistique permettra de peser les 3 000 caisses d’un chalutier de la Scapêche ? Pourtant ces bateaux lorientais travaillent en caisses de 25 kilos, avec un étiquetage détaillé. Mais les autres navires, moins bien équipés en possibilité de stockage, comment géreront-ils leurs débarquements ?

Quand ce règlement sera-t-il applicable ?

Théoriquement à partir de cette année, puis en 2013 et en 2015. Le règlement européen, dit règlement contrôle, est sorti il y a un an environ. Il attendait sa traduction dans le droit français et les décrets d’application. Le règlement ne s’appliquera pas qu’aux bateaux. Tout le circuit du poisson est concerné, de la cale du bateau à l’étal du poissonnier. À chaque stade, on devra pouvoir contrôler les lots par bateau, jour de pêche, zone de pêche, technique de pêche, etc. Ça passera forcément par une réorganisation du travail.

Quel est l’objectif de l’Europe ?

La Commission européenne veut lutter davantage encore contre les fraudes. Elle veut une traçabilité pour garantir que le poisson a été pêché et commercialisé selon les règles. Nous sommes tout à fait d’accord avec ça. Pas mal de dispositions permettent déjà d’assurer cette transparence : les pêcheurs détaillent leurs captures dans un journal de pêche, les bateaux de plus de 15 m sont surveillés par satellite, il y a les contrôles inopinés, etc. La multitude de règlements finira par nuire à l’Europe elle-même, je le crains.

Quelle riposte envisagez-vous ?

Nous partageons le but de la Commission européenne de s’assurer de la conformité des produits. Mais ce nouveau règlement ne tient pas compte de la réalité des entreprises. Au lieu de peser tout le poisson, pourquoi ne pas imaginer un système d’échantillonnage par exemple. Encore faudrait-il que la Commission accepte la proposition...

Vous avez défendu votre cause auprès du ministère, récemment.

Notre délégation réunissait les responsables portuaires mais aussi des organisations de producteurs et des mareyeurs. Nous avons été reçus mercredi dernier, à la direction des Pêches, à Paris. Il apparaît clairement à tous que la mise en oeuvre du règlement s’annonce complexe. Mais une nouvelle version du texte est sortie, en anglais. Nous en attendons une traduction fine avant de nous prononcer. Ce sera le dernier document de base avant les décrets d’application.

Recueilli par Charles JOSSE



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